A quel jeu se livre le mouvement Ennahdha ?

Ennahdha L'Economiste Maghrébin

Depuis la non-promulgation de la loi électorale dans sa version amendée, par le président de la République , le mouvement Ennahdha réagit mal à cette nouvelle et hausse le ton à travers ses communiqués qui sont assez violents. 

En clair, le mouvement Ennahdha veut appliquer le nouveau projet de loi, même s’il n’est pas promulgué. D’ailleurs, Ennahdha exige de l’ISIE d’appliquer la nouvelle loi électorale telle qu’elle a été amendée par le Parlement, a souligné de son côté,  Mohsen Nouichi. membre de son bureau exécutif chargé des élections du mouvement Ennahdha. 

Dans une déclaration aux médias, il a souligné que Béji Caïd Essebsi est tenu de promulguer cette loi électorale dans sa dernière version.  Il ajoute: “D’autant plus, à mon avis, qu’ il ne devrait pas s’y opposer”. 

En outre, une grande majorité au sein d’Ennahdha veut passer outre la signature du président et mettre en avant les dispositions prises par cette ratification.

Face à la détérioration économique, à l’inflation en hausse, au taux de chômage toujours de l’ordre de 15.5% , à la dette publique qui est montée à 78,5 % du PIB en raison de la dépréciation du dinar, le citoyen cherche  à améliorer son quotidien et non à savoir ce qui se passe au sein de cette classe politique. D’ailleurs, il y a de quoi se poser des questions sur leurs programmes économiques? 

Personne ne peut répondre à cette question. Qu’ils soient de gauche, de droite ou de centre, les partis nous présentent des programmes économiques à 80% similaires. Et le comble dans tout cela c’est qu’à chaque fois, ils rabâchent aux prochains électeurs, les mêmes slogans que ceux de 2014. Du déjà vu!  A savoir : lutter contre le chômage, améliorer le pouvoir d’achat… Autrement dit, ce sont les mêmes promesses qui au fil des ans, ne valent plus grande chose. 

Rached Ghannouchi tête de liste de la circonscription de Tunis 1 pour les législatives

Plus encore, face à un climat politique délétère, voilà que le chef du mouvement Rached Ghannouchi décide de se présenter aux élections législatives à la tête de la liste de la circonscription de Tunis 1.

Ce n’est une surprise pour personne, si ce n’est  pas bien calculé. D’ailleurs, à force de vouloir être au-devant de la scène, Rached Ghannouchi viserait  probablement la présidence du Parlement ou encore être candidat à la présidentielle. A l’heure actuelle, tous les scénarios sont possibles. D’ailleurs, Imed Khemiri, porte-parole du mouvement n’a rien exclu. Cela dit, rien n’est officiel et peut-être que dans les prochains jours, tout sera clair.

Cela dit, il est important de rappeler que selon  le règlement interne, il lui est interdit de briguer un troisième mandat d’affilée. C’est pour cela que Rached Ghannouchi essaierait de jouer sa dernière carte: demeurer au pouvoir. Mais la grande question est de savoir si son mouvement n’agit pas de cette manière dans le but de repousser les élections à une date ultérieure ? 

Beaucoup d’interrogations demeurent sans réponse. Or en l’absence d’une Cour Constitutionnelle, qui aurait dû voir le jour il y a quatre ans, personne n’est amené à faire ce que bon lui semble. Ainsi le président de la République en refusant de signer, a pris tout le monde à contre-pied car il est le seul interprète « authentique » de la Constitution, c’est à dire la seule institution dont l’interprétation a une autorité juridique non susceptible de recours, comme l’a rappelé Slim Laghmani, professeur de droit international. 

 

 

 

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