Riadh Sidaoui : « Kaïs Saïd a bien fait de décliner l’invitation de Merkel »

Riadh Sidaoui - l'économiste maghrébin

Le président tunisien Kaïs Saïed a refusé de participer au sommet de Berlin. Et ce, pour que la présence de la Tunisie ne soit pas seulement symbolique. C’est ce qu’analyse le directeur du Centre Arabe de Recherches et d’Analyses Politiques et Sociales (Caraps) de Genève, Riadh Sidaoui.

Dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com, le politologue estime que le président tunisien a bien fait de décliner l’invitation de la chancelière allemande. Expliquant la décision de la Présidence de la République, Riadh Sidaoui estime que les organisateurs du sommet ne voulaient pas d’une présence active et effective de la Tunisie. D’ailleurs, la Tunisie n’a pas participé aux réunions préparatoires du sommet. Pour rappel, la Présidence de la république  estimé que l’invitation était tardive.

Dans le même contexte, il a affirmé que le plus important dans ce type de sommet sont les réunions de préparation. Dans les réunions préparatoires participent tous les ministres des affaires étrangères des pays concernés. Et ce, pour échanger les points de vue, en vue de l’élaboration du communiqué final. « Autrement dit la Tunisie n’a pas participé à l’élaboration aux négociations et à la rédaction du draft ». Et de soutenir que si le président tunisien a été invité, c’est pour juste faire partie du décor, ni plus ni moins.

Le politologue tunisien rappelle également que les organisateurs n’ont pas invité le Maroc au sommet. D’ailleurs, ce pays a accueilli le congrès de Skhirat sur la situation libyenne. Et son rôle fut décisif.

Il fait part de son étonnement de l’exclusion des pays maghrébins. Car, selon lui, ils sont les plus concernés par ce qui se passe en Libye. Alors qu’un pays africain, à savoir le Congo y a été invité. Pour lui, ce sommet est « celui des pays qui veulent se partager le gâteau ».

M. Sidaoui soutient que toutes les puissances veulent partager le gâteaux libyen; « à l’exception des voisins maghrébins ».

L’appétit des Occidentaux pour le gâteau libyen

Cependant, il soutient que ce sommet est très important du point de vue du niveau des personnalités qui y ont assisté. Il s’agit du président français Emmanuel Macron, la Chancelière allemande Angela Merkel, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le président turc Recep Tayyip Erdogan et des responsables onusiens. Et d’affirmer que rarement ces personnalités se réunissent lors d’un événement. De l’autre coté, le président américain Donald John Trump n’y a pas assisté et a affirmé qu’il n’attend pas grande chose du sommet.

Riadh Sidaoui affirme, également, que le sommet a déjà appelé aux mêmes revendications que les sommets précédents. A titre d’exemple, il rappelle que le sommet a appelé à ne pas armer les différents partis libyens. De même qu’à sanctionner tout pays qui contribue à l’armement des parties libyennes. Pourtant, l’expert tunisien exclut la possibilité du respect de l’interdiction de l’armement des parties au conflit.

Car, le conflit s’est internationalisé. En effet, la Russie finance et soutient Khalifa Belqasim Haftar. Alors que le Qatar et la Turquie appuient le gouvernement de Fayez el-Sarraj. La Russie tient à faire de la Libye un marché d’arme. Les Etats-unis d’Amérique et la France sont proches du gouvernement  de Fayez el-Sarraj.  « Toutes ces puissances ne voient en la Libye qu’un gisement très important de gaz et de pétrole. »

 

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