Patrice Bergamini: « Rien ne sera imposé »

Patrice Bergamini
Patrice Bergamini, Ambassadeur de l'Union européenne en Tunisie

Patrice Bergamini, ambassadeur de l’Union européenne (UE), nommé en septembre 2016 à Tunis, a accordé une interview au journal Le Monde Afrique où il a évoqué un certain nombre de sujets dont l’un des dossiers chauds du moment, à savoir l’Aleca (accord de libre-échange complet et approfondi). 

A l’heure où la Tunisie se prépare aux élections législatives et présidentielle, les défis  socio-économiques sont à encore relever. 

Face à un paysage politique en mode fragmentation, qui suscite l’inquiétude à l’approche des élections législatives et présidentielle,  Bergamini déclare : “ En revanche, je suis plus inquiet du refus du système d’évoluer économiquement ». 

Son voeu est que les résultats des élections donnent corps à une majorité stable. Il ajoute que la personne qui gouvernera à la Kasbah devra fixer des priorités stratégiques et économiques claires. Il précise: « Cela n’a malheureusement pas été le cas ces trois dernières années. La Tunisie se trouve aujourd’hui moins outillée socialement et économiquement pour se protéger des turbulences en Libye.”

Il a en outre rappelé que l’Europe a investi 300 millions d’euros par an entre dons et coopérations durant la période 2016-2020. 

« L’accord, s’il est signé, sera asymétrique »

Quant à la question de l’Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca), il « est en cours de négociation.” 

 M. Bergamini  considère qu’un tel accord profitera à la Tunisie, tout en déclarant: “  L’accord, s’il est signé, sera asymétrique, c’est-à-dire en faveur de la Tunisie, et progressif. 

 « Les Tunisiens décideront souverainement« 

Il ajoute: « Rien ne sera imposé ».  Selon lui, il revient à la Tunisie de choisir quels sont les secteurs  concernés .. A savoir l’agriculture, les services, etc… »C’est vraiment à la Tunisie de décider « , dit-il. 

Il conclut: “Les Tunisiens décideront souverainement. J’ai tendance à penser que le temps presse. Je ne suis pas trop sûr qu’un jeune de Sidi Bouzid soit prêt à attendre cinq générations pour être heureux en démocratie tunisienne. On me dit : il faut faire attention, il ne faut pas bousculer. Mais ne pas bousculer quoi ? Les habitudes ? Les positions installées ? Les positions dominantes ? Personne n’aime le changement, mais l’inverse du changement, c’est le déclin.” 

En conclusion, il a rappelé l’exemple d’une étude d’un think tank, la Fondation autrichienne pour la recherche en développement (ÖFSE), qui a récemment conclu que l’Aleca coûterait jusqu’à 1,5 point de croissance du PIB à la Tunisie en cas de libéralisation immédiate des échanges.

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