Près de quatre diplomates tunisiens sur dix sont aujourd’hui des femmes. Le chiffre, avancé vendredi par le chef de la diplomatie Mohamed Ali Nafti, illustre une dynamique qui s’accélère d’année en année : la dernière promotion de secrétaires des Affaires étrangères comptait 80% de femmes, contre 74% en 2025 et seulement la moitié l’année précédente.
C’est à l’occasion de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie que ces données ont été dévoilées, lors d’une cérémonie tenue au siège de l’Académie diplomatique de Tunis. La rencontre, placée sous le signe de l’engagement des femmes au service de la paix et du développement, a réuni diplomates et représentants d’organisations internationales.
Dans son intervention, le ministre a tenu à inscrire cette évolution dans la durée. Il a rappelé que des femmes figuraient déjà dans la toute première délégation tunisienne envoyée à l’Assemblée générale des Nations unies, au lendemain de l’indépendance — un choix qui, selon lui, traduisait l’attachement des fondateurs de l’État moderne au principe d’égalité entre citoyens et à l’émancipation féminine.
Mohamed Ali Nafti a également salué la mémoire des diplomates tunisiennes qui, depuis cette époque, ont œuvré à la défense de la souveraineté du pays, à la promotion de ses intérêts et à l’avancée du développement durable. Leurs héritières, a-t-il poursuivi, occupent désormais des fonctions à responsabilité, que ce soit au sein du ministère ou dans les instances internationales, où elles prennent part aux négociations, aux dialogues et à la recherche de consensus contribuant à la stabilité régionale et mondiale.
Le chef de la diplomatie est par ailleurs revenu sur l’engagement précoce de la Tunisie envers la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2000, qui reconnaît le rôle des femmes non seulement comme bénéficiaires de protection, mais comme actrices à part entière de la construction de la paix. La Tunisie, a-t-il précisé, a été la première nation d’Afrique du Nord à se doter d’un plan d’action national pour appliquer ce texte, et la première de la région à en adopter un second, pour la période 2023-2027.
De son côté, Florence Basty, qui dirige le bureau d’ONU Femmes pour la Tunisie et la Libye, a salué un pays qu’elle considère comme précurseur en matière de droits des femmes, sur la scène régionale comme internationale. Son parcours depuis l’indépendance, a-t-elle estimé, témoigne d’une influence durable des femmes tunisiennes dans la diplomatie multilatérale et les initiatives de paix à travers le monde.
Selon elle, les jeunes générations de diplomates perpétuent aujourd’hui cet héritage transmis par leurs aînées, tout en s’ouvrant à de nouvelles perspectives de responsabilité et d’influence. En plaçant les femmes au centre de ses priorités diplomatiques, a-t-elle ajouté, la Tunisie fait de leur participation pleine et égale un véritable choix stratégique, doublé d’une responsabilité assumée sur le plan international. Cette approche, a-t-elle conclu, trouve son ancrage dans l’agenda « Femmes, paix et sécurité » et dans la résolution 1325, référence centrale pour renforcer la place des femmes dans la prévention des conflits et la consolidation d’une paix durable.