Liban: 4 août 2020, un an après la double explosion

Le Liban
Crédit photo: page Fb P.H.B

Un an après la double explosion au Liban au port de Beyrouth. Une catastrophe qui a dévasté non seulement les Libanais mais aussi le monde entier.

Un an plus tard au Liban, les Libanais pointent du doigt l’irresponsabilité des dirigeants et ce en raison de la corruption endémique du pays doublé de clientélisme. Ce qui a conduit le pays dans l’impasse. Que pense-t-on de ce qui s’est passé, un an plus tard?

TunisieElyes Kasri, ancien ambassadeur de Tunisie en Allemagne, au Japon en Inde et en Corée est revenu sur l’explosion qui a ravagé le port et certains quartiers de Beyrouth. Il précise dans ce contexte: « Alors que ce pays frère, le Liban; auquel nous lient des liens historiques, ne cesse de s’enfoncer dans une crise grave à l’issue incertaine, l’on ne peut que convenir que la tragédie libanaise est une conséquence logique de l’abandon par l’Etat libanais de son statut de dépositaire exclusif de l’usage légitime de la force et de la passivité ou même pire de certains groupes et partis politiques libanais devant les interférences étrangères sur leur sol. »

Avant d’ajouter: « Il est à espérer que la classe politique et les décideurs tunisiens tireront comme il se doit les enseignements de la tragédie libanaise à laquelle nous espérons un dénouement rapide. »

Un an après l’explosion au port de Beyrouth

Par ailleurs, un an après l’explosion au port de Beyrouth, l’enquête pointe de graves manquements de la part de nombreux responsables. C’est ce qu’a fait savoir le média libanais L’Orient Le Jour,  en mentionnant: « Plusieurs zones d’ombre ont été dissipées, mais certaines persistent, notamment la question de savoir si le déchargement du nitrate d’ammonium à Beyrouth relevait vraiment du hasard. »

Le puzzle de l’enquête commence à prendre forme!

En clair, beaucoup d’interrogations et les réponses demeurent incertaines. Mais si on revient à cette journée effroyable, qu’en pensent les Libanais? Philippe Hage Boutros, journaliste économique à l’Orient-Le Jour nous raconte le choc de cette journée: « J’étais à 10 ou 15 kilomètres des lieux de l’explosion. J’étais parmi les personnes les moins malchanceuses, parce que j’étais assez proche pour pouvoir en être témoin et trop loin pour être touché. Je tiens aussi à ce que toutes les pensées aillent vraiment aux victimes, à leurs familles, à ceux qui ont été blessés et ceux qui ont perdu une partie de leur vie ce jour-là, que ce soit leur logement, leur entreprise même leur véhicule.

L’enquête a peu progressé depuis, même si certaines zones d’ombre ont été dissipées. « Il y a deux choses à éclaircir, au-delà de la cause directe de l’incendie et des explosions qui ont suivi », poursuit Philippe Hage Boutros. « Qui savait qu’un produit matière aussi dangereux que le nitrate d’ammonium était stocké en aussi grande quantités à quelques centaines de mètres de zones résidentielles densément peuplées ; et est-ce que les personnes  étaient au courant et simplement conscientes du danger que cela représentait. Les deux perspectives sont tout bonnement effrayantes et il n’y a absolument aucune circonstance atténuante qui puisse minimiser la responsabilité des personnes impliquées».
 Avant d’ajouter: «  D’après ce que j’ai pu comprendre, si les gens du port savaient que c’était dangereux,  pourquoi l’ont-ils laissé. Plus encore, qu’est ce qui a fait exploser le hangar. A mon sens, il ne faut écarter aucune piste. Pour la simple raison qu’il y a énormément de personnes qui sont suspectes.

Le rapport d’expertise français écarte l’hypothèse d’une frappe aérienne

En somme, un immense puzzle est loin d’être achevé. D’ailleurs, on se demande qui a déclenché l’incendie au sein du hangar n°12 ayant  précédé la redoutable déflagration ? Certains médias locaux évoquent la piste d’une frappe aérienne,  voire même  d’un incendie d’origine terroriste ou accidentelle… Ce sont autant d’hypothèses à examiner…

Cependant,, toujours selon l’Orient Le Jour, le rapport d’expertise français écarte l’hypothèse d’une frappe aérienne au Liban.

« Après l’explosion du 4 août, de nombreux Libanais qui se trouvaient au Liban  ont rapporté avoir reconnu le vrombissement d’un avion. Tout en estimant que le bruit de la déflagration s’est propagé plus rapidement que l’image de l’explosion d’après les Français. », mentionne le dit rapport.

Tandis que la piste accidentelle  demeure la plus logique, le rapport mentionne qu’un court-circuit électrique aurait pu mettre le feu aux poudres.

Entre un entrepôt contenant une large quantité de matériaux inflammables et hautement incompatibles, il y a de quoi se poser des questions. Puis qu’il comportait 23 tonnes de feux d’artifice, des pneus, du méthanol, des mèches d’allumage, des huiles, des meubles, du bois, de la nourriture et, par dessus tout  2 750 tonnes de nitrate d’ammonium.  En d’autres termes, toutes les conditions sont déjà réunies pour que ce cocktail puisse exploser au moindre incident. Et comme on dit, affaire à suivre car cela reste encore des zones d’ombre non élucidées…

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