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marché algérien

Dans une situation normale, le marché algérien devrait être le poumon de la Tunisie. Avec près de quatre fois la taille de notre population et des habitudes de consommation qui se ressemblent, ce potentiel important n’est que partiellement exploité.

Selon les chiffres du commerce extérieur et jusqu’à la fin du mois d’octobre 2019, les exportations tunisiennes vers le marché algérien se sont élevées à 986,245 millions de dinars contre des importations de 3,637 milliards de dinars. Ces importations se composent essentiellement de gaz naturel.

Historiquement, l’accès au marché algérien a toujours été compliqué en raison des multiples barrières douanières. Mais avec la crise politique et sociale qui frappe le pays, la loi de Finances 2020 a apporté une série de nouveautés, afin de donner un coup de pouce à une économie en difficulté.

Mesures phares

La nouvelle loi a abrogé la fameuse règle 51/49 qui imposait un investisseur local majoritaire dans toute entreprise. Et ce, pour les secteurs non stratégiques. La loi de finances prévoit une croissance économique d’environ 1,8 % et une poursuite de l’inflation à 4,08%.

Le gouvernement est désormais autorisé à recourir au financement extérieur auprès des institutions financières internationales d’une manière sélective et pour les projets structurels.

Basé sur un prix du marché du baril de brut à 60 dollars, le Budget prévoit une croissance économique de seulement 1,8 %. Il vise une réduction des importations de 13,3% à 38,6 milliards de dollars. Cette baisse concerne aussi bien les marchandises (-12%) que les services (-16%). Les réserves de change connaîtraient une contraction à 51,6 milliards de dollars fin 2020, contre 200 milliards en 2013.

Un concurrent sérieux pour la Tunisie

Pour les opérateurs tunisiens, ces décisions ne devraient pas faire leur bonheur. De nombreux prestataires de services ont fait de l’Algérie leur destination préférée ces dernières années. Avec la volonté de réduire le déficit commercial, de nouvelles barrières seraient mises en place.

Sur le moyen et long terme, il ne faut pas espérer de changements dans cette tendance avec un accès de plus en plus verrouillé pour les marchandises et les services des étrangers, y compris les Tunisiens. Mais pour les investisseurs, c’est le contraire.

L’autorisation accordée aux non-algériens de détenir la majorité des titres d’une entreprise n’est que le début d’une plus grande ouverture sur les capitaux étrangers. Avec la baisse continue des prix des carburants et des réserves en devises, le pays devrait compenser ce manque par des flux d’IDE. L’Algérie n’était pas une destination privilégiée pour les capitaux. Mais elle a tous les atouts pour se faire rapidement une place parmi les pays du Sud.

Une opportunité en or

Il faut donc changer de stratégie en allant s’implanter dans ce pays. Déjà, plusieurs groupes tunisiens ont des unités de production là-bas. Et c’est le moment où jamais d’en prendre le contrôle et de développer leurs business à leurs manières.

Nous avons toujours soulevé l’étroitesse du marché tunisien et de la nécessité d’aller chercher de la taille ailleurs. L’Algérie est une destination naturelle pour nous. C’est beaucoup plus facile d’y aller qu’en Afrique sub-saharienne.

Maintenant, c’est le rôle de la nouvelle équipe qui prendra les rênes de la Kasbah. La première sortie internationale pour le prochain Chef du Gouvernement devrait se dérouler à Alger. Cela serait, ainsi, l’occasion de mettre en place les grandes lignes d’une stratégie d’intégration économique entre les deux pays.

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