Quand un proche de Ghannouchi s’en prend au président Al-Sissi

Al-Sissi

La « caution » portée par l’Egypte et l’Algérie au projet politique de Kaïs Saïed semble rester en travers de la gorge d’Ennahdha. Au point qu’un second couteau de Rached Ghannouchi s’est attaqué au président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, avec des propos qui frisent l’insolence.

Changement de tactique. Quand il s’agit de s’en prendre à une puissance régionale, en l’occurrence l’Egypte d’Abdel fattah Al-Sissi, le parti islamiste d’Ennahdha avance masqué. Ainsi, les dirigeants de premier plan se mettent en retrait, tout en chargeant les seconds couteaux de faire le sale boulot. Quitte à désengager plus tard leur propre responsabilité. Puisque ces subalternes ne représentent en rien le parti, mais parlent à titre personnel. Classique. Du Machiavélisme de bas étage.

« Mêlez-vous de vos affaires M. Al-Sissi »

Un exemple édifiant? Le sinistre député gelé d’Ennahdha, Maher Madhioub, proche parmi les proches de Rached Ghannouchi, s’est attaqué, mardi 18 janvier 2022, au président égyptien Abdelfattah Al-Sissi.

« Merci de l’intérêt que vous portez à votre cher frère (tunisien, NDLR). Mais mêlez-vous plutôt de vos affaires! ». Ainsi, il tançait le chef de l’Etat égyptien accusé de donner « une caution » algéro-égyptienne à Kaïs Saïed. Arguant que « depuis la disparition du président Béji Caïd Essebsi, vous n’avez cessé de mettre le nez dans nos affaires internes, aidés en cela par vos supports médiatiques. Et ce, dans l’espoir d’orienter les choix de la Tunisie ».

Et de s’interroger avec insolence sur sa page FB: « Pour qui vous prenez-vous et qui vous a chargé de veiller sur le monde arabe, de donner des leçons et en vous rangeant du côté d’une partie au détriment de l’autre ? » Ainsi a écrit Madhioub sur sa page Facebook à l’adresse du général Al-Sissi.

Poussant le bouchon plus loin, l’ancien chargé de l’information et de la communication à la défunte ARP, s’est également permis le luxe d’adresser « une mise en garde au président égyptien » : « Surtout ne sous-estimez pas la force du peuple tunisien. Car le peuple qui a renversé le général Ben Ali ne craint pas ses disciples, lesquels caressent le rêve de s’ingérer dans nos affaires ». Le Maréchal Sissi disciple du général Ben Ali? Les lignes jaunes de la décence ont été allégrement chevauchées par l’ex-député nahdhaoui.

Soutien du Caire et d’Alger

Mais que reproche-t-il au juste à l’homme fort de l’Egypte pour que, fait rare dans nos coutumes, il se soit adressé nommément à un dirigeant étranger d’un pays frère avec autant d’effronterie, voire de grossièreté?

Tout simplement d’avoir apporté un soutien public appuyé à son homologue tunisien et à son projet politique du 25 juillet.

En effet, le président égyptien a reçu lundi 17 janvier au Caire le chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra et la discussion a, entre autres, porté, selon le porte-parole de la présidence égyptienne, sur la situation dans la région, notamment en Libye et en Tunisie. Les deux parties ont exprimé un intérêt fort à « soutenir la stabilité dans les deux pays ». De plus, l’Égypte et l’Algérie sont d’accord pour soutenir le président Kaïs Saïed et « toute action qui pourrait préserver la stabilité de la Tunisie et aider à mettre en œuvre les choix de son peuple ».

Il convient de rappeler à ce propos que dans la foulée du 25 juillet, l’Egypte et l’Algérie ont été les premiers à manifester publiquement leur appui à Kaïs Saïed « garant de la stabilité et de la sécurité en Tunisie ».

Géopolitique régionale

Alors, faut-il voir dans la nervosité excessive d’Ennahdha un signe que le coup de force de Kaïs Saïed, le 25 juillet, ait redistribué les cartes de la géopolitique régionale au profit de l’axe composé de l’Egypte, des Emirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et de l’Algérie? Un axe engagé dans une lutte à mort contre l’islam politique. Et ce, au détriment de l’axe turc-qatari dont Montplaisir est proche?

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