Elyes Kasri: « La conjoncture de notre région ne permet plus des choix approximatifs »

Elyes Kasri

Faut-il penser à un remaniement ministériel ou à la formation d’un nouveau  gouvernement? C’est ce qui se raconte en coulisses ou via les réseaux sociaux… Car aujourd’hui, le pays se retrouve dans une situation de fragilité impacté par la Covid-19.

Ainsi, Elyes Kasri, ancien ambassadeur de Tunisie au Japon,  en Allemagne et à Séoul, apporte son éclairage. Il souligne: « Alors que les jours du gouvernement Fakhfakh semblent comptés, la question de l’alternative se pose avec une acuité particulière. Dans un pays saigné à blanc par une décennie de mauvaise gouvernance et de corruption endémique. »

En outre, « le confinement imposé par le coronavirus et ses répercussions sur l’économie nationale et nos principaux marchés et partenaires étrangers ont enfoncé plus profondément l’économie nationale. Et nous rapproche dangereusement de la déflagration sociale.
De plus, le pourrissement de la situation en Libye avec l’intrusion musclée de la Turquie et ses supplétifs islamistes qui se sont illustrés en Syrie par leur barbarie sanguinaire. Et la récente attaque contre la base militaire de Wadya, à quelques dizaines de kilomètres de nos frontières. Tout cela présage une guerre régionale par milices interposées. Et peut-être même par des forces régulières qui feront des zones proches des frontières tunisiennes un théâtre de guerre régionale dévastatrice », déclare-t-il.

Alors, « dans cette conjoncture exceptionnellement grave, le président Kaïs Saïed a l’obligation historique de faire le meilleur choix possible. Et ce, quant au prochain chef du gouvernement », ajoute-t-il. Car, il est clair que les défis sont de taille, en particulier sur le plan socio-économique.

De ce fait, Elyes Kasri souligne: « A mon humble avis, compte tenu de la nature des défis auxquels se trouve confrontée la Tunisie, deux noms émergent du lot. Avec l’expérience, la crédibilité et l’intégrité requises; a savoir Ghazi Jribi et Mongi Hamdi. Juriste et ancien ministre de la Défense nationale et de la justice, Ghazi Jribi pourrait mener la politique de moralisation de la gouvernance nationale. Tout en étant suffisamment au fait des exigences de la sécurité et de la défense nationales. Lesquels sont des gages de stabilité et de survie de l’Etat tunisien. »

L’heure est grave 

« Tandis que Mongi Hamdi dispose de son expérience à la tête du ministère des Affaires étrangères et au sein des Nations Unies. Il saura positionner la Tunisie sur l’échiquier international. Notamment dans la gestion de la crise libyenne et le scénario de reconstruction des institutions et de l’infrastructure de ce pays voisin. Il saura également négocier avec nos partenaires étrangers. Et ce, sur les mécanismes de soutien et de financement nécessaires à la relance de l’économie nationale. »

En somme, il conclut: « Ghazi Jribi et Mongi Hamdi sont unanimement respectés. Et ce, pour leur compétence professionnelle et leur intégrité morale. Ainsi que leur absence d’affiliation partisane et d’antagonisme idéologique. Qualités qui semblent de plus en plus rares dans notre pays. La conjoncture très critique de la Tunisie et de notre région ne permet plus des choix approximatifs. Comme cela a été le cas depuis 2011. L’heure est grave et le bon choix du prochain chef de gouvernement est la dernière chance de salut de la Tunisie. »

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