Le fils du pauvre

Des trains devenus fardeau en France, qui l’eût cru, alors qu’on pensait qu’ils partaient toujours à l’heure et arrivaient exactement à l’heure. On a parlé de botter le train aux syndicats et de jeudi noir ; en France, et à de rares exception près, lorsque gronde la colère, on reste entre gens civilisés et responsables.

Pas de brigandage, pas de casse, pas d’atteintes aux biens publics, surtout, pas d’instrumentalisation, et ça paie. Dans nos murs, quand l’assaut n’est pas donné, on botte en touche; la plupart du temps.

On trouve même le moyen de remettre en cause l’indépendance; on n’a même plus à craindre le pire puisqu’on y est déjà. Et ce sont toujours les gens du bas d’en bas qui finissent toujours par payer.

Ni pain, ni amour, ni chocolat; la misère dans toute sa nudité; et l’on parle de sucette à l’anis et de ceinture de… chasteté à faire exploser!

Normal que le train reste à quai et que ça ne roule pas les mécaniques. Pourtant, on aurait bien aimé entendre siffler le train du bonheur et de la prospérité partagée.

Dans les coins les plus reculés du pays, on semble voué à rester berger de père en fils, même si, je respecte profondément ce métier, car c’en est un.

Cela me rappelle d’ailleurs le paysage rural et ses misères si brillamment décrits par Mouloud Feraoun dans «Le fils du pauvre» son œuvre la plus accomplie. Un livre remarquable par la vérité du propos.

Combien sont-ils en Tunisie, tous ces fils de pauvres à qui on a fait rater l’ascendeur social? Il y a bien sur cette culture par où tout transite, et qui reste quand on a tout oublié; on vient enfin de le comprendre; fort heureusement, car on a failli l’oublier. Vive la Cité de la Culture et ses merveilles!

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