« Racisme palestinien », la nouvelle trouvaille de l’ONU

Racisme Palestine
Capture d'écran de la Web TV de l'ONU

Les Israéliens n’en croient pas leurs oreilles. La 99e session du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale, un organisme relevant du Haut Commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme, réunie à Genève du 5 au 29 août, vient d’organiser un débat sur « le racisme et l’antisémitisme » de l’Etat palestinien !!!

Les « experts indépendants » de ce Comité ont nourri le débat en citant « des exemples des contenus anti-israéliens et anti-juifs présents dans des manuels scolaires et dans des articles et programmes de médias appartenant à l’Etat palestinien. »

Il n’en faut pas plus pour que les citoyens de l’Etat d’Israël se frottent les mains et les médias israéliens se délectent, faisant du « grand événement » les grands titres de la presse écrite, radiodiffusée et télévisée.

Derrière l’organisation de ce « débat historique », où les Palestiniens sont pointés du doigt pour « racisme » dont ils sont eux-mêmes victimes depuis 1948, se trouve « UN Watch », une organisation non gouvernementale basée à Genève. Créée en 1993 par Morris Adam, un avocat américain, cette institution se donne pour mission « d’assurer que l’ONU respecte sa propre Charte et que les Droits de l’Homme soient accessibles à tous ».

Hillel Neuer, directeur exécutif de UN Watch jubile : « Ce qui s’est passé cette semaine est sans précédent. Depuis 1974, date à laquelle Yasser Arafat et l’OLP ont été accueillis aux Nations unies, c’est la première fois que l’organe mondial met officiellement l’accent sur le racisme, la discrimination et l’antisémitisme des Palestiniens. »

« UN Watch », une incongruité

En relation avec l’enfer de l’occupation, du racisme et de l’apartheid que vivent les Palestiniens, l’existence même de cette « UN Watch » est une incongruité. Voilà une institution qui a pour mission « d’assurer que l’ONU respecte sa propre Charte », mais qui défend bec et ongles l’Etat israélien qui se soucie comme d’une guigne de l’ONU et de sa Charte et qui n’a jamais appliqué une seule des innombrables résolutions adoptées par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU, restées lettre morte de 1967 jusqu’à ce jour.

Voilà une institution qui a pour mission « d’assurer que les droits de l’Homme soient accessibles à tous », mais qui ne s’est jamais soucié des droits des Palestiniens, y compris le droit à la vie, qu’Israël bafoue depuis 70 ans…

Sur quels témoignages le Comité s’est-il basé pour mettre les Palestiniens dans le banc des accusés ? C’est simple, sur les témoignages d’une nuée d’organisations pro-israéliennes qui tiennent le haut du pavé dans les grandes villes occidentales. Le « Jerusalem Post », journal de la droite israélienne le reconnaît en écrivant dans son édition du 15 août : « Contrairement aux procédures habituelles du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale a écouté les présentations de groupes pro-israéliens et s’est servi des arguments avancés pour confronter les Palestiniens ».

Parmi les organisations pro-israéliennes qui ont témoigné, figure IMPACT (Institute for Monitoring Peace and Curtural Tolerance in School Textbooks). Dans son témoignage, Marcus Sheff, le directeur exécutif d’IMPACT, a affirmé notamment devant les membres du Comité : « Il y a une contradiction entre la soumission palestinienne, qui prétend adhérer à la lutte contre le racisme, et son flagrant antisémitisme, sa haine et son extrémisme dans son programme scolaire. Il est clairement inutile de nier cette haine dans les manuels. C’est là, noir sur blanc. »

Avec le bourreau contre la victime

Il est clairement inutile aussi de préciser que le Comité a pris pour argent comptant les témoignages tendancieux, fallacieux et très peu crédibles des organisations pro-israéliennes pour se ranger à côté du bourreau et accabler la victime.

Tout le monde sait que pour tous ces groupes de pression pro-israéliens, le fait même de dénoncer l’occupation, la violence et la discrimination israéliennes contre les Palestiniens est taxé d’antisémitisme. Tout le monde sait qu’Israël, depuis sa création, s’est comporté et se comporte toujours comme un Etat ayant un statut spécial qui le dispense du respect du droit international et de l’application des résolutions de l’ONU. Tout le monde sait que quiconque appelle Israël à se comporter vis-à-vis du droit international comme un Etat normal et non comme un Etat-paria est pointé du doigt comme raciste, antisémite et négationniste.

Il est à peine utile de préciser ici que certains organismes relevant de l’ONU, à l’instar du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale, sont infiltrés par les groupes de pression pro-israéliens qui ont réussi à les mettre sous leur influence. Ces organismes sont si dominés qu’ils ne s’interdisent plus des comportements aussi insensés que celui de se ranger à côté du bourreau et de demander des comptes à la victime.

Jouer les vierges effarouchées face à des manuels scolaires par lesquels les Palestiniens apprennent à leurs enfants l’occupation de leurs terres et la violation de leurs droits, et regarder ailleurs quand il s’agit des lois racistes israéliennes qui font d’Israël l’héritier du défunt apartheid sud-africain, est une attitude indigne de cet organisme onusien. Une telle incongruité nécessite peut-être une réaction du secrétaire général de l’ONU pour remettre la vraie victime et le vrai bourreau à leurs vraies places. A moins qu’il ne redoute d’être classé lui-même dans la liste des racistes-antisémites-négationnistes par les gardiens du temple israélien ou par un ‘tweet’ rageur et ravageur du « plus grand ami qu’Israël ait jamais connu.»

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