« La Tunisie a apporté une réponse sociale adéquate à la crise du Covid-19 »

Lila Pieters Covid
Lila Pieters, Coordonnatrice Résidente a.i en Tunisie

Lila Pieters, Coordonnatrice Résidente du Système des Nations unies en Tunisie, a accordée une interview à l’Economiste Maghrébin.

Elle a apporté, dans le cadre de cette interview, de précieux éclairages sur l’assistance fournie par les Nations unies à la Tunisie en cette période crise du Coronavirus (Covid-19) et sur les premiers enseignements tirés de cette pandémie.

En sa qualité d’ancienne Représentante du bureau de l’Unicef en Tunisie, elle a évoqué les conclusions d’études menées en partenariat avec le gouvernement tunisien sur la protection des personnes vulnérables, particulièrement, des enfants de 0 à 5 ans. Elle a donné, par ailleurs, son point de vue sur des questions majeures touchant au décrochage scolaire, sur l’attractivité de l’informel pour les jeunes et sur la baisse du niveau scolaire.

Comment l’Organisation des Nations unies (ONU) a-t-elle réagi à la pandémie du Covid-19 ?

Dans son intervention, le secrétaire général de l’ONU, a lancé quatre à cinq principaux messages. Le premier message appelle au renforcement des systèmes de santé de base, voire des centres communautaires de santé, et ce, dans le but de consolider leurs capacités.

Le deuxième consiste à protéger les gens. Il s’agit de mettre en place des systèmes de protection sociale devant sauver et prémunir, particulièrement, les personnes vulnérables, c’est-à-dire tous les laissés-pour-compte : pauvres, femmes rurales, enfants, handicapés, sans-abri… En Tunisie, il y a, à ce sujet, un projet de loi sur la protection sociale qui a été soumis au parlement par l’ancien gouvernement. Deux agences de l’ONU, le BIT et l’UNICEF, et la Banque mondiale ont apporté leur contribution à la mise au point de ce système.

Ce système se propose d’atteindre quatre objectifs : s’assurer que tout le monde ait droit à la santé universelle, lutter contre la recrudescence du chômage, assister les personnes vulnérables (personnes âgées…) et apporter une protection multidimensionnelle aux enfants. Nous pensons, pour le cas de la Tunisie, que ce pays dispose d’un bon système qui mérite d’être renforcé. Nous espérons que cette loi sera adoptée et appliquée progressivement.

Le 3ème message consiste à renforcer le système éducatif, universitaire, la formation en général. On a besoin de tout le capital humain.

Le 4ème message tend à lutter contre le secteur informel qui prend des proportions énormes. Je salue le gouvernement tunisien qui est en train de tout digitaliser. Car, la digitalisation est la meilleure panacée contre l’informalité tant elle permet une meilleure distribution du budget de l’Etat, et, partant, une meilleure protection des citoyens sans distinction aucune, et surtout, une meilleure prise en charge des personnes qui opèrent dans le secteur parallèle, tout autant que les membres de leurs familles.

Je voudrais préciser que la protection sociale dont on parle ici ne doit pas être assimilée à la compensation. Beaucoup de pays ayant le même degré de développement que la Tunisie sont parvenus à s’en débarrasser. C’est le cas du Maroc, à titre indicatif. La Tunisie peut faire de même car certaines subventions sont incompréhensibles.

Ainsi, il est compréhensible que le gouvernement tunisien subventionne les bonbonnes de gaz au profit des démunis mais il est inadmissible qu’il subventionne les hydrocarbures. Le 5ème message concerne l’action à entreprendre au plan multilatéral.

Il s’agit de faire en sorte que les gouvernements accèdent à des prêts à des taux préférentiels à même de les aider à reconstruire l’économie après la crise. Pour cela, certains pays ont besoin de garanties pour obtenir ces crédits. A titre d’exemple, la Tunisie peut mieux négocier ses sorties sur le marché financier international privé si jamais elle bénéficie de garanties de pays partenaires riches comme les Etats-Unis ou le Japon.

Pour réaliser tous ces nobles objectifs, ne pensez-vous pas qu’ il faudrait relancer, en priorité, la croissance ?

ll y a une part de vérité dans ce que vous dites, mais il n’y a pas que la croissance. Dans un autre message, le secrétaire général de l’ONU a parlé de la relance économique. Il s’agit, certes, de sauver les emplois économiques mais surtout d’aider les petites et moyennes entreprises. Car ces PME, c’est toute une chaîne.

Elles constituent en Tunisie la valeur ajoutée de l’économie du pays. Ces PME dont les startups ont créé l’exploit lors de la pandémie en mettant au point des robots pour détecter le Covid-19.

Cela pour dire qu’avec ce tissu de PME, la Tunisie engrange, désormais, de cette matière précieuse qu’est lamatière grise. Pour en tirer le meilleur profit, il suffit de libéraliser le système économique, de le moderniser et de changer dans cette perspective la façon de faire. Nous pensons qu’au lieu de sauver les grandes entreprises, il faut, d’abord et en priorité, sauver les PME.

L’ONU s’est elle inquiétée, à un certain moment, d’éventuelles complications ?

On a eu trop peur d’avoir une crise alimentaire. Car ce qu’on a vu avec la pénurie des équipements médicaux (masques, lits et matériaux médicaux), on aurait pu le voir, facilement, dans le domaine des denrées alimentaires, particulièrement des céréales. La

Tunisie, qui importe 40% de ses besoins en céréales, a bien fait de commander très tôt ses besoins auprès de ses fournisseurs habituels.

Quels sont les premiers enseignements que vous avez tirés de la pandémie du Covid- 19 ?

Les plus visibles pour le moment sont au nombre de trois. Premièrement, cette crise sanitaire, qui a généré une crise économique et sociale mondiale, a montré qu’il y a partout, que l’on soit à Tunis ou à Toronto, des populations vulnérables. Le message est on ne peut plus clair. L’enjeu est de renforcer, en toute urgence, les systèmes de protection sociale en place.

Deuxièmement, cette crise a révélé que les travailleurs les moins valorisés socialement et les plus mal payés, ce sont eux qui ont joué un rôle déterminant dans la protection des gens et leur approvisionnement quotidien. Il s’agit, notamment, des agents de santé, des personnes qui travaillent dans les supermarchés et qui assurent notre nourriture, des gens qui nettoient nos rues et enlèvent nos ordures alors que nous sommes tous confinés.

Troisièmement, le Covid- 19, avec 3 millions de personnes affectées et 300 mille morts, a généré une grave crise socioéconomique, avec comme corollaire, la perte d’emplois pour un grand nombre de travailleurs. C’est du jamais vu. Du jour au lendemain, il y a plein de gens qui ne peuvent pas payer leur loyer, qui ne peuvent pas acheter un repas pour leurs enfants.

Moralité de l’histoire : la crise Covid-19 a touché chacun de nous. On connaît tous autour de nous quelqu’un qui a été affecté par le Covid-19.

Selon vous, est-ce que la découverte d’un vaccin va prendre encore du temps ?

Avec les progrès technologiques, nous espérons qu’on va trouver un vaccin. Ce qui va prendre, au minimum, une année. Partout dans le monde, les laboratoires de plusieurs pays y travaillent.

Empressons-nous de signaler, ici, il faut que ce vaccin soit mis à la disposition de la planète et à des prix accessibles à tous les pays. C’est à l’ONU de jouer son rôle, à ce propos.

En attendant, il faut continuer à investir dans les remèdes. Et cela est primordial. On a besoin de renforcer les systèmes régulateurs nationaux. Cela est clair et net. Il faut renforcer le système de base. C’est aussi une belle opportunité pour renforcer toutes les pratiques d’hygiène. Car si on se lave les mains au savon et qu’on a accès à l’eau on peut tout faire. Il faut qu’on investisse dans l’hygiène.

Concrètement, en quoi a consisté l’aide apportée par les agences spéciales de l’ONU à la Tunisie en cette période de crise du Covid- 19 ?

Dans le contexte du Covid-19, il y a eu la Banque mondiale qui a fait une étude d’impact. Cela a permis de mettre en place des plans pour soutenir et mobiliser les ressources financières requises et il y a eu la réponse santé par l’OMS et l’Unicef pour relancer le système de santé.

Il y a eu la réponse sociale à travers une action extraordinaire en matière de communication. Il s’agit de hotlines mis au point en partenariat entre le gouvernement, les Nations unies et le secteur privé. Ces actions de promotion ont touché les migrants, la santé, la violence contre les femmes, les enfants et les familles. Il y a eu la réponse éducationnelle. Le ministère de l’Education a sollicité l’aide des Nations unies.

Point d’orgue de ces actions, le programme « construire mieux ». Il se propose d’améliorer les conditions de l’emploi, de réduire le secteur informel, d’assister les PME et de les aider à accéder à des plateformes. Il s’agit, globalement, d’outils d’accompagnement.

C’est le cas du PNUD qui se propose de soutenir les femmes qui veulent créer des petits business. Rappelons que les femmes artisanes sont les premières victimes du Covid- 19. Par l’effet de la crise, elles n’ont pas pu vendre leurs produits et elles n’ont pas accès à la technologie. Le PNUD va créer une plateforme digitale qui va leur permettre, non seulement de vendre leurs produits, mais aussi d’accéder aux instruments techniques.

Par-delà ces actions conjoncturelles, les agences spécialisées de l’ONU (PNUD, BIT, Unicef, OMS, FNUAP, HCR, Unesco, Haut Commissariat aux droits de l’Homme…), vont continuer leur coopération traditionnelle avec la Tunisie dans les domaines de l’économie, de l’emploi, l’institution de l’Etat de droit, le renforcement de l’indépendance de la justice, la sécurité, la santé, l’éducation, la violence perpétrée contre les femmes et les enfants, l’agriculture, la chaîne alimentaire, la problématique des migrants…

Et à propos de l’aide financière qu’en est-il ?

Je pense que la stratégie de confinement va coûter très cher à la Tunisie et à son économie mais la pandémie a lancé un bon message pour l’après-confinement. Je crois que le gouvernement actuel est tout à fait conscient de la gravité de la situation, et ce, contrairement à l’ancien gouvernement. Il a beaucoup investi dans la santé et la prévention. Tout de suite, il a priorisé les investissements, ce qui a permis au ministère de la Santé d’acheter plein d’équipements.

Les Tunisiens ont été solidaires à travers le Fonds 1818 et les bailleurs de fonds ont été prompts pour aider la Tunisie.

Votre pays est, ainsi, le premier pays à avoir bénéficié de l’Instrument de financement rapide (IFR) du Fonds monétaire international (FMI), instrument créé spécialement pour répondre aux besoins urgents de financement du budget et de la balance des paiements, causés par la pandémie de Covid-19.

Comme la tradition le veut, le reste des bailleurs de fonds et des partenaires de la Tunisie ont suivi le mouvement et ont fourni à la Tunisie d’autres ressources à cette même fin. Ces apports financiers ont permis à la Tunisie de continuer à payer les salaires, d’apporter une réponse sociale. Nous pensons que la Tunisie est un pays modèle en matière de gestion du Covid-19, et ce, que vous le vouliez ou pas.

La grande question qui se pose est de s’interroger sur l’affectation de ces ressources ? Est-ce qu’elles seront dédiées à l’investissement ou aux dépenses ?

Je partage à ce sujet l’approche de responsables tunisiens avec lesquels j’ai évoqué cette problématique. D’après cette approche, s’il y a un problème d’investissement en Tunisie c’est parce qu’il y a un problème d’absorption, plus exactement de capacité d’absorption.

Il faut reconnaître qu’en Tunisie, il y a des secteurs qui ont bénéficié de beaucoup de prêts contrairement à d’autres. A titre indicatif, le secteur de la santé est un secteur pauvre. Il n’a pas profité des emprunts extérieurs.

A l’exception de l’Union européenne qui lui a fourni un financement, il y a très peu de prêts dédiés par l’Etat au secteur de la santé. Heureusement, avec le Covid-19, il y a un retour à l’investissement des bailleurs de fonds dans la santé. Les Américains l’ont programmé bien avant le Covid-19.

La Tunisie qui était, auparavant, avant-gardiste en matière de santé devrait retrouver sa place d’antan et réinvestir dans le secteur public. Avant votre nomination, au début de cette année, à la tête du système des Nations unies (SNU) en Tunisie, vous avez contribué en tant que représentante du bureau de l’Unicef dans notre pays, à une étude sur l’enfance qu’en est-il exactement ?

LP.- Cette étude technique a été menée en partenariat entre le gouvernement tunisien, l’Unicef et la Banque mondiale. Selon les projections de cette étude, si on donne 36 dinars par mois par enfant, ce qui va toucher tous les enfants de 0 à 5 ans, sans distinction de classe sociale. En effet, l’objectif est d’atteindre un stade de cohésion sociale acceptable en Tunisie ce qui va permettre à tous les enfants d’être sur un pied d’égalité et de ne pas se sentir discriminés. Par ailleurs si le gouvernement peut donner des suppléments aux enfants les plus pauvres, ce serait encore mieux.

L’ultime but est de permettre à tous les enfants tunisiens de se développer normalement. Ces enfants de 0 à 5 ans vont avoir tous accès à la vaccination, à une nourriture appropriée, à un encadrement préscolaire, ce qui permettra aux femmes qualifiées et qui sont obligées de rester à la maison pour garder les enfants de s’occuper autrement. Avec cet argent on va stimuler l’économie, créer par effet d’entraînement une dynamique d’emploi et de petits jobs.

Ainsi, la maman qui reçoit 36 dinars par mois, pour ses enfants, elle va l’investir pour ses enfants. C’est la meilleure réponse contre le décrochage scolaire qui se chiffre par l’abandon de 10000 élèves par an. Cela pour dire qu’il y a là un programme qui peut contribuer à réduire la pauvreté sur le long terme.

Est-il besoin de rappeler, ici, que les enfants en Tunisie sont plus pauvres que les adultes. Il faut se pencher sur la grosse problématique de la pauvreté. Aujourd’hui en Tunisie, 1 enfant sur 4 vit dans la précarité. Pour garantir au programme précité le succès requis, il faut l’accompagner.

Ce qui signifie l’organisation de campagnes régulières aux fins de former, d’informer et d’expliquer aux communautés ciblées le bien-fondé de ce programme. Il s’agit aussi d’assurer le suivi et le contrôle de ce même programme.

Quelque part, est-ce qu’un tel programme ne va pas encourager la natalité ?

Tout le monde avec qui j’ai parlé m’ont fait la même remarque. Je leur ai répondu que c’est prouvé, cela ne contribue nullement à la recrudescence de la natalité. Pour cause, partout dans le monde, on constate un recul net de la natalité. La marge d’erreur est minime.

Mieux, on a constaté qu’avec l’avènement du Covid-19, dans les pays qui investissent dans la protection sociale, particulièrement, les pays de l’OCDE (Corée du Sud et autres), leur premier réflexe a été de mettre à jour leurs programmes sociaux. La Tunisie a fait la même chose. Elle a accéléré sa base de données des familles vulnérables.

Vous avez étudié également les raisons du décrochage scolaire et de la baisse du niveau scolaire en Tunisie, n’est-ce pas ? Voudriez-vous nous parler de vos conclusions sur cette question ?

En Tunisie vous avez un problème de garçons. Il y a trop de garçons. 50% des enfants qui interrompent leur scolarité sont des garçons. Dans certaines régions, il y a un problème de filles mais le gros problème réside dans les garçons lesquels en pleine crise d’adolescence ont des problèmes de communication, de conflit des générations et d’accrochage à la drogue. Le phénomène de décrochage touche particulièrement les garçons. Ces derniers, soucieux d’autonomie financière, sont attirés par le cash et le trafic qu’offrent facilement le secteur informel (30 à 35% de l’économie du pays).

Concernant l’éducation, le souci qu’on a en Tunisie c’est la qualité de l’éducation. Si on a autant d’enfants qui abandonnent l’école et si les résultats au baccalauréat sont si faibles, c’est qu’il y a un gros problème de qualité.

En Tunisie, nous avons un système d’éducation à deux vitesses avec des lycées pilotes et des établissements privés performants d’un côté et de l’autre, des établissements publics à faible et moyen rendement ?

Pour ce qui est du système des lycées pilotes, personnellement je ne comprends pas qu’on continue à les maintenir. Les lycées pilotes sont les mieux équipés. Ils ont les meilleurs professeurs et les meilleurs élèves.

Tous les enfants, ceux moyens et ceux en dessous de la moyenne sont mis ensemble. En principe, dans une classe il faut mélanger les bons et les mauvais. Alors qu’est-ce qu’on fait ?

Toutes les ressources, on les donne aux lycées pilotes pour garantir un meilleur niveau aux promus qui sont dédiés aux facultés de Médecine et aux écoles d’ingénieurs. Mais avec le reste, c’est-à-dire la masse, l’Etat fait preuve d’austérité et contribue ainsi à la baisse du niveau scolaire. A ce propos, il faut lever un malentendu. Ce n’est pas le professeur qui est en question ici, c’est le niveau de la classe.

L’enseignant pour élever le niveau de sa classe a besoin d’un meilleur niveau de ses élèves et non d’élèves en difficulté. Même si par principe, j’estime qu’il n’y pas d’enfants qui soient mauvais.

Ici, en Tunisie on met tous les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage ensemble alors que les meilleurs, ceux qui doivent tirer par le haut le niveau de la classe, on les enlève et on les inscrit dans des établissements pilotes. Le résultat est là : le niveau baisse parce qu’il n’y pas eu d’investissement dans la qualité.

C’est malheureusement le tribut de la bureaucratie dont souffre le pays depuis longtemps et qui entrave tout effort de réforme du système éducatif de santé et de bien d’autres départements ?

Vous n’êtes pas les seuls à connaître ce phénomène. Tous les pays sont passés par cette étape. Pour alléger le poids des fonctionnaires et de la bureaucratie, il faut investir dans le secteur privé, y créer des emplois décents et y réunir des conditions de travail et de protection sociale similaires à celles qui prévalent dans le secteur public. C’est à cette seule condition que le secteur privé deviendra plus attractif.

Car ce que cherchent les travailleurs potentiels, ce n’est pas seulement le salaire mais surtout l’environnement, le respect, la motivation. A tous ces facteurs il faudrait ajouter la responsabilité sociale de l’entreprise et son rôle dans l’encadrement social des travailleurs (crèches, transport, salle de sport…).

Votre dernier message ?

Soyez moins sévère et plus généreux envers votre pays et ayez confiance en vous-mêmes. La Tunisie est un beau pays qui regorge de gens extrêmement éduqués et ingénieux. Le mot d’ordre est clair : il faut se prendre en main et positiver.

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