Scandale des sacs en plastique : une affaire qui sent le soufre

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En contradiction totale avec la politique environnementale de l’Etat, la décision prise par deux ministres d’autoriser l’utilisation des sacs en polypropylène dans l’emballage du ciment ne cesse de soulever des remous. Un remake de l’affaire du conflit d’intérêts dont M. Fakhfakh est soupçonné ?

Chasse aux sorcières ou soupçon de conflit d’intérêts ? L’affaire de l’emballage du ciment dans des sacs en plastique ne cesse de prendre de l’ampleur. Eclaboussant sur son passage le parti Attayar et son secrétaire général Mohamed Abbou. Ainsi que le ministre de  l’Industrie et des PME, Salah Ben Youssef. Lequel  traîne encore la casserole de l’affaire des bavettes jetables.

Atteinte à l’environnement

A l’origine de cette affaire, un arrêté signé conjointement par le ministre de l’Industrie et des Petites et moyennes entreprises et par le ministre du Commerce et qui autorise l’utilisation des sacs en polypropylène en complément des sacs en kraft dans l’emballage du ciment.

Sachant que l’emballage de ce produit se faisait traditionnellement dans des sacs en papier. De plus, cette décision va à l’encontre de la politique environnementale de l’Etat en matière de lutte contre la pollution par les matières plastiques.

Pourtant, le ministre de l’Environnement, Chokri Ben Hassen, avait annoncé que l’interdiction des sacs en plastique entrerait en vigueur à partir de 2021 pour les producteurs, fournisseurs et utilisateurs.

Un marché suspect ?

Criant au scandale, le député Yassine Ayari soupçonne « l’existence d’un marché suspect derrière cette décision. Ainsi que l’implication du parti Attayar dans une affaire de corruption ».

En effet, dans un post Facebook, le député de la première circonscription de France a avancé que : « Nasr Ali Chakroun, un homme d’affaires propriétaire d’une entreprise de production de sacs en plastique, Bio Pack, filiale du groupe 3 S, aurait financé la campagne électorale d’Attayar. Lequel parti aurait, en retour d’ascenseur, facilité la décision prise par le ministère de l’Industrie d’autoriser l’utilisation des sacs en plastique pour emballer le ciment ».

Démenti

Réaction immédiate, hier mardi 18 août 2020, du parti Orange qui nie toute implication dans cette affaire, annonçant à l’occasion porter plainte contre Yassine Ayari pour « diffamation et propos mensongers ».

Pour sa part, le ministre de l’Industrie et des PME, Salah Ben Youssef, a argué que ces sacs, utilisés également par l’industrie agroalimentaire pour l’emballage de la semoule et de la farine « étaient réutilisables et recyclables ». Il explique que cela permet « de réduire drastiquement les coûts de l’industrie du ciment ». Des coûts qui ont « augmenté de façon significative depuis la suspension des subventions sur l’électricité à destination du secteur ».

Revenant sur les accusations de conflit d’intérêts lancées à son encontre. Selon lesquelles il serait actionnaire minoritaire et gestionnaire dans un groupe d’entreprises. Dont l’une est spécialisée dans l’emballage. Salah Ben Youssef a expliqué  que ladite entreprise d’emballage était spécialisée dans la fabrication de sacs biodégradables. Impropres à l’utilisation dans l’industrie du ciment.

Avouant à l’occasion disposer  d’une seule action sur 20 000. Dont il avait finalisé la vente en juin après avoir consulté le Tribunal administratif. Et ce, après sa nomination au ministère.

Une affaire visqueuse

Que dire enfin de cette affaire qui sent le soufre ? Que les arguments présentés par le ministre de l’Industrie et des PME ne sont pas très convaincants. Car l’argument selon lequel il a autorisé l’utilisation des sacs en polypropylène afin de réduire les coûts des cimenteries ne tient pas la route. L’emballage pèse très peu dans le prix global d’un sac de ciment.

De plus, le ministre réfute la question de conflit d’intérêts avec l’homme d’affaires Nasr Ali Chakroun. Mais il avoue détenir une action.

Morale de l’histoire. Un ministre devrait couper court à l’interférence de la chose publique avec les affaires  privées.  Pour cela il n’y a que deux clés : la transparence et la probité.

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