La dérive criminelle

criminalité Tunisie
Photo : www.ganydar.org

On constate une forte hausse de la criminalité dans la Tunisie post-révolution. Les braquages, les viols et les assassinats sont devenus quotidiens. Comment l’expliquer?

La typologie des profils criminels fait valoir l’action de marginaux, de jeunes souvent sans emploi, le plus souvent renvoyés des écoles et vivant une situation précaire. Au-delà des sittings qui défendent des problèmes locaux, des causes sociales, des marginaux exercent des actions criminelles; de la petite délinquance aux viols et à l’assassinat de leurs victimes. Ce qui crée un climat d’insécurité dans la vie quotidienne, nourrissant l’anxiété ou la peur que peut ressentir un individu ou une collectivité devant ce qui peut advenir.

Peut-on parler d’une société malade?

Disons plutôt que la société est en mutation. La « révolution » ayant volontiers mis en cause les droits acquis, désavoué la hiérarchie sociale et contesté les valeurs.

En effet, cette conjoncture de changement est un facteur de marginalisation. La jeunesse désespérée ou insatisfaite réagit, en cherchant à émigrer, à adopter le discours totalitaire contestataire ou en s’adonnant à la criminalité.

D’autre part, les réseaux sociaux montrent un développement de la violence. Ces radios-trottoirs transgressent tous droits et multiplient les campagnes contre les adversaires. Les chaines radios et télévisions organisent des débats libres entre les protagonistes, sans ménagements. Les surenchères parlementaires établissent des relations conflictuelles.

Dans ce contexte du laisser faire officiel, les délinquants agissent, en faveur de l’optimisation de leur satisfaction: prendre possession des biens d’autrui, violent des jeunes filles et massacres de leurs victimes, pour échapper à la justice.

Felson et Clarke expliquent ce passage à l’acte, cette transgression des normes juridiques d’un système social, en se référant à la théorie des opportunités. L’apparition d’un crime dépend des conditions de l’environnement dans lequel le délinquant est situé, à savoir, les possibilités de crime.

L’opportunité devient ainsi le facteur limitant qui détermine le résultat dans des environnements propices à la criminalité. Parce que le délinquant a généralement peu de contrôle sur les conditions de l’environnement.

La colère populaire gronde. En effet, elle demande volontiers l’application de la peine de mort. Une manifestation eut lieu pour réclamer la condamnation à mort des coupables, rejetant toute politique de tolérance. D’ailleurs, la police à toujours réussi a arrêté les coupables, assurant leur traduction devant les tribunaux. Le développent de la criminalité est conjoncturel. Mais il nécessite d’affirmer la volonté de l’Etat, en renforçant la culture de contrôle.

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