Zouhaïr Maghzaoui : un gouvernement sans Ennahdha est possible et même souhaitable

maghzaoui - l'économiste maghrebin

Dans une interview accordée à une radio locale, le SG du mouvement Echaab Zouhaïr Maghzaoui a soutenu qu’il sera désormais possible que le prochain gouvernement se fasse sans la participation du parti de Rached Ghannouchi. « Et c’est mieux pour la Tunisie », a-t-il conclu.

« Il n’est pas écrit dans le ciel que le mouvement Ennadha soit représenté dans tous les gouvernements. D’ailleurs la Constitution tunisienne permet au chef du gouvernement de former une équipe gouvernementale sans le parti islamiste ». C’est ce que déclarait Zouhaïr Maghzaoui dans son intervention hier mercredi sur les ondes de la radio Shems FM.

Pour rappel, Maghzaoui, avait été reçu avant hier à Dar Dhiafa, par le chef du gouvernement désigné, Hichem Mechichi. Et ce, dans le cadre des concertations avec les partis politiques représentés dans l’hémicycle à propos de la formation du prochain gouvernement.

Manipulation

Riche de l’expérience gouvernementale que son parti a eue en côtoyant le parti de Rached Ghannouchi au sein du gouvernement d’Elyes Fakhfakh, le SG du mouvement Echaab en a tiré une conclusion. « La politique du parti islamiste était faite de manipulation et de duplicité ». « Ennahdha ne voulait pas gouverner avec des partenaires, mais les utiliser pour servir ses dessins ». C’est ce qu’il assure en arguant que la solution consiste à garder le mouvement islamiste à l’extérieur du gouvernement. Et c’est tout à fait possible aujourd’hui du fait de son poids parlementaire ».

Et de conclure: « Un gouvernement sans Ennahdha serait mieux pour la Tunisie. » Maghzaoui souligne à l’occasion que « le parti islamiste au pouvoir depuis neuf ans a échoué sur tous les plans. Il n’a réussi qu’à susciter la peur chez les citoyens. Toutes les tragédies que la Tunisie a connues relèvent de la responsabilité principale de ce parti. »

Selon Zouheir Maghzaoui, il a été prouvé, par un simple calcul, que lors que lors de la plénière consacrée à la motion de destitution de Rached Ghannouchi de la présidence de l’ARP, Ennahdha et son allié Al Karama ne disposent que de 73 sièges au Parlement, soit presque le tiers des voix. Alors que l’opposition avait pu réunir sous sa bannière 97 bulletins de vote. Sans parler de ceux du parti de Qalb Tounes.

Choix tactique ou opportunisme politique?

Il convient de souligner à ce propos que, comme lors des concertations avec Elyès Fakhfakh, Maghzaoui a révélé que son mouvement ne s’oppose pas à une éventuelle participation du parti du sulfureux Nabil Karoui au prochain gouvernement. Sous prétexte que la corruption « existe partout en Tunisie ». Drôle de logique d’un dirigeant politique qui fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille !

Et quelle sera la vision du parti Echaâb quant au nouveau gouvernement? Zouhair Maghzaoui a précisé qu’il opte pour un gouvernement « fort tout en étant social ». Un gouvernement capable de résoudre les problèmes sociaux et de répondre aux attentes du peuple. « La démocratie politique doit être couplée à la démocratie sociale. Sinon le système politique sera gangrené par la corruption », prévient-il.

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