Trump, cet « ennemi sincère » qui aime tant le pétrole

Trump Syrie Pétrole

Depuis mars 2018, le président Trump a annoncé à plusieurs reprises son intention de retirer les troupes américaines de Syrie. Car, insistait-il : « Nous n’avons plus rien à faire là-bas puisque nous avons détruit Daech. » Et puis, tout d’un coup, il se rend compte qu’il a encore des choses à faire « là-bas »: sécuriser les puits de pétrole; et empêcher qu’il ne soit exploité par Daech. Oubliant ses déclarations précédentes sur la victoire remportée contre l’organisation terroriste…

Mais Trump est un homme qui n’aime pas mentir trop longtemps. Au cours de sa rencontre avec les médias américains le 1er novembre pour une séance « questions-réponses », il dévoile le plus naturellement du monde le fond de sa pensée. « Nous ne faisons plus de patrouilles en Syrie, d’autres pays le font. Nous voulions rapatrier nos troupes, mais nous avons finalement décidé de les maintenir sur place pour garder le contrôle du pétrole. » Il n’a pas pu s’empêcher de dévoiler encore plus le fond de sa pensée en lançant carrément aux journalistes médusés: « I like oil, we are keeping oil » (j’aime le pétrole, nous le gardons).

Ainsi, il n’en faut pas plus pour que le président syrien Bachar al Assad le qualifie de « meilleur président des Etats-Unis ». Il développe sa pensée en ces termes. « Il n’est pas le meilleur en raison d’une bonne politique; mais parce qu’il est le plus transparent. Il dit ouvertement: « nous avons besoin de pétrole », « nous voulons nous débarrasser d’un tel », « nous voulons octroyer des services en échange d’argent ». Telle est la politique des États-Unis. Qu’est-ce qui peut être mieux qu’un ennemi sincère? »

Logique d’une simplicité étourdissante

C’est à se demander si les intenses manœuvres auxquelles on assiste actuellement à Washington et qui visent l’impeachment de Trump ne sont pas motivées essentiellement par la sincérité et la transparence de ce président. Puisqu’il ne cesse de mettre à nu les véritables raisons de l’interventionnisme américain à l’étranger et qu’aucun président avant lui n’a osé dévoiler?

En effet, un simple coup d’œil à la carte représentant les bases américaines au Moyen-Orient et dans le Golfe nous permet de voir qu’elles se situent toutes à proximité des gisements pétroliers. Cela tout le monde le sait. Mais avant Trump, tous ses prédécesseurs nous disaient que les bases américaines ne servaient qu’à maintenir la paix et la stabilité dans une région de haute importance stratégique.

Maintenant, les choses sont plus claires et on sait que cet « ennemi sincère » est en train de « protéger » les gisements de pétrole syriens contre… la Syrie. La logique de Trump qui fait fi des principes les plus élémentaires du droit et de la morale est d’une simplicité étourdissante. La Syrie n’a pas la force de récupérer ses gisements de pétrole. L’armée américaine a la force de les garder sous son contrôle. Et « the Donald » a le culot de les exploiter.

30 millions de pétrole par mois

D’ailleurs, les Russes qui sont sur place savent ce qu’il en est et n’ont pas gardé la chose pour eux. Selon la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, les États-Unis sont en train d’exporter illégalement du pétrole depuis les régions du nord-est de la Syrie. En effet, selon Maria Zakharova, les Américains font sortir de ce pays plus de 30 millions de dollars de pétrole par mois.

Et c’est la même information que confirme le ministère russe de la Défense. Il affirme que le produit de la vente de l’or noir syrien était reversé aux services spéciaux américains et à des entreprises militaires privées.

Alors, il est bien évident que le « Main Stream Media » aux Etats-Unis ne souffle mot de cet acte de banditisme de bas étage. Acte commis par un pays qui se prend toujours très sérieusement pour « la puissance du bien à la poursuite des forces du mal. »

Toutefois, il y a quelques voix qui s’élèvent pour prêcher la bonne parole et appeler à la raison. Parmi elles, citons la voix de Ron Forthofer, professeur retraité de l’université du Texas. « Il est plus que temps que l’élite de Washington renonce à l’impérialisme américain, à l’immoralité, aux crimes contre l’humanité, aux assassinats, aux destructions et verse des réparations aux victimes. Les États-Unis doivent également cesser d’être un État voyou et rejoindre la communauté des nations », dit-il.

Ce n’est pas demain la veille que l’on verra les vœux du vénérable professeur texan exaucés.

 

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