Le gouvernement de la dernière chance

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Le gouvernement de Mme Najla Bouden Romdhane est finalement entré en fonction après une si longue attente. Une attente non seulement inutile, mais dommageable. Dommageable dans le sens où elle a donné le temps et la possibilité aux destructeurs du pays de se ressaisir, après le coup d’assommoir du 25 juillet.

Bien que leur crédibilité tende vers zéro, les islamistes, partisans et adversaires de Ghannouchi confondus, les Hamma Hammami, les Chebbi, les Yadh Elloumi et autres Jawhar Ben M’barek tentent désespérément de nous convaincre que nous avançons tout droit vers la catastrophe avec les mesures exceptionnelles et ce gouvernement, si l’on ne défend pas « la légitimité démocratique » et son principal pilier, le parlement. Un parlement dont les Tunisiens ne pouvaient s’approcher sans se boucher les oreilles et se pincer le nez.

Ce fatras islamo-gauchiste, dans un remake du 18 janvier 2005, a transformé les escaliers du théâtre municipal en mur des lamentations où ils pleurent « la démocratie perdue » et « le viol de la Constitution ». Hier « le dictateur » Ben Ali était décrié à coups de grèves de la faim. Et aujourd’hui le « dictateur » Kaïs Saïed est conspué à coups de manifestations « très spontanées »…

« La démocratie » de la corruption et du terrorisme

« La démocratie » à la mort de laquelle hurle ce fatras islamo-gauchiste, c’est celle où Rached Ghannouchi régnait en maitre absolu sur le pays durant la décennie noire. Où le parlement s’était transformé en repaire de corrompus, de terroristes et de bandits. Où la justice ignorait les grosses affaires de corruption, de terrorisme et d’assassinats politiques; mais se montrait d’une extraordinaire célérité et efficacité vis-à-vis de pauvres bougres lourdement condamnés pour vol à la tire ou irrespect du jeûne de Ramadan. Où l’économie que le peuple tunisien a laborieusement construite pendant 60 ans a été mise à genoux par la corruption, la déprédation et le pillage.

Le plus consternant est que l’islamo-gauchisme s’efforce sérieusement de faire revenir le pays au 24 juillet, de rouvrir le parlement, de remettre Ghannouchi sur son perchoir et les fers de lance de la corruption et les défenseurs du terrorisme dans leurs sièges. Le plus atterrant est que cette alliance hétéroclite pense sérieusement pouvoir réimposer de nouveau au peuple tunisien le cirque tragique qu’étaient devenues les sessions parlementaires d’une Assemblée élue grâce aux financements illicites, à l’argent sale et à une ISIE pour le moins douteuse.

« Gauche marxiste » et « gauche démocratique »

Le gouvernement de Madame Bouden se trouve dès son entrée en fonction face une économie ruinée par dix ans de règne de l’islam politique. Et son action risque d’être entravée par le fatras islamo-gauchiste qui semble déterminé à mettre les bâtons dans les roues de ce qu’il appelle « gouvernement illégitime et inconstitutionnel ». Mais, fort du large soutien populaire, le gouvernement n’a d’autre choix que d’appliquer la loi contre tous ceux qui s’avisent d’entraver son action consistant à réparer les dégâts majeurs infligés au pays par la secte.

On pourrait comprendre à la limite les tentatives désespérées des islamistes de faire revenir le pays à l’avant 25 juillet qui s’expliquent par leur peur panique de voir la justice regagner son indépendance et déterrer les lourds dossiers du terrorisme, des assassinats, des financements étrangers, de la corruption etc.

On pourrait aussi à la limite comprendre l’alliance islamo-gauchiste du 18 octobre 2005 contre le régime de Ben Ali qui, à l’époque, harcelait tous ses opposants sans distinction. Mais comment comprendre le soutien apporté par « la gauche marxiste » de Hamma Hammami et « la gauche démocratique » des frères Chebbi,  pour ne citer qu’eux, à l’islam politique qui a ruiné le pays?

Le seul choix, c’est de réussir

Il faut dire qu’avec ou sans le soutien de la gauche, l’islam politique n’a plus d’avenir dans ce pays. Il a eu sa chance de gouverner le pays, il ne l’a pas saisie. Les dommages faramineux infligés au pays par la secte de Ghannouchi ont vacciné les Tunisiens contre l’islam politique pour le siècle à venir. Ennahdha, ou ce qui en reste, est voué à la marginalisation sinon à la disparition pure et simple.

Quant à la gauche, elle ne disparaitra pas, mais elle restera marginalisée, comme elle l’a toujours été depuis sa naissance. Voilà près d’un demi siècle que Hamma Hammami dirige le « parti des travailleurs » avec, en guise de membres, juste quelques étudiants et sans le moindre prolétaire dans ses rangs. Pourtant, Hamma Hammami, du début des années 1970 jusqu’au début des années 2020, ne cesse d’appeler tous les prolétaires du pays à s’unir…

Et les frères Chebbi? L’ainé, après une longue carrière politique et un long combat pour les libertés jette le trouble jusque sur ses soutiens politiques. Quant au cadet, il fait semblant de diriger un semblant de parti auquel il a pompeusement accolé l’adjectif « républicain ».

La faiblesse de ce fatras islamo-gauchiste et son impopularité sont un atout pour le nouveau gouvernement, largement accepté et soutenu par la population. Un gouvernement qui n’a d’autre choix que de réussir. Car il constitue la dernière chance pour le pays de se relever. Si, à Dieu ne plaise, il échoue, c’est le sort de l’Afghanistan ou de la Somalie qui nous attend.

 

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