Trump : « Pathétique, désespéré et délirant »

Donald Trump

Neuf semaines de vaines manœuvres, manigances, combines et fausses allégations n’ont pas suffi à convaincre Trump qu’il a perdu l’élection présidentielle.

En effet, neuf semaines après l’annonce des résultats en faveur de Joseph Biden, Donald Trump n’accepte toujours pas l’idée que le 20 janvier à midi pile il redeviendra un citoyen américain ordinaire.

Ainsi, il continue de s’accrocher maladivement, pathologiquement, hystériquement au pouvoir. La preuve en est la dernière pratique consternante à laquelle il a eu recours le samedi 2 janvier. Ce jour là, le président sortant a eu une conversation téléphonique d’une heure avec le secrétaire d’Etat républicain de l’Etat de Géorgie, Brad Raffensberger.

L’objet de la conversation? Trump demande à son interlocuteur de refaire le décompte des résultats de manière à « trouver suffisamment de voix » lui permettant de remporter les 16 Grands électeurs de l’Etat de Géorgie!

En outre, le président sortant a fait accompagner sa demande de menaces de « poursuites pénales », en cas de refus de recompter les voix. L’enregistrement de cette consternante conversation téléphonique a été obtenue par les deux plus grands journaux américains, le Washington Post et le New York Times qui n’ont pas hésité à la rendre publique.

« Un risque, un gros risque »

« Je veux juste trouver 11.780 votes, un de plus que ce que nous avons déjà ». C’est ce qu’a affirmé Trump au secrétaire d’Etat de Géorgie, Brad Raffensberger. Et ce, selon l’enregistrement disponible sur le site des deux journaux. Ensuite viennent les menaces: « Vous savez ce qu’ils ont fait et vous ne le signalez pas. C’est un crime que vous auriez dû ne pas laisser se produire. Et là, c’est un risque pour vous et pour votre avocat Ryan Germany. C’est un gros risque. »

Néanmoins, l’interlocuteur de Trump n’a visiblement pas été intimidé. Puisqu’il a poliment, mais fermement, rejeté la demande. Brad Raffensberger a insisté auprès du président-maitre-chanteur sur le fait que les résultats ont été correctement comptés en Géorgie. Il lui a fait comprendre aussi qu’il n’a y eu aucune fraude électorale.

Par ailleurs, commentant la conversation téléphonique, la vice-présidente élue Kamala Harris a qualifié la demande de Trump de « voix du désespoir » et de « grave abus de pouvoir ».

Pour le sénateur démocrate Richard Durbin, il s’agit d’ « une diatribe pathétique, décousue et délirante. » Il a qualifié le président sortant d’un « homme dérangé et dangereux qui met en péril la transition ordonnée et pacifique du pouvoir dans le pays. »

Effectivement, le président sortant perd les pédales. Il s’est battu pendant neuf mois auprès des tribunaux, et même près la Cour suprême à majorité conservatrice. Dans le but de renverser la vapeur en sa faveur; mais toutes ses plaintes en justice ont été rejetées. Ce n’est pas étonnant de la part d’un président qui, avant même le scrutin disait: « C’est moi qui gagnerai l’élection. Et si je la perds, cela voudra dire que le scrutin est truqué. »

Obsession du pouvoir et peur panique de le perdre

Des experts juridiques estiment que le chantage et l’intimidation exercés par Trump sont passibles de poursuites judiciaires, selon la loi géorgienne.

C’est inouï de la part d’un président qui, parce qu’il a perdu, se permet de franchir les frontières légales et éthiques dans le fol espoir de rester au pouvoir.

L’obsession du pouvoir et la peur panique de le perdre empêchent le président sortant de se rendre à l’évidence qu’à tous égards l’élection est terminée depuis longtemps. Que chaque Etat du pays a certifié son vote; que tous les recours légaux pour contester les résultats ont été rejetés par les juges; et que le Congrès se réunira le mercredi 6 janvier pour entériner ces résultats. Et que Trump doit quitter la Maison blanche, de gré ou de force, le 20 janvier.

En fait, non seulement Trump ignore toutes ces vérités. Mais il se singularise comme l’unique président dans l’histoire américaine appelant à des manifestations populaires massives le mercredi 6 janvier à Washington. Et ce, dans le but de perturber, sinon empêcher, la session pendant laquelle le Congrès devrait prendre acte de l’élection de Joseph Biden à la tête de l’Etat fédéral.

Quand on sait le nombre et la prédisposition aux comportements violents des milliers de jeunes fanatisés par les discours démagogiques de leur idole. Il est à craindre que le mercredi 6 janvier ne se transforme en une journée de débordements et de violences. Qui aurait pensé un jour que l’Amérique, cette grande donneuse de leçons, se retrouve dans un état proche d’une république bananière?

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