Sommet arabe de Tunis : une rencontre à marquer d’une pierre blanche

Sommet arabe L'Economiste Maghrébin
Tenue d’une réunion, le 30 mars 2019, regroupant le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini et le président de la commission de L’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat

A l’exception de quelques dirigeants retenus pour des raisons évidentes, personne n’a quasiment manqué à l’appel d’un sommet que la Tunisie a réussi à bien organiser.

Que dois-toi retenir du 30ème Sommet de la Ligue des Etats arabes ? D’abord, une parfaite organisation. La Tunisie est du reste connue pour ses réussites dans ce domaine. Elle a fait ses armes dans l’organisation d’événements de dimension planétaire, comme le Sommet de l’information (en 2005), ou encore les Jeux Méditerranéens en 2001, la Coupe d’Afrique des Nations de football en 2004 et aussi le Championnat du monde de handball en 2005.

Pas de nouvelle, bonne nouvelle, dit le proverbe français. Autant dire qu’aucun incident ou couac n’a été porté à la connaissance de tous. A commencer par la presse qui n’a pas pipé mot côté organisation. Sinon pour la louer.

Une organisation impeccable

Précédé par la tenue des assises du Conseil économique et social arabe (le 26 mars) et de la deuxième conférence destinée à promouvoir les réalisations et les activités des organisations et institutions œuvrant dans le cadre de l’action arabe commune (24-26 mars), le sommet, tenu donc le 31 mars, a attiré une foule de journalistes.

Il faut dire que le chef de l’Etat avait dans son adresse au peuple tunisien du 31 décembre 2018 mis l’action sur l’importance de l’événement. La Tunisie avait du reste besoin d’apparaître sur la scène internationale avec un événement de taille et ce dans une actualité bien mouvementée.

Le président Mohamed Béji Caïd Essebsi pensait-il pouvoir réussir une apparition qui ne pouvait que le servir à quelques mois d’échéances électorales très disputées ? Peut-être. Certains du moins le pensent. Quoi qu’il en soit le bon rendu du sommet ne peut que servir son aura. Et c’est de bonne guerre.

Toujours côté organisation, le travail accompli par la Radio et la Télévision Tunisiennes, tous deux host-broadcaster de l’événement, à côté de l’ASBU (l’Union des Radiodiffuseurs Arabes) est, sans doute, à saluer. Tout a été mené de main de maître par des opérateurs qui ne sont pas à leur premier succès.

De fortes délégations

Sachant qu’aucun événement ne peut réussir en l’absence des équipements et installations mises en place en vue d’assurer les envois, la diffusion d’images, les stand-up, les salles de montage et autres outils permettant aux journalistes le reportage des faits, ils ont mis les bouchées doubles.

Ensuite, la présence de nombreux dirigeants arabes. Car, et à l’exception de quelques dirigeants retenus pour des raisons évidentes, personnes n’a quasiment manqué à l’appel. La présence du roi Salmane (Arabie Saoudite), du roi Abdallah II (Jordanie), du président Al Sissi (Egypte), de l’émir Sabah-Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah (Koweït), de l’émir Tamim Ben Hamad Al-Thani (Qatar), de Michel Aoun (Liban), est, à ce niveau à remarquer.

Le fait que certains soient arrivés avec une importante délégation montre tout l’intérêt porté au sommet et sans doute à la Tunisie dont la diplomatie s’est toujours distinguée par une pratique et des valeurs qui mettent la résolution des conflits et la non-ingérence au centre de ses préoccupations premières.

On pourrait dire que l’actualité du moment pouvait imposer une forte présence des dirigeants arabes au sommet de Tunis. La lecture des recommandations du 30ème sommet, ainsi que des déclarations des dirigeants arabes ne pouvaient que faire ressentir à tous la gravité du moment et le fait qu’une réelle conscience est apparue quant aux défis que connaît et devra encore connaître le monde arabe.

Les faits et gestes du président américain, Donald Trump, quant à ses reconnaissances d’Al-Qods en tant que capitale d’Israël et sa légitimation de l’annexion par l’Etat hébreu du plateau du Golan, ainsi que les exactions du même Etat en Palestine, ne peuvent du reste ne pas susciter des réactions.

Le dossier libyen bien présent

Les nations arabes ont exprimé, à ce propos, un « trop c’est trop », pour signifier aux Américains, aux Européens et au reste du monde qu’il faut maintenant agir pour arrêter une hémorragie qui ne conduira qu’à une annexion totale des territoires arabes sous le joug de l’Etat hébreu en Palestine, en Syrie et au Liban.

La tenue, en marge du sommet, d’une réunion, le samedi 30 mars 2019, regroupant le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini et le président de la commission de L’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, le président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen d’entente nationale Fayez al-Sarraj et le représentant spécial, chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), Ghassan Salamé, en dit long sur le rôle joué par la diplomatie tunisienne pour faire bouger encore une fois le dossier libyen.

La réunion était du reste salutaire afin de, notamment, mieux préparer la Conférence nationale préparatoire, les 14 et 16 avril 2019, à Ghadamès, dans le Sud libyen. Celle-ci devrait « conduire à un accord sur la mise en place d’une Constitution et fixer le calendrier des élections législatives et présidentielle ».

1 COMMENTAIRE

  1. un article réaliste mais un peu anodin qui n’a point évoqué ni les dossiers chauds et délicats de la Syrie de l’Irak ni le Yemen

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here