Poussée de l’extrême droite en Europe : ce que nous pouvons craindre

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Les partis européens d’extrême droite, xénophobes pour la plupart, ont réussi à obtenir 171 sièges au Parlement européen. Nous n’en sommes pas encore là, mais cette poussée peut avoir des conséquences sur les relations de la Tunisie avec son principal partenaire économique.

Poussée de l’extrême droite raciste et xénophobe dans les pays de l’Union européenne à l’occasion des élections de la semaine précédente.

En France et en Italie, nos principaux partenaires économiques dans cette vieille Europe, deux de nos voisins directs, deux mouvements, le Rassemblement National (France) et la Ligue du Nord (Italie), ont notamment obtenu les meilleurs scores électoraux.

Une réalité qui ne peut nous laisser  insensibles. Khemaies Jhinaoui, ministre des Affaires étrangères, n’a pas manqué de dire, à l’occasion du XXI ème Forum de L’Economiste Maghrébin (3 mai 2019) sur « La Tunisie et le nouvel ordre commercial mondial », que notre pays suivait de près la montée des mouvements d’extrême droite dans l’UE.

Dans quelle mesure cette montée des mouvements extrémistes, notamment s’ils arrivent en masse dans la sphère politique européenne et prennent les rênes du pouvoir, peuvent-ils changer la donne ?

Ce n’est pas encore le cas. La poussée de l’extrême droite lors des élections européennes du week-end dernier (26 mai 2019) est bien en deçà de ce qui était prévu. L’extrême droite n’est pas encore majoritaire au Parlement européen (171 députés sur les 751 députés qui le composent).

Le Brexit a largement créé cette impression

Ils sont derrière les conservateurs du Parti Populaire Européen (179 sièges). Le groupe libéral (centre) a obtenu, quant à lui, 105 sièges. Autant dire que les députés xénophobes auront des difficultés à faire passer leur diktat sur nombre de dossiers qui leur tiennent à cœur. Comme la migration et la sécurité qui constituent cela dit leurs thèmes de prédilection.

De ce fait, certains peuvent minimiser cette poussée qui n’intervient pas encore dans les parlements nationaux. Un discours à relativiser. Les instances de Bruxelles, à commencer par le Parlement européen, peuvent infléchir les politiques nationales.

De plus, les enjeux nationaux et ceux européens se confondent de plus en plus. Et sont concordants. Il faut dire que des événements comme le Brexit ont largement créé cette impression. En témoigne la participation en hausse aux récentes Européennes (huit points de plus qu’en 2014).

Les mouvements extrémistes sont très agissants dans deux directions qui peuvent se révéler bien dangereuses pour les relations qu’entretient notre pays avec l’ensemble européen. Le premier, et sur lequel on pourrait craindre le pire, ce sont les restrictions en matière de migration.

Et il suffit pour s’en convaincre de suivre de près les faits et gestes d’un Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur de l’Italie et Secrétaire général de la Ligue du Nord. Tout le monde se souvient de sa déclaration de juin 2018 dans laquelle il a soutenu que la Tunisie envoyait des « repris de justice » (sic) à travers des embarcations clandestines. Des propos suite auxquels, l’ambassadeur d’Italie en Tunisie a été convoqué au ministère des Affaires étrangères tunisien.

« La Corrèze avant le Zambèze »

L’homme, comme du reste la patronne du Rassemblement National, Marine Le Pen, croient dur comme fer à la « préférence nationale ». Un credo qui peut légitimer et favoriser nombre de décisions pour rendre la vie dure aux migrants en matière d’emploi, de logement et de droits sociaux en général.

« Une préférence nationale » qui pourrait conduire les partis extrémistes au nom de leur europhobie et de la souveraineté nationale à revoir les règles de la coopération avec le monde extérieur.

Nous en avons eu un avant-goût avec l’ « America first » (« L’Amérique d’abord ») d’un Donald Trump qui agit en vue de changer les règles de la coopération internationale. Un des apôtres de ce modèle sociétal a dit un jour « La Corrèze avant le Zambèze ».

Vous avez reconnu la phrase de ce journaliste français, Raymond Cartier, et qui soulignait là, dans les années cinquante, qu’il fallait se consacrer au développement économique de la France métropolitaine plutôt que de servir « des crédits à l’Afrique noire ».

Ce Raymond Cartier ne cesse de faire des émules. Marine le Pen et Matteo Salvini, qui viennent de gagner les Européennes, en sont des prototypes.

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour
    Je trouve l’article très intéressant.
    Mais, cependant , les immigrés tunisiens qui représentent 1,2milions et environ 800 milles en France .
    Envoient environ 2500 millions de dollars par an vers la Tunisie,autrement dit ils les injectent dans l’économie du pays.
    Le jour où le pays prend on concèderation ces ressortissants :
    1 le pays d’accueil les respectes
    2 ils feront en sorte d’Être des vrais ambassadeurs .
    3 ils s’intégrèrent de manière intelligente
    4 ils deviennent des vrais acteurs ( économiques, culturels et cultuelles)
    Pour conclure un enfant du pays c’est comme un enfant tout court.
    Vous le valoriser il produit.
    Être un homme politique c’est un choix, être un homme d’etat C’est une vocation.

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