Grand-Tunis : 40% à 50% de la population ne dispose pas de ressources pour une vie digne

vie digne

International Alert Tunisie, l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES, France) et le Bureau tunisien de la Friedrich-Ebert-Stiftung au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (FES MENA) ont présenté les résultats de leur projet pilote. Et ce; au terme de deux ans de travail. Il s’intitule: « Un Budget de la dignité pour la Tunisie. »

Au terme de plus d’une année de discussions, les participants ont abouti à un consensus sur le contenu d’un panier détaillé. Il comprend plusieurs centaines de biens et services nécessaires pour permettre aujourd’hui à une famille-type d’accéder à des conditions de vie dignes. En effet, le coût de ce panier minimum, chiffré selon les prix en vigueur au printemps 2019, est estimé à environ 2.400 DT par mois.

Le projet révèle par ailleurs que dix ans après la révolution, 40% à 50% de la population vivant dans le Grand-Tunis ne dispose toujours pas de ressources permettant d’assurer une vie digne.

Budget de dignité

« En s’intéressant pour la première fois, non pas au seuil de pauvreté mais à un seuil d’inclusion minimum permettant de satisfaire les besoins de la population, ce projet pilote offre un outil précieux de plaidoyer en faveur des conditions de vie dignes en Tunisie ». C’est ce qu’a souligné Olfa Lamloum, directrice du bureau tunisien d’International Alert.

« Le Budget de dignité confirme, comme dans d’autres pays, que l’accès à des conditions de vie dignes passe non seulement par l’accès à un emploi et un revenu d’activité suffisant; mais aussi par une offre satisfaisante de services publics de qualité », complète Pierre Concialdi. Il s’agit du directeur de recherche à l’IRES et coordinateur scientifique du projet.

Pour Thomas Claes, directeur du projet régional Politiques économiques pour la justice sociale dans la région MENA de la FES, « le consensus auquel ont abouti les citoyennes et les citoyens qui ont pris part à notre projet montre que les revendications exprimées durant le Printemps arabe peuvent trouver des débouchés concrets dans des espaces démocratiques ».

Un projet conduit pour la première fois dans le monde arabe

La dignité est une revendication centrale exprimée par les mobilisations qui ont marqué la Tunisie depuis 2011. Afin de répondre à cette exigence, le Budget de la dignité pour la Tunisie s’est intéressé à la définition des conditions matérielles. Celles-ci permettraient d’assurer une vie digne aux Tunisiens.

La réalisation du Budget de la dignité s’appuie sur une méthodologie innovante (Minimum Income Standards – MIS). Elle est initialement développée par des chercheurs britanniques puis étendue à d’autres pays.

En effet, des projets pilotes ont été menés en Afrique du Sud et au Mexique. Mais c’est la première fois qu’un projet de cette nature est conduit dans le monde arabe.

L’objectif était de déterminer un panier minimum de biens et services nécessaires pour que chaque ménage tunisien puisse aujourd’hui avoir accès à des conditions de vie dignes. Et ce, à travers une démarche participative impliquant des citoyennes et des citoyens.

Les trois organisations ont ainsi rassemblé une dizaine de groupes de discussion de 8 à 10 adultes pour des réunions d’une durée de 5 à 6 heures. Le processus a concerné plus de 80 citoyennes et citoyens. Ils ont discuté et délibéré consensuellement sur les conditions matérielles minimales d’une vie digne pour une famille-type vivant avec deux enfants dans le Grand-Tunis.

Ce travail d’expertise citoyenne a été encadré par des facilitateurs préalablement formés. Il a été nourri par des avis émanant de spécialistes.

M.T (Source :http://library.fes.de)

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