Tunisie – Désactivation brutale de Facebook : une étrange affaire !

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Crédit photo: Chris Ratcliffe | Bloomberg | Getty Images

S’agit-il d’une simple panne technique ou d’une grave affaire de contrôle d’ordre politique ? Le fait que Facebook ait procédé ce week-end à la désactivation d’une vingtaine de comptes d’influenceurs, de journalistes et de militants de la société civile, jette une zone d’ombre sur cette affaire.

Etrange affaire: sans crier gare, Facebook, le plus grand réseau social du monde, vient de supprimer brutalement, dans la nuit 29 au 30 mai, une vingtaine de comptes d’influenceurs, de journalistes et de militants de la société civile, avant de les rouvrir, quelques heures plus tard, sans plus de précisions.

« C’est quoi cette histoire, qui peut m’éclairer ? »

« Plein de comptes tunisiens ont été fermés ce soir, et pas seulement des influenceurs. On connaît déjà les suspensions suite à des signalisations massives, mais ça ne se passe pas comme ça d’habitude », s’est exprimé le chroniqueur Haythem Mekki sur son compte Twitter.

Idem pour la bloggeuse Sarah Ben Hamadi : « Mon compte Facebook vient d’être désactivé pour des raisons que j’ignore totalement, et on me notifie que « cette décision est définitive » quand j’essaie de m’y reconnecter. Qui peut m’éclairer ? C’est quoi cette histoire ? Et comment le récupérer ? », s’est-elle interrogé sur son compte Twitter.

L’affaire aurait pu passer pour anodine si la mesure ne concernait pas, au même instant, plusieurs dizaines de personnalités, notamment des blogueurs influents du Printemps arabe en Tunisie;  tels que Bendir Man, Tayeb Jaaba, Wala Guesmi, la présidente de l’association « Les jeunes décident ».

Pour rappel, les tenants de ces comptes avaient reçu des notifications selon lesquelles ils n’auraient pas respecté les règles de Facebook, chose qui leur avait coûté la désactivation définitive de leur compte.

A souligner également que cette série de suspensions de compte n’a pas touché que des Tunisiens. Puisque d’autres influenceurs, à l’instar d’un blogueur-journaliste suisse, qui a très vite pu récupérer son profil.

Explications abracadabrantes

Réagissant à ce tollé de protestations, le réseau de Mark Zuckerberg explique dans un communiqué datant du 28 mai 2020, qu’il veut « être sûr que le contenu que vous voyez sur Facebook provient de personnes réelles et non de bots informatiques ou de personnes qui cherchent à cacher leur identité ».

Et d’ajouter: « Depuis 2018, FB a commencé à vérifier l’identité de personnes gérant des pages à grande audience. Une campagne de vérification que le réseau social a décidé d’étendre à certains profils. Ayant un important nombre d’amis et d’abonnés. »

Combattre les fake news ?

Pour sa part, le journaliste spécialisé en Techs et New Media, Mohamed Ali Souissi, penche pour « une énorme politique de vérification ». Elle serait « lancée afin de combattre les fake news ». Et ce, « à environ cinq mois des élections américaines et afin d’éviter un scandale semblable à celui de ‘Cambridge Analytica’. Où Facebook avait fait l’objet de plusieurs accusations ».

« Une politique de vérification qui vise les comptes Facebook qui ont un grand nombre d’abonnés. Sur lesquels on exerce une importante influence à travers les différentes publications », a-t-il souligné.

Rappelons pour conclure qu’on compte en Tunisie 7,3 millions de comptes en 2019. Ainsi que 4,1 millions d’utilisateurs de Messenger pour 11,9 millions d’habitants. Ce qui confère un immense pouvoir à la firme tentaculaire du géant de la Silicon Valley.

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