Tunisie – Lybie : vers la réactivation des contrats suspendus

Tuniso-Libye

Le gouvernement libyen invite les entreprises tunisiennes qui avaient conclu des contrats dans le cadre du programme « la Libye de demain », à réactiver ces contrats. D’ailleurs, ce programme est suspendu depuis 2011.  Il les appelle à engager des négociations avec ses représentants pour se remettre au travail. Déclare le vice-président du Conseil d’affaires Tuniso-africain (Tunisia-Africa Business Council- TABC), Issam Ben Youssef.

Ces contrats, conclus dans le cadre de ce programme lancé en 2006, pourraient  drainer un chiffre d’affaires allant du 3 à 4 milliards de dinars. A-t-il dit. La relance de ces contrats permettra de redynamiser l’activité  économique, de faire fonctionner les usines, et par conséquence, de créer de nouveaux postes d’emploi au profit de la main-d’œuvre tunisienne en Libye. Déclare-t-il à l’Agence TAP.

Pour lui; la Tunisie demeure un partenaire stratégique de la Libye. Et « ni la Turquie, ni l’Italie ne sont en mesure de prendre sa place sur ce marché ». A affirmé Ben Youssef. Récemment, il a effectué une visite en Libye.

Cette visite lui a permis de rencontrer plusieurs décideurs. Il s’agit des ministres des affaires étrangères, de l’agriculture, du Travail et de la formation, et de la gouvernance locale. Ainsi que les membres de l’Instance de la promotion de l’industrie nationale libyenne. Il a eu également, des entrevues avec les représentants du Conseil des hommes d’affaires  libyens et du directeur général de la Banque islamique libyenne.

Pour lui, il faut juste identifier des solutions pour surmonter les difficultés existantes et réussir à redynamiser la coopération bilatérale. Il a, à cet égard, appelé à faciliter les procédures administratives. Et ce au profit de l’investisseur libyen, à lui accorder la priorité et des avantages.  Ainsi qu’à activer l’accord de libre-échange entre les deux pays. Cet accord remonte à 2001.

Il a souligné l’impératif d’:
-Accorder plus d’attention aux régions frontalières;
-Moderniser les points de passage;
-Améliorer les services offerts aux voyageurs;
-Réduire les heures d’attente;
-Et assurer la fluidité des échanges commerciaux entre les deux pays, en allégeant les procédures administratives.

Oui pour la création de zones industrielles frontalières communes du côté libyen

Ben Youssef a recommandé, aussi, la création de zones industrielles frontalières communes du côté libyen. L’objectif étant de profiter du faible coût de l’énergie dans ce pays. Lequel se reflétera sur le prix des produits manufacturés au profit du consommateur. Le ministre de la gouvernance locale (municipalités) libyen avait fait part, de sa volonté d’organiser des rencontres et des jumelages entre les municipalités situées au niveau de la frontière tuniso-libyenne, et de favoriser l’échange d’expériences et des formations dans le domaine. A-t-il rapporté.

Le vice président du TABC a appelé à dynamiser les échanges commerciaux entre les deux pays. Et ce de manière à retrouver le niveau atteint avant 2010, tout en veillant à finaliser les transactions en monnaies locales (dinar tunisien contre dinar libyen). Et ce au lieu d’utiliser des devises étrangères telles que le dollar et l’euro. La partie tunisienne est appelée à autoriser le passage des importations libyennes, en provenance de l’Europe, par nos ports, comme le stipule la Convention relative aux contrats de transport international routier des marchandises. Lance-t-il.

Une position prudente et neutre

L’intervenant est revenu sur  la position politique de la Tunisie par rapport au conflit Libyen. La Tunisie a adopté au début, une position prudente et neutre. Et ce tout en essayant de rapprocher les points de vue et de réconcilier entre les différentes parties. Mais ceci a eu « malheureusement des conséquences négatives. Et ce contrairement, à d’autres pays qui ont profité de la situation et ont pu accéder au marché libyen, depuis des années ».

D’après lui, le gouvernement Tunisien n’a pas adopté jusqu’à ce jour, une démarche diplomatique et stratégique claire, à l’exception de quelques actions. Le ministère des Affaires étrangères a mené ses actions. Il a pointé des efforts déployés par l’ambassade de Tunisie en Libye. « bien qu’il manque des moyens financiers nécessaires ».

Pour un renforcement des représentations diplomatiques

Il a appelé, dans ce cadre, le ministère des Affaires étrangères à réviser le classement des représentations tunisiennes à l’étranger en fonction de leur importance diplomatique et économique. Et ce tout en augmentant le nombre de diplomates et le budget mis à la disposition d’un certain nombre d’entre elles, afin qu’elles puissent réaliser les objectifs escomptés.

Malgré la situation actuelle, la Libye préfère collaborer avec la Tunisie. Et ce au vu de sa proximité géographique, « et en reconnaissance de la position de la Tunisie, qui a accueilli des Libyens, au moment où d’autres pays ont imposé des restrictions sur leurs entrées». A-t-il dit. La valeur des échanges commerciaux entre la Tunisie et la Libye ont baissé à moins d’un milliard de dinars, actuellement. Et ce contre environ 3,5 milliards de dinars avant 2010, et ce, outre les transactions de services (études et travaux publics) dont la valeur dépassaient, avant 2010, les 3 milliards de dinars.

Le Forum économique tuniso-libyen à Sfax

Par ailleurs, le Conseil d’affaires tuniso-africain organisera, le 11 mars 2021,  le Forum économique tuniso-libyen à Sfax. Plus de 200 hommes d’affaires tunisiens et 100 hommes d’affaires libyens exerçants dans les différents secteurs d’activité tels que la construction, le commerce, l’industrie et les services sont attendus à ce rendez-vous. Des ministres, de hauts cadres gouvernementaux, de directeurs des établissements publics, et de chefs de chambres de commerce de différentes régions libyennes, de l’est et de l’ouest du pays sont également conviés à cette rencontre.

Ce forum aura pour thème « Rencontre de l’espoir et de défi pour la construction d’une économie intégrée». Il examinera les difficultés auxquels sont confrontés les hommes d’affaires dans les deux pays. Notamment les problèmes liés au transport et à la logistique, l’accompagnement des entreprises par le secteur bancaire, et l’encadrement des structures gouvernementales.

Avec TAP

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