Mohamed Ghariani en passe de rallier Rached Ghannouchi ?

Mohamed Ghariani

De toute évidence, la probable nomination de Mohamed Ghariani, l’ancien secrétaire général du RCD déchu au poste de conseiller spécial dans le cabinet du président de l’ARP, Rached Ghannouchi, est destinée à déstabiliser Abir Moussi, son ennemie jurée.

« Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge! » Abir Moussi devra méditer longuement la célèbre citation de Voltaire. Et ce, après la défection de Mohamed Ghariani. Puisqu’il s’apprête à se réfugier, avec armes et bagages, dans les bras du président de l’ARP.

En effet, des sources proches du cabinet de Rached Ghannouchi, ont confié à Mosaïque FM qu’un accord de principe aurait été conclu avec l’ancien secrétaire général du RCD déchu. Et ce, pour qu’il occupe le poste de conseiller spécial chargé du sensible dossier de la réconciliation nationale. Il aurait donné même son accord de principe.

Opportunisme

Pour rappel, en opportuniste patenté, Mohamed Ghariani avait vite fait de retourner sa veste; et ce, juste après le départ de son maître le 14 janvier 2011. Ainsi, pour effacer d’un trait son allégeance à l’ancien régime dont il était l’un des piliers, il s’est attaqué à son ancien mentor et bienfaiteur Ben Ali. Ce dernier, selon lui, « instrumentalisait le parti et l’a engagé dans des voies détournées ».

Puis, il faut également rappeler que Ghariani avait été arrêté le 11 avril 2011. Aux motifs de « détournement et extorsion de fonds; de malversation; de spoliation; et d’abus de pouvoir ayant porté préjudice à l’administration ». Deux ans plus tard, on entérinait sa libération, sous le gouvernement d’Ali Laârayedh.

Ensuite, blanchi par la justice, il faisait un remarquable come-back politique. Et ce, en intégrant Nidaa Tounes en tant que membre de l’exécutif; puis de conseiller auprès de Béji Caïd Essebsi. Et encore, il était successivement conseiller d’Al Moubadara et Tahya Tounes.

Liaisons dangereuses

De son côté, à la surprise générale, Rached Ghannouchi recevait en avril 2016 chaleureusement et avec les honneurs l’ex-secrétaire général du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) dissous. A l’issue de la rencontre, il déclarait, sans rougir, que son hôte « a les qualités d’un président de la République » !!

D’autre part, il est bien connu que l’ancien ambassadeur à Londres en 2005, qui ne connaissait pas à l’époque un seul mot d’anglais, avait des contacts ininterrompus avec le chef du mouvement islamiste. Lequel s’était réfugié dans la capitale britannique, comme la plupart des dirigeants nahdhaouis; pour se mettre à l’abri des foudres du régime de Ben Ali.

D’ailleurs, on murmurait déjà que le maître du palais de Carthage, connaissant ses talents indiscutables de médiateur rompu aux négociations difficiles, l’avait chargé d’ouvrir un début de dialogue avec Ghannouchi.

Mission: déstabiliser Abir Moussi

Mais comment interpréter la démarche de Ghannouchi, en vieux routier de la politique et de la manigance, qui ne laisse rien au hasard?

Car, en recrutant un politique rompu aux manœuvres, le vieux cheikh de Montplaisir cherche par tous les moyens à « casser » la montée vertigineuse de sa pire ennemie, Abir Moussi. Puisque son parti, le PDL, est donné en tête de tous les sondages d’opinion. Avec en plus, une place en seconde position derrière Kaïs Saïed pour la présidentielle.

Au final, il s’agit également pour Ghannouchi de fracturer la famille destourienne. En faisant un appel du pied aux anciens du RCD pour se rallier plutôt à lui; que de suivre d’Abir Moussi, pas très populaire chez les apparatchiks de l’ancien régime.

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