Agriculture-technologie : la gestion des terres agricoles à distance désormais possible au sud tunisien

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De larges superficies de terres agricoles labourables et fertiles sont aujourd’hui abandonnées dans plusieurs régions de la Tunisie. Leurs propriétaires, qui vivent ailleurs, dans les milieux urbains ou à l’étranger, rêvent cependant, de les exploiter et de cultiver le fruit d’un travail du sol et pourquoi pas générer de l’argent pour un éventuel retour.

Cette alternative de travailler ses terres à distance est désormais possible au sud tunisien.

Une startup tunisienne, créée en 2018, par le jeune ingénieur Houssemeddine Henchir, au sein de la pépinière des entreprises agricoles « Agri-Valorisation » du Sud, offre cette possibilité à travers une plateforme de services agricoles baptisée www.landagritech.com.

Il s’agit d’un portail sur Internet, où chaque propriétaire qui se trouve loin de sa terre agricole et aussi chaque opérateur qui désire investir dans la production agricole, peut s’inscrire gratuitement. Et ce, pour choisir les services agricoles et après avoir choisi la date de l’intervention, payer à distance et suivre à travers des photos ou des vidéos en direct, les travaux entrepris (labour, conservation des eaux et du sol, et autres), a expliqué le jeune promoteur à TAP.

« Dans la région de Mednine (sud de la Tunisie), j’ai découvert, à travers mon expérience au sein du CRDA (Commissariat régional de développement agricole) que 60% des terres agricoles sont abandonnées. C’est un capital de production agricole gaspillé et qui peut être exploité à travers ma plateforme». L’idée est, selon Henchir, très innovante.

Le volet agricole, et si on en parle ?

Elle pourrait résoudre le problème d’abandon des terres agricoles et aussi attirer les jeunes qui boudent de plus en plus l’agriculture, vers des projets dans le secteur.

« Si je réussis à développer davantage mon projet, je pourrais employer, en une première phase, plus de 200 personnes. Car, il comprend un volet mécanique, un volet informatique et un volet agricole. Ça pourrait impliquer des coopératives, mobiliser des drones pour le suivi à distance des travaux de la terre, de la pousse et du développement des cultures », promet le jeune ingénieur.

Concernant le prix de ces services agricoles à distance, Henchir estime qu’ils «demeurent toujours mieux qu’un déplacement sur le terrain avec ce qui en découle comme coût de transport, effort physique et perte de temps ».

Pour lui, c’est la solution idéale dans le contexte actuel du coronavirus et c’est une « anticipation pour la future digitalisation et le mariage espéré entre le monde agricole et technologique ».

Houssemeddine Henchir a déjà gagné le trophée de la compétition HACKATHON dans le salon « Riyeda 2020 », récompensée par la GIZ et reçu le 2ème prix de la compétition « Tunisia Agritech challenge » au cours du salon SIAMAP 2019.

En Tunisie, 80% des petits exploitants agricoles ont plus de 50 ans. Les jeunes continuent de bouder l’agriculture, du moins, classique, car elle demande beaucoup d’investissement et de sacrifices.

L’Etat encourage, à cet effet, les jeunes à investir dans l’agriculture moderne et de plus en plus de start-up travaillent aujourd’hui, dans le domaine prometteur de « l’agritechnologie».

Avec TAP

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