Hammamet – Théâtre de plein air : la pièce « Le Juif » en représentation

Le Juif-FIH

La pièce théâtrale « Le Juif » se donnait hier soir au théâtre de plein-air de Hammamet. Reportée en raison du décès du président Béji Caïd Essebsi, elle se déroulait, dans le cadre de la 55ème édition du Festival international de Hammamet.

Les comédiens Fathia Mahdoui, Houssem Ghribi, Samia Bougerra, Mohamed Essayeh Aouichaoui, Yosr Ayed, et Wahiba Eiadi ont campé dans les principaux rôles dans la pièce « Juif », produite par le Centre des arts dramatiques de Kairouan, d’après un texte et une mise en scène de Hammadi Louhaibi. La composition musicale quant à elle, a été assurée par la troupe du juif tunisien Patrick Salama.

Dans un décor sombre et assez minimaliste et orné de lettres hébraïques suggérant comme espace de jeu, une synagogue, Hammadi Louhaibi a tenté de faire la lumière sur le thème sensible de la vision inférieure de la communauté juive, malgré son amour pour la Tunisie.

Le personnage de Mymoun, un archéologue israélien, cherche à récupérer un exemplaire original de Torah datant de 500 ans. Il tente en réalité de convaincre la communauté juive de quitter la Tunisie vers Israël, vu l’insécurité qui règne au pays après la révolution. Le moteur de l’action est la contrebande. Cependant, Dalila, la femme révoltée et patriotique le contrarie et insiste à rester en Tunisie malgré les contraintes subies très souvent.

Entre identité et citoyenneté

La pièce aborde les vécus des personnages, dont la majorité est juive, sur le plan social, à l’exception du portier et d’une vieille femme sans domicile que ramène Dalila clandestinement. On retrouve parmi les protagonistes, Habiba, qui supervise le temple, Dalila qui étudie le droit, Sassiya, la servante, Aziza une musulmane infiltrée et leur gardien musulman Mannoubi.

La pièce surfe sur un terrain humaniste et universel en évoquant tour à tour des histoires d’amour impossibles entre juifs et musulmans, de nostalgie d’une coexistence pacifique où la question de rester ou de partir occupe la place axiale.

Les protagonistes défilent dans des sortes de monologues, de dialogues, qui dévoilent progressivement et subtilement leurs histoires dans ce huis-clos de synagogue où on assiste à une bouleversante remise en question de tous les fondements d’un être humain à savoir l’identité, la citoyenneté et l’appartenance.

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