Nouvelle constitution: La France est-elle en train de rétropédaler?

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« La nouvelle constitution est une étape importante dans le processus de transition politique en cours ». La phrase d’Emmanuel Macron a quelque peu surpris. La France change-t-elle de ton à l’égard du processus du 25 juillet 2021? En se montrant plus conciliante? S’écarte-t-elle des réactions des Etats-Unis d’Amérique? La guerre d’Ukraine n’a-t-elle pas montré du reste aux Européens qu’il ne faut pas aller dans les pas des Américains?

Comment interpréter que la France ait adopté une réaction moins tranchante que les Etats-Unis d’Amérique au sujet du référendum du 25 juillet 2022? Cette question ne cesse d’être posée tant le président français, Emanuel Macron, a semblé, dans la communication téléphonique du 9 août 2022 avec le président Kaïs Saïed bien conciliant. En affirmant que la nouvelle constitution est « une étape importante dans le processus de transition politique en cours ».

En comparaison avec les déclarations du ministre américain de la Défense, Lloyd Justin, le même jour, lors de la cérémonie de changement du commandement militaire américain en Afrique (AFRICOM), à Stuttgart (Allemagne). Evoquant la démocratie en Afrique, ce dernier avait soutenu que « ceux qui sont pour une démocratie et la liberté bataillent contre les forces de l’autocratie, le chaos et la corruption ». En précisant: « On peut voir ces vents contraires en Tunisie, où les gens ont inspiré le monde avec leur demande de démocratie. Aujourd’hui, le rêve d’auto-détermination de la Tunisie est de nouveau en danger ».

Une différence d’appréciation

Même si évidemment, le président français a évoqué « la nécessité, dans le respect de la souveraineté de la Tunisie, de parachever la réforme des institutions en cours dans le cadre d’un dialogue inclusif ».

Cette différence somme toute de ton, sinon d’appréciation, marque-t-elle une orientation nouvelle de la France ou du moins un certain écart même de la politique étrangère française par rapport aux Etats-Unis d’Amérique à l’endroit de la Tunisie? En clair, la France se rende-t-elle compte qu’elle se doit de changer de fusil d’épaule pour préserver ses intérêts ? Remarque-t-elle que marcher dans les pas de l’allié américain ne peut la mener loin, au vu de ce qui se passe au niveau de la guerre entre la Russie et l’Ukraine?

Pernicieux et rusés, les Américains, ont, force est de le constater, entrainé l’Europe dans la guerre contre la Russie à laquelle elle cherchait du reste depuis des années des noises en élargissant vers de plus en plus l’Est l’organisation de l’Atlantique Nord.

Toute la question est du reste là: qu’est-ce que la France et les Européens ont gagné en suivant les USA? Réponse: rien de bien conséquent, sinon l’approfondissement de la crise. Une crise qui se manifeste, au moins, à trois niveaux: des pertes de marchés; une augmentation des prix; et des difficultés d’approvisionnement en énergie, en gaz notamment, qui vont, disent les spécialistes, leur faire vivre un bien mauvais hiver 2022-2023.

« Relancer notre partenariat avec l’ensemble du Maghreb »

Les Américains perdent également comme tout le monde au jeu. Mais, leur économie résiste beaucoup mieux avec un dollar fort et plus que jamais sûr de lui et conquérant, avec ses réserves en hydrocarbures et une économie qui tient mieux la route. Comme du fait qu’ils ne sont pas réellement dépendants du gaz russe.

Il s’agit là peut-être de simples suppositions. Pas tout à fait lorsqu’on voit les désaccords qui ont vu le jour tout récemment au sein de l’Union Européenne. Ils concernent le plan européen de réduction de 15% de la consommation de gaz d’ici mars 2023. La tribune, signée le 8 août 2022, par l’ancien président français, François Hollande en vue de « relancer notre partenariat avec l’ensemble du Maghreb, de mettre sur la table tous les sujets qui pourraient nous éloigner et de consolider ce qui nous rassemble pour nous faire franchir une nouvelle étape » a-t-elle fait, pour revenir à notre analyse, réfléchir Emanuel Macron. Comme sans doute aussi la décision algérienne d’introduire l’enseignement de l’anglais au primaire à partir de la rentrée scolaire 2022-2023?

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