Le Théâtre El Hamra s’envole vers le Festival international de théâtre de Ma’an en Jordanie ce 16 mai, avec sa dernière production Testostérone, une pièce qui explore les relations hommes-hommes, le pouvoir et la société patriarcale. Mise en scène par Cyrine Gannoun, co-écrite avec Hamdi Hadda, cette création tunisienne, acclamée aux JTC de Carthage, vise à questionner sans moraliser, tout en invitant le public à savourer l’art vivant face au numérique omniprésent.
Dans un entretien exclusif, Cyrine Gannoun, metteuse en scène de Testostérone, dévoile les coulisses de cette pièce organique, dernière née du Théâtre El Hamra, qui fête plus de 40 ans de renommée internationale. Co-écrite à quatre mains avec Hamdi Hadda, la création met en scène des acteurs comme Abdelmoumen Chouayat et Bahri Rahali , avec une musique signée Hamza Bouchnek. Le spectacle plonge dans le monde masculin comme porte d’entrée, pour mieux disséquer les dynamiques de pouvoir, de famille et de société, dans un cadre social tunisien qui résonne universellement.

« L’idée est de créer un microcosme où l’on évolue en tant que citoyens et artistes », explique Cyrine Gannoun. . Loin des blagues éculées des réseaux sociaux, Testostérone mise sur la finesse, la justesse et la profondeur, des qualités plébiscitées par le public depuis son avant-première internationale aux Journées Théâtrales de Carthage (JTC) en novembre dernier. Résultat : des invitations fusent, dont celle du Festival de Ma’an, où la compagnie tunisienne est programmée en compétition officielle la semaine prochaine.
Une tournée internationale qui s’emballe
Après-demain, toute l’équipe décolle pour la Jordanie, un festival cher au Théâtre El Hamra, déjà lauréat par le passé. « Le public jordanien est averti, il connaît le théâtre tunisien pour son avant-gardisme et sa liberté créative », souligne Cyrine Gannoun.
Si les publics varient du Grand Tunis aux régions, en passant par l’étranger, les échos sont unanimes : une soif de questionnements profonds qui transcendent les frontières. L’Italien y voit sa mère matriarche, le Français ses pesanteurs sociétales. « On ne donne pas de leçons, on soulève des degrés de compréhension pour toucher un large public », insiste la metteuse en scène.
Au-delà des messages simplistes, Testostérone invite à « savourer » l’art vivant. « Le théâtre a besoin de son public plus que jamais », lance Cyrine Gannoun en appel aux spectateurs, sponsors et médias. « Remplissez les salles, soutenez les artistes : c’est un appel à la vie sans écran. » La tournée s’annonce chargée : dates en France et Allemagne à la rentrée 2027, et d’autres en négociation.
Pour Cyrine Gannoun, chaque projet comme Testostérone soutient des dizaines de familles d’artistes, renforçant ce secteur déjà pionnier, où les comédiens au cœur de l’action.