La Bourse de Tunis à l’épreuve du Covid-19

Bourse de Tunis Certification

La Bourse de Tunis est mise à l’épreuve des mesures inédites prises par le gouvernement tunisien pour endiguer le Covid-19.

La Bourse de Tunis a dressé un état des lieux.  Moez Hadidane, conseiller en investissement et gérant fondateur de Tera Finances (bureau de conseil), souligne dans une déclaration à  l’agence TAP qu’ une tendance fortement baissière a caractérisé le Tunindex. Et ce, suite au passage au 2ème niveau du plan de lutte et la fermeture des frontières maritimes (13 mars 2020).

Moez Hadidane
Moez Hadidane, conseiller en investissement et gérant fondateur de Tera Finances

En clair,  en l’ espace de trois jours (13 ,16 et 17 mars 2020), le Tunindex a perdu 10,2%, chutant de 15,11% entre les 2 et 17 mars 2020. En outre,  l’analyste ajoute que « sur l’ensemble du premier trimestre 2020, l’indice de la Bourse de Tunis a enregistré une baisse de -8,97% et l’indice des valeurs bancaires s’est affaissé quant à lui de 9,76% .

Une baisse enregistrée dans tous les secteurs dont le secteur  bancaire

Dans un premier temps, cette tendance baissière a été générale et n’a épargné aucun secteur de la cote. Naturellement, on retrouve plus particulièrement les banques qui représentent 41,4% de la capitalisation totale de la Bourse de Tunis et 52,6% du Tunindex, a indiqué le conseiller en investissement.

Pour cet analyste, il est tout à fait raisonnable que les cours des actions bancaires chutent en raison du Covid-19 et sur fond de changements défavorables des anticipations des investisseurs sur les résultats de l’année 2020.

Et de poursuivre: » Le marché boursier a replongé de nouveau dans le rouge. Et ce,  suite à l’appel de la BCT aux banques (note aux banques et aux établissements financiers n° : 2020-17 du 1er avril 2020) de suspendre toute mesure de distribution de dividendes au titre de l’exercice 2019 et à s’abstenir d’effectuer toute opération de rachat de leurs propres actions. »

Ce qui explique que les dividendes qui reviennent aux actionnaires minoritaires constituent des revenus attendus par les investisseurs ». Tout en précisant que pour certaines personnes physiques, ces dividendes sont leurs seuls revenus.

Qualifiant la réaction du marché boursier à l’annonce de cette mesure préventive de « compréhensible », l’analyste estime toutefois qu’elle reste excessive. D’autant plus que l’indice des valeurs bancaires a plongé de -2,86% le 2 avril 2020 et de -1,94% le 3 avril.

« Tôt ou tard, les banques vont distribuer ces dividendes.  Ces derniers sont intégrés dans les cours. Cela dit, tout dépend de la vision de l’investisseur », a-t-il encore affirmé.

Mesures incitatives pour éviter une déprime durable et intense des marchés boursier et financier

Les autorités de régulation du marché boursier et financier doivent adopter des mesures incitatives pour ne pas tomber dans une situation de chaos, soit une déprime durable et intense de la Bourse en raison de la propagation du Covid-19, a estimé Hadidane.

Au niveau fiscal, l’analyste recommande au gouvernement de proposer une déduction de la base imposable des personnes physiques et morales, sur tout investissement en Bourse réalisé sur les actions durant la période allant du 15 avril 2020 jusqu’à la fin de l’année, à condition d’appliquer une mesure de non-cession pendant deux ans.

Par ailleurs, le gouvernement peut également exonérer les dividendes qui seront distribués en 2020 de l’impôt sur le revenu.  C’est-à-dire pas de retenue à la source de 10%, selon l’analyste.

Créer à partir de 2021 des comptes épargnes en actions entreprises

Il propose, également, de créer, à partir de 2021, des comptes épargnes en actions entreprises avec un plafond de déduction de 1 million de dinars, sous réserve du minimum d’impôt sur les sociétés, outre la création de plans d’Épargne Salariés, qui viendront renforcer les pensions de retraite, une fois le salarié atteint l’âge de départ à la retraite..

Concrètement, il s’agit d’accorder aux salariés la possibilité (option) de déduire toute prime accordée par l’employeur (coté en bourse) si elle est allouée à l’achat en bourse d’actions de la société dans laquelle il est employé, avec condition de non-cession jusqu’à l’âge de retraite, a-t-il encore précisé.

Et d’ajouter qu’une telle mesure permettrait de cibler trois objectifs en même temps. A savoir, renforcer le lien employé/entreprise, puisqu’il devient actionnaire, préparer un complément de retraite et encourager les achats en Bourse.

Avec TAP

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