Abdelwaheb Ben Ayed n’est plus

La nouvelle est tombée comme la foudre. On le savait malade, mais la mort a eu raison de sa combativité et de son goût effréné pour la vie. Abdelwaheb Ben Ayed n’est plus.

Il nous quitte à 81 ans laissant derrière lui un empire qu’il a bâti à la force des bras, par une intelligence hors norme et l’envie jamais rassasiée d’entreprendre. Il a marqué de son empreinte les différentes étapes du développement de l’économie nationale. Pionnier parmi les pionniers, il a hissé la Tunisie au rang des plus grands producteurs mondiaux dans l’agrobusiness. Il a été pour beaucoup dans les avancées industrielles. En si peu d’années le groupe Poulina, devenu figure emblématique du pays, s’est emparé de la première place dans les nouvelles technologies.

Visionnaire, ABA voyait grand et loin. La Médina de Yasmine Hammamet restera un monument à la gloire de l’humanité dans l’histoire du pays et de la Méditerranée. Travailleur infatigable, il incarnait la rationalité à l’état pur, autant dire l’excellence. Il avait l’ambition de faire de la Tunisie l’égal des pays du bassin méditerranéen. Il n’y a rien de ce que font les occidentaux et les asiatiques que nous, Tunisiens, ne puissions faire, avait-il coutume de dire.

Il s’est éteint à l’apogée d’un groupe qu’il a structuré, dont il a façonné le mode de gouvernance et assuré la pérennité de son vivant.

Cet esprit vif, curieux, intelligent, porté en permanence sur l’innovation s’est éteint, plongeant le pays dans un deuil profond. Ce grand bâtisseur laisse derrière lui un vide sidéral et d’énormes enseignements.

Un Patriote dans le sang, pour qui les intérêts de la Tunisie passaient avant et au-dessus de tout, depuis qu’il était jeune étudiant en France. Il répétait souvent que tout ce qu’il a réalisé durant toute sa vie active avait un seul but : le développement de sa chère patrie.

L’un des plus grands hommes d’affaires que la Tunisie ait jamais connu a marqué l’histoire économique de la Tunisie par son génie. Visionnaire hors-pair, il était à lui seul une véritable école de management. Innovateur sans limite, il ne reculait devant rien pour hisser Poulina Group Holding au premier rang de l’économie tunisienne.

Le travail, le travail et rien que le travail était son quotidien. Sa devise était : « Gérez votre temps à la seconde ». Homme intègre, humble dans sa grandeur, amoureux de la culture, humaniste dans ses relations, le Père de tous, rassembleur, apolitique, farouche combattant du clanisme, du baronisme, du sectarisme et du régionalisme.

Père de l’aviculture moderne en Tunisie, qu’il a créée depuis 1967, Feu Abdelwaheb Ben Ayed a tout inventé dans ce domaine. Il s’était donné pour mission de révolutionner les habitudes culinaires de ses concitoyens (basées historiquement sur les viandes rouges) pour assurer leur sécurité alimentaire et encouragé par cinq amis qui n’ont guère été avares de leur soutien : Mohamed Bouzguenda, Feu Abdelhamid Bouricha, Taoufik Ben Ayed, Feu Slaheddine Chadly et Feu Hedi Brini, puis rejoint en 72 par le Feu Mohsen Kallel.

Feu Abdelwaheb Ben Ayed a réussi à faire de Poulina une « école de la vie », une « entreprise écoresponsable » et une « entreprise citoyenne ». La première « à voir évoluer dans ses rangs des dizaines de milliers de collaborateurs », « des générations de compétences imprégnées de la culture Poulina qui ne se limite pas à la maîtrise de la fonction, mais bien au-delà pour s’inscrire dans une évolution continue et atteindre la perfection ».

Par ailleurs, associé la culture au savoir était le cheval de bataille de Feu Abdelwaheb Ben Ayed pour combattre l’intégrisme et le fanatisme. Et pour cela il a réussi à réaliser son rêve le plus fou, contre vents et marées, son chef d’œuvre architectural, touristique et culturel : la Médina Mediteranea de Yasmine Hammamet, un vrai musée à ciel ouvert et carrefour des civilisations et de la tolérance.

Philanthrophe de nature, il a durant toute sa vie aidé les plus démunis, il a œuvré depuis la création de Poulina à soutenir et à être aux côtés des Tunisiens les plus démunis dans leurs moments les plus difficiles. Notamment pendant les occasions religieuses (Ramadan) et les catastrophes naturelles telles que les vagues de froid et les inondations.

Cette politique citoyenne et écoresponsable instaurée par Feu Abdelwaheb Ben Ayed a permis à PGH d’adhérer au Pacte Mondial de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) des Nations Unies et devenir un partenaire actif sur le terrain national.

Sa dernière œuvre, pour consolider cette vision, était la création de la Fondation PGH pour le Savoir, dont l’objectif principal est la promotion de la culture du savoir et le soutien des jeunes tunisiens diplômés.

Enfin, Feu Abdelwaheb Ben Ayed a tout mis en place pour assurer la pérennité et la bonne gouvernance de PGH après sa disparition. En garantissant un changement fluide dans la continuité. Dans ce cadre, Poulina et ses collaborateurs honoreront la mémoire de leur Président-Fondateur, à travers le respect total de sa volonté. Et ce, en travaillant avec le même enthousiasme de son vivant, pour sauvegarder les acquis réalisés durant plus de 50 ans d’existence et développer davantage Poulina Group Holding, le premier groupe industriel privé et mastodonte de l’économie tunisienne.

Toutes nos condoléances à sa femme, ses enfants, ses proches et toute la classe entrepreneuriale.

La levée du corps aura lieu le vendredi 05 avril 2019 à midi, de son domicile sis aux Berges du lac -Résidence Trianon.

La présentation des condoléances aura lieu à partir de 13:45, à la mosquée de Malek IBN ANAS – Carthage.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here