Le foot, prozac du peuple

Aigles de Carthage

Par leur courage, leur solidarité, leur sursaut d’orgueil face à l’adversité, les Aigles de Carthage sont une source d’inspiration pour un pays à la dérive. Et si leur succès contre le mastodonte nigérian servait d’exemple pour tout un peuple qui aspire à entrevoir le bout du tunnel?

Faut-il toucher le fond pour rebondir? Les Aigles de Carthage ont vécu l’enfer dans cette CAN 2022. Avant de se hisser, par un sursaut d’orgueil salvateur,  au Carré d’or de cette compétition africaine. Qui l’aurait cru?

Mais avant d’atteindre ce palier, ils étaient les naufragés pitoyables de la poule F. Ainsi, ils perdaient piteusement deux matchs sur trois, rataient trois penalties. Ils étaient humiliés, dénigrés et copieusement moqués sur les réseaux sociaux. Et ce n’est pas tout, puisque pas moins de 12 joueurs avaient attrapé la Covid.

Bref, lors des huitièmes de finale, personne n’aurait misé un copeck sur eux, face à l’ogre nigérian. Pourtant, contre toute attente, cette modeste équipe de Tunisie  est venue à bout d’un adversaire que tous les observateurs sportifs voyaient au moins finaliste.

Explosion de joie

Mais revenons à cette rencontre au terme de laquelle un peuple ivre de joie, bravant le couvre-feu et l’intense froid de janvier, est descendu dans la rue dans les quatre coins de la Tunisie. Beaucoup ont établi un parallèle avec la liesse populaire d’une certaine nuit de… 25 juillet dernier. Tout un symbole.

Supériorité tactique des Aigles de Carthage

Ainsi, les Super Eagles ont entamé le match au stade Roumdé-Adjia à Garoua sur les chapeaux des roues, cherchant comme d’habitude à faire semer le doute chez l’adversaire; avant de l’assommer dès les premières minutes par un but précoce.

Alors, ils s’installent dans le camp tunisien, obtiennent un premier coup-franc, sans danger pour Béchir Ben Saïd (3e). Après que Wilfred Ndidi a tenté une première frappe avec un retourné acrobatique (2e).

Après deux corners successifs (13e, 14e), la Tunisie parvient finalement à mieux gérer la rencontre. Pourtant, à la (10e), Montassar Talbi qui était placé au second poteau frappa du plat du pied avant qu’un défenseur dégage in extremis le ballon. Cela a permis aux Aigles de Carthage de prendre confiance au fur et à mesure de la première période. Alors que l’ensemble nigérian peinait à retrouver son jeu.

En face, les Tunisiens qui endiguent les assauts meurtriers des Super Eagls, essayent de calmer le jeu. Après un premier quart d’heure où la sélection nationale tient le coup, il faut avouer que nous tremblions à chaque assaut rageur de la part de ces diables d’attaquant nigérians, le rythme est retombé pour laisser place à un vrai duel tactique. À la pause, les deux équipes se neutralisent (0-0).

Un but d’anthologie

Mais c’est finalement à deux minutes de la seconde période que le vieux briscard, Youssef Msakni qui dispute sa 7ème CAN, trouva la faille dans la défense nigériane.

Sur un long ballon de Mohamed Dräger, le capitaine tunisien se démarqua de trois défenseurs avant d’armer une terrible frappe de l’intérieur du pied droit à 30 mètres et marqua à la (47e) un but de toute beauté. Il réussissait même l’exploit de pousser un joueur nigérian, Alex Iwobi à la faute. Réduits à dix peu après l’heure de jeu (66e), les Super Eagles, trop brouillon, ont cédé à la panique. Et ils n’ont jamais réussi à revenir au score.

Coup de poker

A noter à cet égard que l’entraineur-adjoint, Jalel Kadri, qui remplaçait le coach Mondher Kebaier sur la touche, procédait à vingt minutes de la fin du temps réglementaire à un terrible coup de poker. En effet, au lieu de consolider sa défense alors que ses poulains menaient à 1 à 0, il fait entrer deux attaquants Wahbi Khazri et Naïm Selliti. Et pour fixer la défense adverse et apporter de la fraîcheur physique à ses poulains.

Pari gagné, chapeau l’artiste!

La main de Sidi Mehrez

Ainsi, la Tunisie rejoint les quarts de finale et gagne également le droit de rester à Garoua. Ainsi, les Aigles de Carthage retrouveront le Burkina Faso, samedi 29 janvier en quart de finale.

Sachant qu’un coup d’Etat est survenu hier à Ouagadougou. Perturbant davantage les préparations des joueurs burkinabais qui risquent de déclarer forfait. Chay lellah ya Sidi Mehrez!

Enfin, comment résister au plaisir de citer l’ex-gloire de la sélection sénégalaise de football, El-Hadji Diouf. Lequel a indiqué au micro de Mosaïque FM la veille du match Tunisie-Nigéria, que les Aigles de Carthage, qu’il qualifie « d’Italiens de l’Afrique » sont « capables du pire comme du meilleur ».

Exactement à l’image du peuple tunisien…

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