La Tunisie a adopté son nouveau cadre climatique « CDN 3.0 », qui prévoit des investissements de 55 milliards de dollars pour la période 2026-2035 pour renforcer l’adaptation du pays au changement climatique, avec une priorité accordée à l’eau et à l’agriculture.
Lors d’un séminaire organisé à Gammarth, le gouvernement n’a pas manqué d’alerter sur les conséquences économiques du réchauffement climatique. En effet, il a notamment été souligné que sans mesures rapides, l’économie nationale pourrait reculer de 3,4 % à l’horizon 2030, notamment à cause du stress hydrique et des risques d’inondations. Le secteur agricole est particulièrement exposé, alors que la baisse des précipitations menace la sécurité alimentaire et les revenus des agriculteurs.
Pour faire face à ces défis, la stratégie mise sur le développement des ressources en eau non conventionnelles. La capacité de dessalement d’eau de mer devrait atteindre 265 millions de m³ par an d’ici 2035. Le gouvernement prévoit également d’augmenter fortement la réutilisation des eaux usées traitées dans l’agriculture afin de réduire la pression sur les ressources naturelles.
Le plan comprend aussi des actions destinées à restaurer les terres dégradées et à développer des cultures plus résistantes à la sécheresse. Les besoins de financement seront répartis entre des projets d’adaptation et des mesures de réduction des émissions de carbone, notamment dans le secteur énergétique.
La Tunisie compte mobiliser des financements internationaux et attirer des investissements verts grâce à de nouveaux outils économiques, comme la taxonomie climatique et les mécanismes de marché prévus par l’Accord de Paris.
Bien que le pays ne représente que 0,07 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les responsables tunisiens estiment que cette stratégie est essentielle pour protéger les populations les plus vulnérables et préserver la stabilité économique et sociale du pays.