Sommet de la Francophonie : la Tunisie poignardée dans le dos par le Premier ministre canadien

Justin Trudeau

Selon le sérieux quotidien québécois La Presse, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, mène discrètement une campagne pour faire avorter le Sommet de la Francophonie qui devra avoir lieu à Djerba. Sous prétexte de la situation politique « préoccupante » en Tunisie.

Le Sommet de la Francophonie risque-t-il d’être reporté une nouvelle fois ? Alors même que le directeur de la diplomatie publique et de l’information au ministère des Affaires étrangères et coordinateur du Sommet de la Francophonie, Mohamed Trabelsi, venait d’annoncer solennellement que « la Tunisie est fin prête pour accueillir le 18e Sommet de la Francophonie qui aura lieu les 19 et 20 novembre prochain à l’île de Djerba ».
Le doute est permis eu égard à la réticence de certains pays, et non des moindres, à ce que notre pays abrite cette méga-manifestation qui compte dans ses rangs 88 États et gouvernements, 54 membres, 7 membres associés et 27 observateurs. Pour quels motifs ?

La réponse coule de source : sont pointées du doigt « les dérives autoritaires » du président de la République tunisienne, Kaïs Saïed, depuis le coup de force du 25 juillet 2021.

Sabotage en règle

Ainsi, on aura appris par le biais du prestigieux quotidien québécois La Presse que le Premier ministre Justin Trudeau œuvre depuis des semaines en catimini pour saboter le Sommet de Djerba ; il aurait même fait pression sur le président Macron pour faire retirer
définitivement aux Tunisiens le rendez-vous de la Francophonie. Ottawa qui s’aligne quasi automatiquement sur les positions américaines est-elle en train d’appliquer en sous-main les desiderata de Washington ?

Rappelons que le Sommet de la Francophonie devait avoir lieu à Tunis en 2020, mais il a été reporté une première fois à cause de la pandémie. Il avait aussi alors été décidé que la rencontre aurait lieu hors de la capitale, soit sur l’île tunisienne de Djerba, en
novembre 2021. Mais un mois avant la rencontre, les membres du Conseil permanent de la Francophonie ont opté pour un second report, invoquant cette fois la pandémie et la crise politique en Tunisie due « à la concentration de tous les pouvoirs » entre les
mains de l’artisan du 25 juillet.

Ainsi selon le média québécois, « le premier ministre Justin Trudeau tente depuis quelques semaines de convaincre des alliés comme la France qu’un nouveau report de ce sommet, qui devait avoir lieu l’automne dernier, s’impose ».
« Trudeau a évoqué cette possibilité en privé avec le président français Emmanuel Macron lors du dernier Sommet du G7, en juin, en Allemagne », affirme la même source.

Et de poursuivre : « Justin Trudeau estime que la situation demeure préoccupante en Tunisie et que cela justifie le report du sommet. Cette question pourrait de nouveau être abordée lors de la visite officielle du président Macron au Canada, prévue au début de
septembre ».

Officiellement, le cabinet de la ministre des Affaires étrangères canadienne se contente de signaler que la présence du Canada sera confirmée « en temps et lieu, comme c’est le cas pour tous les sommets », ajoutant qu’Ottawa travaille avec ses partenaires internationaux à la défense « des démocraties partout dans le monde ».

Défendre les « valeurs » de la Francophonie

D’ailleurs, en ce qui a trait au référendum du 25 juillet, le gouvernement du Canada « a pris note des résultats préliminaires », et la cheffe de la diplomatie canadienne, Mélanie Joly, a fait part « des préoccupations du Canada » à son homologue de la Tunisie.
En effet, lors de son échange avec le ministre Othman Jerandi, mercredi dernier, Mme Joly a évoqué le « respect des principes démocratiques » et exprimé « l’importance de tenir des élections législatives et de rétablir un gouvernement élu et représentatif dans les meilleurs délais. Conformément aux aspirations du peuple tunisien, le Canada appuie un processus politique inclusif et transparent qui préserve les acquis démocratiques de la Tunisie et
sert l’ensemble de sa population».

Mme Joly a réitéré « l’engagement profond du Canada envers les valeurs de la Francophonie, notamment la démocratie et les droits de la personne. Soulignant que le Sommet doit avoir lieu dans un pays « qui incarne, en paroles et en actes, les principes de la Déclaration de Bamako ». Une manière bien diplomatique pour signifier que le Canada oppose un niet à la tenue du Sommet en Tunisie de Kaïs Saïed ?

« La démocratie à cœur »

D’autre part, et selon Sami Aoun, politologue québécois d’origine libanaise et enseignant à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, cité par La Presse, «un report du Sommet de la Francophonie serait souhaitable. Et il n’est pas nécessaire d’utiliser, comme l’an dernier, la pandémie de Covid-19 comme prétexte pour justifier cette décision».

« Il y a un problème de transition entre la piètre performance des Frères musulmans du parti Ennahdha au pouvoir et la réplique de Kaïs Saïed, qui elle aussi peut être qualifiée d’autoritaire », relève M. Aoun.

« Il faut dire que la Francophonie, ce n’est pas simplement parler français, que c’est un groupe qui partage un ensemble de valeurs et qui a la démocratie à cœur ». Ainsi a conclu sévèrement le politologue québécois.

Disons pour conclure que si cette information était authentique, et tous les indices vont dans ce sens, un éventuel nouveau report serait fatal pour l’image de la Tunisie à l’étranger.

Mon Dieu, gardez-nous de nos faux amis. Quant à nos ennemis, on s’en charge !

 

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