Quand va-t-on ouvrir les yeux sur la question des addictions en Tunisie ?

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L’Aïd el- Fitr est une fête qui marque la fin du mois sacré du Ramadan. Elle est censée apporter la joie et rapprocher tous ceux qui la célèbrent. Seulement cette fête est souvent assombrie par des événements tragiques tel celui de Hajeb El Ayoun ( gouvernorat de Kairouan), où de nombreuses personnes ont été intoxiquées par de l’alcool frelaté.

Le bilan de cette tragédie est de 66 personnes victimes dont 7 morts, et 33 dans un état critique. L’alcool consommé est de fabrication artisanale. Il contenait du méthanol à l’origine de l’intoxication. Pouvant conduire à la cécité, à un état comateux et même être fatale par détresse respiratoire.

Si cet événement peut interpeller par sa gravité, il n’en demeure pas moins que le recours à la consommation d’alcool frelaté et d’alcool à brûler n’est pas rare en Tunisie. Certains consommateurs y recourent pour leur prix peu élevé en dépit du danger auquel ils s’exposent.

Par ailleurs, s’il n’est pas possible à l’heure actuelle d’en savoir davantage sur les motivations des victimes, il est très probable que certains d’entre eux souffrent de réelle dépendance à l’alcool.

Une maladie à part entière

Cette tragédie à propos de laquelle la Société Tunisienne D’addictologie s’est exprimée, met la lumière sur une situation souvent mise sous silence. Les troubles liés à l’usage de substances ou dépendances est un problème de santé publique. Il touche toutes les couches de la société. Seulement il s’agit d’une réalité qui dérange. Car s’il y a d’un côté des problèmes de dépendance (à l’alcool ou aux drogues) il y a d’un autre côté une forte condamnation des personnes qui en sont atteintes.

La dépendance est une maladie à part entière. Les preuves scientifiques ne manquent pas pour le prouver. Pourtant, force est de constater que le nombre de personnes en demande de soins ne fait qu’augmenter en Tunisie, contrairement au nombre de structures de prise en charge des addictions qui reste très inférieur aux besoins exprimés. Notamment dans les régions de l’intérieur.

La sensibilisation du grand public au centre de la lutte contre les addictions aurait pourtant pu éviter un tel drame. En encourageant les individus à consulter. En informant sur les dangers des substances psychoactives dont ceux de l’alcool. Et surtout à proposer un soutien que ce soit par le biais des structures de santé ou les organisations de la société civile.

Vu son importance, la lutte contre les addictions devrait s’inscrire dans le cadre d’un effort national. Il y va de l’avenir de nos générations futures.

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