La réponse cinglante de Jerandi aux accusations libyennes

Othman Jerandi

Fidèle à la longue tradition de la diplomatie tunisienne réputée par sa sobriété et son refus de toute réaction intempestive, le ministre des Affaires étrangères, Othman Jerandi, a démenti et rejeté à partir d’Alger  les accusations qui lui ont été adressées par le chef du gouvernement d’union nationale libyen, Abdelhamid Dbaiba,  autour du terrorisme.

Il fallait laver l’affront. M. Jerandi vient de le faire à sa manière: calme, poli, sur un ton policé, mais ferme.

Non, la Tunisie n’est pas un pays exportateur de terroristes, affirmait le ministre des Affaires étrangères, Othman Jerandi. Et ce tandis qu’il participait à Alger, les 30 et 31 août 2021, à une réunion ministérielle consultative des pays du voisinage de la Libye.

Propos dénués de vérité

« La Tunisie s’étonne et rejette les accusations qui lui ont été adressées par la Libye autour du terrorisme ». Ainsi s’insurge le ministre, en soulignant que « la sécurité et la stabilité de la Libye sont indissociables des nôtres ».

« Notre pays est, à son tour, la cible du terrorisme et ne pourrait être, en aucun cas, une base pour son exportation, ou une source pour l’infiltration de groupes terroristes vers la Libye ».

Et de conclure: « Ces déclarations sont dénuées de vérité. Notamment en ce moment où notre pays œuvre à contribuer efficacement à faire régner la sécurité et la stabilité en Libye et dans les pays de la région ». Ainsi, s’indignait Othman Jerandi, lors d’un entretien avec son homologue libyenne, Nejla Mangouch. Et ce, en marge des travaux de la dite réunion ministérielle de concertation des pays du voisinage. En rappelant à juste titre que « la Tunisie est la voix qui défend la Libye dans les forums régionaux et internationaux, notamment au Conseil de sécurité ».

Propos indélicats

Ainsi, le chef de la diplomatie tunisienne répond directement aux propos peu diplomatiques, voire inamicaux prononcés le 27 août 2021, par le chef du gouvernement d’union nationale libyen, Abdelhamid Dbaiba. Ce dernier accusait un « pays voisin », faisant clairement allusion à notre pays, d’exporter le terrorisme en Libye.

« Nous n’accepterons pas d’être accusés de terrorisme. C’est vous qui avez apporté le terrorisme dans notre pays et vous feriez mieux de balayer devant votre porte avant de nous accuser ». C’est ce que  déclarait le responsable libyen. Avant de s’interroger: « D’où sont venus les 10 mille terroristes qui ont pénétré notre pays? La Libye cherche à fonder de bonnes relations avec tous les pays voisins. Mais les Libyens n’accepteront plus qu’on se moque d’eux ». Ainsi avait-il conclu, par ces accusations farfelues et infondées. Car, il ne parle pas d’un nombre limité de terroristes qui se seraient infiltrés en Libye; mais d’une armée de Djihadistes. Puisque M. Debaiba évoque, sans sourire, le nombre extravaguant de 10 000!

Des propos irresponsables, irréfléchis et dépourvus de délicatesse. Lesquels ont jeté un froid caractérisé par la fermeture des frontières entre les deux pays voisins.

Sauver ce qui reste des meubles

D’ailleurs, selon des bruits qui courent du côté de Carthage, nous venons d’apprendre que le chef du gouvernement d’union nationale libyen, Abdelhamid Dbaiba, familier des cercles politiques en Tunisie,  serait attendu, aujourd’hui même, 1er septembre 2021 à Tunis. Et ce, pour une visite durant laquelle il devrait rencontrer le Président de la République, Kaïs Saïed.

Pour justifier sa bourde et tenter de réparer l’irréparable?

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