Karim Ahres : « Il est important d’ubériser notre système économique »

Karim Ahres

L’intelligence artificielle à l’ère de la mondialisation dominera-t-elle le monde ? Les économistes et les experts anticipent d’ores et déjà ce qui va se passer dans le futur. On parle même des millions d’emplois qui vont disparaître et d’autres qui vont apparaître.

De ce fait, pour mieux cibler la demande de demain, ne faut-il pas être à l’ère de la mondialisation et être à la pointe des nouvelles technologies ? Miser sur l’innovation et penser à un autre modèle économique… C’est ce qui ressort comme solution de plus en plus simple à utiliser.

Depuis plusieurs années, le monde connaît une véritable révolution grâce aux outils de l’intelligence artificielle et à la révolution industrielle 4.0.

De ce fait : « Booster la génération future en mettant l’accent sur l’innovation », nous déclare Karim Ahres, General Manager de Netcom, dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com rencontré, en marge d’une conférence-débat organisée par l’Institut Tunisien des Administrateurs, en fin de journée du jeudi 13 février.

Selon lui, il faut parler d’innovation. Car l’évidence est claire : plusieurs métiers vont disparaître. Il précise à cet égard : « Je pense que la génération actuelle est en train d’avancer d’une part, et d’autre part, les entreprises n’appréhendent même pas que certains métiers seront amenés à disparaître ».

D’ailleurs, il rappelle que d’ici peu de temps, le monde est à la veille d’une révolution aussi fondamentale que l’arrivée d’Internet. A savoir Smart cities (les villes intelligentes), voitures autonomes, la téléchirurgie et bien d’autres…

En parlant de 5G !

Cela dit, qui dit 5G dit des voitures autonomes, des drones autonomes qui seront opérationnels bientôt, voire même dans 2 ou 3 ans en Europe. 

D’où la grande question est de savoir, pour le cas de la Tunisie, comment saisir cette opportunité ? A cette interrogation, Karim Ahres souligne pour sa part : « Nous nous trouvons, aujourd’hui, face à une dizaine d’années de retard par rapport à la nouvelle ère de la révolution industrielle ».

Et de poursuivre : « D’où la nécessité de rattraper le retard en regardant ce qui va se reproduire dans l’avenir au niveau des banques, des assurances, et bien d’autres… »

En outre, le constat est clair : le monde est en train de se transformer vers un nouveau monde mondialisé. D’après Karim Ahres, il va falloir être agile et prendre les bonnes décisions. « Et contrairement à ce qu’on pense, le secteur privé pourra vraiment faire le saut et rattraper le retard », dit-il. 

A propos de la révolution industrielle, la grande question est de savoir si nous sommes en phase de cette ère et apte à répondre aux attentes de la mondialisation. 

Karim Ahres : « Réinventer un nouveau modèle »

A cette interrogation, il a répondu : « S’il y a un terme à retenir, c’est la disruption (en économie, la disruption désigne le bouleversement d’un marché sur lequel les positions sont établies avec une stratégie inédite). Et il va falloir penser de la manière à réinventer un nouveau modèle alors que l’autre modèle marche quand même ». 

Il ajoute : « Je crois que la Tunisie devrait, aujourd’hui, repenser à son modèle, observer un autre modèle et avancer en parallèle. D’ailleurs, il faut que la vision soit claire. Tout comme nous devons avoir un pied au 20ème siècle et un autre au 21ème. Et faire en sorte de mener à bien cette transformation. On est un pays agile contrairement à ce qu’on pense ».

Et de poursuivre : « Le Tunisien est agile sauf qu’il lui manque une vision de transformation. Et cela revient à l’Etat et au nouveau chef du gouvernement d’avoir cette vision. On ne va pas non plus dire qu’on va éliminer ce qui existe, mais il faudrait penser aux deux mouvements au même temps. A savoir, comment améliorer l’ancien, faire de la disruption et regarder comment on pourrait ubériser le système. A mon avis, c’est ce qu’il faut faire dans les années à venir : ubériser notre système économique ». 

Quel est le modèle le plus apte ?

Karim Ahres conclut : « On est un pays de 11 millions. De ce fait, notre modèle doit correspondre aux pays ayant le même nombre de population que le nôtre, à l’instar des pays scandinaves ».

Citant ainsi plusieurs pays dont le Portugal, il a bel et bien réussi son modèle économique, mais aussi voir d’autres pays comme la Malaisie, Singapour qui sont eux-aussi agiles dès qu’on parle de nouveauté.

En somme, la Tunisie peut se positionner dans un nouveau « business model », mais il va falloir pencher sérieusement à mettre en place une stratégie claire qui se projette vers l’avenir et être en mesure de l’ère de l’innovation.

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