Lors de sa visite en Tunisie, la secrétaire générale du COMESA, Chileshe Mpundu Kapwepwe, a ouvert son allocution par un proverbe de son pays, s’adressant aux jeunes diplomates présents, à l’académie diplomatique qu’elle considère comme l’avenir : « Les arbres qui grandissent forment la forêt de demain. » Elle a ajouté qu’il fallait prendre soin de ces jeunes pousses, car ce sont elles qui bâtiront la forêt de demain. « Je suis très heureuse d’être ici et de m’adresser à ces jeunes diplomates prometteurs », a-t-elle déclaré.
Rappelant la portée du COMESA, elle a expliqué : « Le COMESA est le Marché commun de l’Afrique orientale et australe. Il compte 21 États membres, de la Tunisie au sud de l’Afrique, et inclut plusieurs îles de l’océan Indien. Son territoire est vastement étendu : son PIB cumulé atteint 1 000 milliards de dollars et sa population s’élève à 680 millions d’habitants. » Elle a souligné l’importance de ce bloc régional sur le continent. »
La secrétaire générale a insisté sur le caractère unique du COMESA, qui a créé dès l’origine des institutions chargées d’opérer directement au sein des différents secteurs. Certaines sont déjà opérationnelles, d’autres jouent un rôle de régulation. » Nous disposons notamment du Fonds pour le commerce et le développement, devenu un acteur majeur du continent et soutenant de nombreux projets d’infrastructure. Ce fonds, d’une ampleur considérable, a connu une croissance rapide et présente aujourd’hui un bilan solide de plus de 10 milliards de dollars. Nous en sommes très fiers. Nous avons également des institutions spécialisées dans l’assurance, basées à Nairobi », a-t-elle précisé.
Elle a également évoqué les dispositifs de gestion des risques commerciaux et des organes de régulation, citant la Commission de la concurrence du COMESA, chargée d’encadrer la concurrence et de protéger les consommateurs. En matière de politiques publiques, l’Institut monétaire du COMESA collabore avec les banques centrales pour harmoniser les politiques monétaires et œuvrer en faveur de l’intégration économique régionale.
Parmi les acteurs civils du COMESA, Chileshe Mpundu Kapwepwe a mis en avant la Fédération des femmes entrepreneures, qui regroupe les sections féminines des 21 États membres. Présentes en Tunisie cette semaine, elles participent à des réunions et organisent un salon professionnel afin de rencontrer le secteur privé tunisien et présenter leurs activités. L’objectif est de concrétiser l’adhésion de la Tunisie au COMESA et de montrer comment les entreprises tunisiennes peuvent s’impliquer et développer leur marché au sein de la région.
Elle a remercié chaleureusement le gouvernement tunisien pour son accueil et rappelé que les deux premiers jours avaient été consacrés au Forum de sensibilisation des institutions du COMESA. Les différentes institutions représentées ont pu présenter leurs missions et échanger afin de mieux faire connaître le COMESA et de renforcer l’intérêt et l’implication de la Tunisie.
La secrétaire générale a aussi souligné le rôle du Conseil des entreprises du COMESA, qui fédère les chambres de commerce des États membres et facilite le dialogue entre le secteur privé, les autorités publiques et les décideurs. Ce Conseil rend compte au sommet des chefs d’État et permet de porter les préoccupations du secteur privé au plus haut niveau.
Évoquant le plan stratégique à moyen terme du COMESA pour 2026-2030, elle a indiqué qu’il reposait sur cinq piliers et permettrait de mieux cibler les objectifs pour les cinq années à venir. Ce cycle quinquennal offre l’occasion d’évaluer les actions passées et de préparer le cycle suivant. « Le contexte mondial a connu de nombreux changements, défis et incertitudes, notamment dans le domaine du commerce. Nous avons donc dû revoir notre stratégie pour préserver notre agilité, notre concentration et notre impact au service de nos États membres », a-t-elle expliqué.
Enfin, elle a insisté sur la nécessité de valoriser davantage les matières premières africaines et de renforcer les capacités de production et d’industrialisation au sein du COMESA. « Certains pays doivent encore progresser dans ce domaine ; la Tunisie peut servir d’exemple en matière de production et d’industrie. C’est la raison pour laquelle nous devons agir collectivement et non isolément », a-t-elle déclaré. « Aucun pays ne détient toutes les réponses ni toutes les ressources. Nous sommes plus forts unis — c’est le message que porte le COMESA aux États membres pour avancer ensemble. Nos aspirations communes sont pleinement alignées sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine et sur notre plan stratégique. »