Celle qui murmurait à l’oreille du Président quitte le navire… pour le moment !

Akacha

Peu importe les raisons qui poussèrent Nadia Akacha à claquer sèchement les portes du palais de Carthage. Est-il possible que l’ex-boîte noire du Président ait pris le large… pour mieux servir son patron?

Dame de fer, Régente de Carthage, la conseillère avait l’oreille du Président… Mais qu’est-ce que Mme Nadia Akacha, l’ex-directrice du cabinet présidentiel, a de particulier, pour que la Une des journaux, même à l’étranger, se consacre à elle?

A la Une des journaux

La preuve? L’agence Reuters en parle comme de « la plus proche et plus puissante conseillère de Kaïs Saïed. Et l’intermédiaire privilégiée pour s’entretenir avec lui ». Pas moins que ça. Ajoutant que la cheffe du cabinet présidentiel, Nadia Akacha, a démissionné hier de son poste. « Du fait de la décision du ministre de l’Intérieur de mettre à la retraite d’office six hauts cadres sécuritaires ».

Pour sa part, Gordon Gray, l’ancien ambassadeur des USA à Tunis commentait la démission ou la retraite forcée de Nadia Akacha, l’avenir nous le dira. Il estime dans un post rendu public sur son compte Twitter « qu’il s’agit d’un développement intéressant dans le pays ». Avant d’ajouter que l’intéressée était contre « la décision prise par le ministère de l’Intérieur relative à la mise en retraite forcée de six hauts responsable, dont un ancien chef des renseignements ».

Pour le diplomate américain qui semble au fait des arcanes de ce qui se passe à Carthage et au ministère de l’intérieur, « il semble que, selon les diverses versions, tout tourne autour de l’affaire de la mise à la retraite forcée de l’ancien directeur de la Sûreté nationale et ex-ambassadeur au Royaume du Bahreïn, Kamel Guizani, limogé par le ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine ».

Démission ou limogeage ?

Rappelons qu’un décret présidentiel du 24 janvier 2022, paru dans l’édition de la soirée du mardi 25 janvier 2022 du Journal Officiel, indiquait d’une manière laconique « qu’il est mis fin aux fonctions de Madame Nadia Akacha, la directrice du cabinet Présidentiel ».

Comme à l’accoutumée au palais de Carthage, un décret est annoncé tard dans la nuit. Comme s’il y avait urgence. Un timing qui ne peut que laisser la porte grande ouverte à toutes les interprétations et spéculations, somme toute, légitimes.

A savoir que la présidence de la République réagissait promptement à la décision de Nadia Akacha de quitter le navire. En effet, elle avait annoncé, lundi 24 janvier 2022 sa démission de la direction du cabinet présidentiel.

« J’ai décidé, aujourd’hui, de présenter ma démission au président de la République, après deux ans de travail. J’ai eu l’honneur d’œuvrer pour l’intérêt supérieur du pays depuis mon poste auprès du chef de l’Etat ». Ainsi écrivait-elle sur sa page Facebook.

Et d’ajouter: « Mais aujourd’hui, face à des divergences fondamentales de points de vue liées à l’intérêt supérieur du pays, je considère qu’il est de mon devoir de me retirer de mon poste de cheffe du cabinet présidentiel, en souhaitant le succès à tous ».

Inédit et insolite

C’est gravissime. Car qu’elle est la nature des désaccords substantiels qui ne semblent pas personnels, en rapport avec ses relations avec le locataire du palais de Carthage. Mais au sujet de l’intérêt suprême du pays?

Certes, elle a beau être la collaboratrice la plus proche de Kaïs Saïed, elle, fait rarissime, était de tous les voyages et de tous les déplacements du Président. Au point d’être confondue à l’étranger avec une Première dame. Celle qui assistait régulièrement aux Conseils des ministres, la boite noire du palais de Carthage et gardienne des secrets, même intimes du Président.

Mais, sur le plan de la forme, avait-elle le droit de s’adresser sur le pied d’égalité à son patron dans sa lettre de démission? Alors même qu’elle travaillait sous ses ordres dans un poste, certes, extrêmement sensible?

De plus, sur le fond, une cheffe du cabinet présidentiel, en somme un haut cadre administratif, a-t-elle le droit d’avoir des « divergences fondamentales de points de vue » sur « l’intérêt supérieur du pays » ? Car, il s’agit là d’un éventuel désaccord politique, un disfonctionnement tout à fait inédit et insolite dans les annales de la République.

Et si Nadia Akacha roulait pour le Président?

Enfin, quelles que soient les raisons qui ont poussé Nadia Akacha à jeter l’éponge, il est peu probable que cette ancienne élève de Kaïs Saïed sorte de son devoir de réserve dans un futur proche.

Or, il semble selon des rumeurs bruissant dans le Tout-Tunis, que loin d’affaiblir politiquement son ancien patron, elle s’est affranchie de sa besogne harassante au palais de Carthage. En effet, il lui arrivait de travailler plus que 15 heures sans relâche… Pour mieux se focaliser sur la prochaine campagne présidentielle de l’actuel locataire du palais de Carthage. En mettant sur pied un nouveau parti pro Kaïs Saïed. Des rumeurs dites-vous? L’avenir nous le dira.

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