Coronavirus, ennemi de l’homme, ami de la planète

Planète terre
Photo credit : https://telanganatoday.com

Depuis mardi minuit, le second pays le plus peuplé du monde est entré dans le confinement total. 1,3 milliard d’Indiens sont enfermés chez eux dans l’espoir que leur confinement barre la route à cet ennemi invisible qui sévit sur la planète Terre. Le Premier ministre Narendra Modi a fait plusieurs discours, implorant ses concitoyens de se protéger et de protéger l’Inde. Pour cela: « Chaque village, chaque quartier, chaque ruelle doit impérativement suivre les consignes de confinement; et ce, durant 21 jours ».

Persuader 1,3 milliard de personnes de ne pas quitter leur foyer pendant trois semaines est une mission surhumaine. « Ce ne sont pas les hommes qui peuvent s’acquitter de cette mission, mais les Dieux », pour reprendre l’expression utilisée par un journaliste basé à New Delhi.

Il y a cent deux ans, « la grippe espagnole » a fait des ravages sur les ruines de la Première Guerre mondiale. Elle a provoqué la mort de 18 millions d’Indiens. Le souvenir de la catastrophe sanitaire de 1918 aidera-t-il les Indiens à s’épargner une catastrophe semblable en 2020? Réponse dans quelques semaines.

Mais, comme on dit, à quelque chose malheur est bon. Ce dont on peut être sûr déjà, c’est que le confinement de l’immense population indienne chez elle aura, écologiquement parlant, un effet très positif. Les grandes agglomérations hindoues, comme New Delhi, Mumbai, Calcutta, sont parmi les plus polluées du monde.

1,3 milliard d’individus chez eux, des millions de voitures à l’arrêt, des centaines de milliers d’usines au repos, des milliers d’avions cloués au sol. C’est là un immense bol d’oxygène pour Mère nature en Inde. Une occasion inespérée pour le sixième de l’humanité de respirer un air moins pollué et de boire une eau plus claire.

Paris respire mieux

Les Parisiens sont en train de mesurer les effets écologiques de leur confinement chez eux. Selon un communiqué d’ « Airparif », cité par l’AFP, « sur la semaine du 16 au 20 mars 2020, comparé à d’autres mois de mars, Airparif a relevé « une amélioration de la qualité de l’air. De l’ordre de 20 à 30% dans l’agglomération parisienne, consécutive à une baisse des émissions de plus de 60% pour les oxydes d’azote. (…) Autre bonne nouvelle, cette baisse des polluants de l’air s’accompagne d’une baisse du dioxyde de carbone (CO2). Gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique. (…) En 40 ans de mesures d’Airparif, cette situation n’est jamais arrivée de manière aussi importante et sur autant de stations. »

Si, en l’espace de quelques jours et à l’échelle de la seule agglomération parisienne, de tels résultats ont pu être enregistrés, qu’en sera-t-il dans trois semaines à l’échelle du sous-continent indien où le sixième de l’humanité est en état de confinement total?

De l’autre côté de la planète se trouvent les Etats-Unis. Le pays numéro un sur divers plans, dont celui de la pollution. Lourdement frappés par le virus couronné, les Américains s’apprêtent à expérimenter, à contrecœur eux aussi, le confinement.

Quelques Etats, dont la Californie, ont ordonné à leurs citoyens de garder la maison. Comme partout ailleurs, seules les activités essentielles sont permises. Ce qui est de nature à se répercuter positivement sur le plan de l’écologie. Comme en France, en Inde et ailleurs.

Premier répit depuis 1776

Une tradition peine à s’installer dans nos mœurs: « Une heure pour la planète ». En effet, chaque dernier samedi du mois de mars (cette année samedi 28), les humains sont priés d’éteindre la lumière. Et de débrancher les appareils électriques pendant une heure. Combien font-ils ce geste symbolique en faveur d’une planète fortement polluée?

Dans certains pays, quand la pollution de l’air devient intolérable, les autorités ordonnent aux automobilistes de circuler un jour sur deux (alternance des numéros minéralogiques pairs et impairs). Combien se soumettent-ils?

La planète Terre, écologiquement à vau-l’eau, n’a même pas pu bénéficier substantiellement de gestes aussi simples. Aussi symboliques de la part des Sapiens qui y vivent, s’y nourrissent et s’y reproduisent depuis la nuit des temps.

Il lui a fallu attendre un virus d’une méchanceté fatale qui a confiné les pollueurs chez eux pour que la planète Terre bénéficie d’un répit de quelques semaines. Répit qu’elle n’a jamais eu depuis l’invention de la première machine à vapeur par James Watt en 1776.

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