Les géants technologiques américains réorganisent leur présence en Afrique selon une logique nouvelle : là où l’IA et le cloud s’installent durablement, ce ne sont plus seulement les grands marchés qui comptent, mais les territoires capables d’offrir électricité stable, cadres réglementaires prévisibles et écosystèmes techniques solides.
Google a choisi Accra comme base de recherche et de formation en IA. Microsoft a recentré sa stratégie autour de Nairobi. Tandis que Johannesburg reste la plateforme majeure des infrastructures lourdes.
Dans cette redistribution, Casablanca, Le Caire et Kigali montent en spécialisation, chacun avec un positionnement distinct. Lagos conserve ses talents et ses startups. Mais voit une partie des flux d’investissement se détourner sous l’effet des contraintes macroéconomiques et de stabilité. L’IA africaine se structure donc autour d’un critère décisif : la capacité à fournir du calcul, du réseau et de l’énergie au bon coût et avec une continuité suffisante.
Qu’en est-il pour la Tunisie ?
Pour la Tunisie, l’enjeu n’est pas de revendiquer immédiatement le statut de hub hyperscaler, mais de construire les conditions pour devenir un nœud crédible de la chaîne de valeur IA. Cela passe par une stratégie cohérente de formation, une gouvernance numérique lisible et des investissements dans l’énergie et les infrastructures de connectivité. Les signaux récents vont dans ce sens, avec une stratégie nationale d’IA 2026-2030, des projets pilotes sectoriels, des travaux sur la souveraineté numérique et des discussions autour de data centers plus durables.