Tunisie : la « distanciation » ne date pas du Coronavirus

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En Tunisie, la technique de la distanciation n’est pas nouvelle. Elle ne date pas du coronavirus. La crise du Covid-19 l’a bien clairement montrée.

La situation de l’infrastructure sanitaire est un élément qui prouve de nouveau l’échec de la « discrimination positive ». C’est un slogan scandé depuis la révolution par les précédents gouvernements. Ils n’ont pas permis à la Tunisie de se reconstruire!

Au cours des deux mois de mars et avril 2020, le pays a vécu sur l’impact d’un type de mouvements particuliers. Les protestations étaient principalement liées à la situation épidémiologique. Mais aussi aux évolutions que le pays connaît.

Selon un récent rapport publié par le FTDES, la plupart des hôpitaux régionaux des gouvernorats intérieurs ont vécu, pendant le mois de mars 2020, sous l’impact des protestations des cadres médicaux et paramédicaux. Comme dans les hôpitaux régionaux de Gafsa, Béja, Jendouba, Kairouan, Siliana, Le Kef et Médenine… Ils exigeaient la mise à leur disposition de matériels de prévention, de masques et de gants. Ils ont condamné la situation catastrophique des hôpitaux et du système de santé en général.

Les contestations sociales et les mouvements les plus importants ont même inclu les hôpitaux universitaires. Elles ont été enregistrées à l’hôpital universitaire Farhat Hached, dans le gouvernorat de Sousse. Et ce, lors du traitement du premier cas de coronavirus (COVID-19) en Tunisie, transféré du gouvernorat de Gafsa le mars 2020. En effet, la crise du coronavirus a clairement dévoilé le déséquilibre en matière d’infrastructure sanitaire entre les différents gouvernorats du pays.

Selon l’ancienne ministre de la Santé Samira Meraï, la Tunisie compte seulement 240 lits de réanimation dans les hôpitaux publics. Certains d’entre eux ne fonctionnent pas par manque de personnel. Mais où se trouvent ces lits? Les gouvernorats côtiers accaparent la part du lion en nombre de lits de réanimation. A l’exception du gouvernorat de Zaghouan qui dispose de six lits, 16 gouvernorats du pays ne disposent d’aucun lit de réanimation!

Améliorer la situation des hôpitaux

Pour faire face à ce manque chronique en financement et en infrastructure sanitaire (matériels et en ressources humaines nécessaires) lors de la crise du Covid-19, plusieurs personnes contaminées originaires des zones intérieures ont été transférées vers des hôpitaux des autres gouvernorats où les autorités ont décidé d’ouvrir des couloirs Covid-19. Ceci a provoqué une vague de colère dans un centre hospitalo-universitaire au Sud.

Mais ce qui est inquiétant, c’est que cette solution reste encore provisoire. Car, le nombre de personnes contaminées nécessitant la réanimation n’a pas encore dépassé fort heureusement les 20 cas à la date du 26 avril 2020. Et il est encore tôt pour évoquer le fameux « pic » de la courbe épidémique des cas de contamination dans le pays.

Malgré l’amélioration des capacités des hôpitaux à accueillir de nouveaux cas de contaminations grâce aux dons (en matériels et en financements), faire face au déséquilibre entre les régions en matière d’infrastructure sanitaire, où l’on investissait peu, doit être, sans doute, la priorité absolue à court terme avec une louable intention: améliorer la situation des hôpitaux dans les régions intérieures. Car notre système de santé est dépassé depuis une bonne trentaine d’années. Il a coûté à notre pays plusieurs centaines de millions de dinars. Et un départ massif de nos meilleures compétences médicales vers d’autres cieux!

Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, c’est que l’objectif d’améliorer le système de santé en Tunisie est loin d’être atteint. Et ce, en l’absence d’une véritable volonté politique pour changer la donne.

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