Après l’espion qui venait du froid, l’espion qui venait de… l’ONU

Moncef Kartas L'Economiste Maghrebin
Et les espions internes déclarés ou non déclarés à la solde de l'étranger qu'en fait-on ?

Quand la justice renvoie au justiciable une très mauvaise image. Moncef Kartas, cet expert tunisien de l’ONU spécialisé dans les questions militaires, et qu’on a vite accusé d’espionnage, vient d’être libéré pour absence de preuves. Et ce, après avoir croupi en prison pendant près de trois mois.

Visiblement, le tort de Moncef Kartas est d’avoir été chargé par l’instance onusienne d’enquêter sur les livraisons d’armes à la Libye. Et qui dit Libye, dit imbroglio, labyrinthe, chemins sinueux, etc.

Normal que tout le monde s’interroge : pourquoi s’est-on hâté, comme on le fait souvent depuis la révolution, de jeter en taule le haut fonctionnaire puis se raviser et finir par le libérer ? Est-ce le statut de l’espion présumé qui a pesé ?

Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, aurait téléphoné au Président de la République… Et puis, que vont nous répondre le ministre de l’Intérieur Hichem Fourati et le juge Soufiène Selliti, eux qui n’ont pas cessé de marteler que les charges qui pesaient sur Moncef Kartas étaient assez lourdes pour justifier une incarcération ?

Vite emprisonné notre expert. Y aurait-il anguille sous roche dans la gestion de cette affaire louche à plus d’un titre ? Mais qui donc voudrait coller une telle accusation à Moncef Kartas, et tout faire pour qu’il soit jugé et mis à l’ombre ? S’agissant de Libye et de factions armées jusqu’aux dents, pas besoin d’être sorcier…

Ramadan, mois du djihad al akbar, comme aimait à le définir Bourguiba… Tout juste une question : qu’ont fait les Tunisiens du Ramadan cette année ? Sont-ils devenus moins hargneux, moins vulgaires, moins violents ?

Et les notions de travail, de solidarité, d’entraide, de tolérance, etc. Bina jamaa (construire une mosquée), sadaqa jariya ya mouhsinine, et une promesse de récompense renouvelée à l’issue de chaque prière du vendredi… Combien sont-ils tous ces endroits du pays livrés à eux-mêmes et où, à part une mosquée, on ne trouve rien ?

Ceux qui se sont autoproclamés représentants de Dieu sur terre viennent, le temps d’une élection, y prêcher la bonne parole. Et montrer ce qu’est la solidarité entres frères ; en espèces, mais aussi en nature. Et c’est à se demander pour combien de temps encore ces gens là vont-ils continuer d’échapper à la justice ?

Des gens qui dans une tentative désespérée de réécrire l’Histoire viennent d’intenter via une IVD manipulée et complètement sortie de sa mission initiale, un procès contre Bourguiba principal accusé dans l’affaire de l’assassinat de Salah Ben Youssef.

Avoir coûte que coûte la tête du père de l’indépendance, même postmortem. Rached Ghannouchi, Moncef Marzouki, Sihem Ben Sedrine et tous les revanchards de la dernière heure savourent.

Mais de quelle justice parle-t-on pour un mort qui a beaucoup à se reprocher même si un meurtre reste un meurtre ? De celle qui veut ouvrir les yeux sur un fait passé pour mieux les fermer quand il s’agit de faits actuels ? A Montplaisir, on ne s’embarrasse guère de scrupules pour se montrer gourmands… L’espion qui venait de l’ONU… Et que fait-on pour ceux qui reçoivent directement les ordres d’Ankara ou de Doha ? Comment doit-on les qualifier ?

Distraire la foule, il n’y a pas mieux que les rumeurs vraies ou fausses pour entretenir le flou et occuper la galerie : alors, AVC ou pas AVC pour le président de la République ? Stade final ou pas stade final en ce qui concerne l’état de santé de l’ancien président Ben Ali ?

Fake news sur facebook, juste au moment où ce petit génie de Mark Zukerberg, devenu entre-temps grand, est sur la sellette. Et des tuiles, l’ancien de Harvard, n’arrête pas d’en prendre en ce moment… Une petite cure d’abstinence façon Ramadan ne pourrait que faire du bien à un jeune patron à l’appétit devenu décidément grand… Never give up, ne jamais baisser les bras.

J’ai été époustouflé par le cran admirable et la persévérance des joueurs de Liverpool et de Tottenham lors de leur double confrontation face respectivement au Barça et à l’Ajax d’Amsterdam, pour un billet en finale de la Ligue des champions. Un fighting spirit bien british, inculqué à des joueurs présents sur le terrain qui eux, n’avaient rien de british… Une leçon de courage, de volonté, et surtout de culot, qui devrait servir d’exemple. Et pour les Tunisiens, pas seulement sur les terrains de foot. Get up, stand up, don’t give up the fight (lève-toi, marche, et n’abandonne jamais le combat). Ainsi parlait et chantait Bob Marley qui savait aussi manier le ballon rond comme nul autre. Et comme en football, reste à trouver le leader, le stratège, celui qui fédère, celui qui ouvre la voie… Echapper au quotidien, qui ne le voudrait pas ?

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