Sonia Becheikh promet de lourdes sanctions contre les fautifs

Sonia Becheikh L'Economiste Maghrébin
Conférence de presse aujourd'hui, 11 mars

La ministre de la Santé par intérim, Sonia Becheikh, promet de lourdes sanctions contre les fautifs. Elle a tenu une conférence de presse aujourd’hui, 11 mars, pour revenir sur la mort de 11 nourrissons prématurés, entre le 7 et 8 mars.

Le décès n’est pas dû à un médicament infecté ou expiré, déclare la ministre, lors de son intervention. Elle affirme que tous les médicaments sont contrôlés par plusieurs organismes, avant l’accès aux marchés et aux hôpitaux. Ainsi, elle a exclu cette possibilité.

Par ailleurs, Sonia Becheikh promet de lourdes sanctions contre les fautifs et confirme l’ouverture d’une enquête. Il s’agit d’une commission multidisciplinaire composée de compétences indépendantes (plus de 11 personnes), d’après la ministre. Et la ministre promet que l’enquête portera ses fruits. « Ce n’est pas une enquête pour calmer les esprits », lance-t-elle.

En outre, la ministre a indiqué que des prélèvements ont été faits dans tout le service (air, surface, eau, alimentation). Ils ont tous été envoyés à un laboratoire de référence à Nabeul.

De son côté, le ministère public a fait également ses propres prélèvements pour les envoyer à un autre laboratoire. Les résultats préliminaires de l’enquête seront prêts dans cinq jours. Quant aux résultats définitifs, ils le seront dans dix jours.

Revenant sur la situation des bébés prématurés, elle précise qu’il s’agit de bébés dont le poids varie entre 400 et 1300 Kg, de 28 à 32 semaines, avec un système immunitaire faible. En Tunisie, le risque de décès pour des prématurés atteint 40%. Il va sans dire que cela n’exclut pas les responsabilités, continue-t-elle. Elle a indiqué que les préparations alimentaires pour ces bébé se font dans une « salle blanche conforme à toutes les normes internationales d’hygiène ». Cette alimentation est mise dans des poches réservées à cet effet.

Sonia Becheikh a donc révélé qu’il s’agit d’une infection nosocomiale. Ce phénomène n’est pas spécifique aux hôpitaux tunisiens. C’est un phénomène qui touche tous les hôpitaux dans le monde. Elle dément les informations circulant sur la faiblesse du budget du ministère de la Santé, puisqu’il est le quatrième ministère, en termes de budget.

Puis, s’adressant au ministre démissionnaire, Abderraouf Cherif, elle a indiqué qu’il n’est pas le seul responsable. « Vous n’êtes pas le seul responsable. Moi aussi j’étais secrétaire d’Etat à la Santé et j’ai travaillé pendant 20 ans au ministère de la Santé », lance-t-elle.

Et de rappeler que ce qui s’est passé est le résultat d’un cumul, sur des années. Par ailleurs, elle a lancé un appel à ne pas instrumentaliser et/ou politiser l’affaire. Surtout par respect pour la douleur des parents. Il faut plutôt rétablir la confiance entre les citoyens et l’institution de la santé publique d’une part,  et les médecins et les médias, d’autre part.

Enfin, la ministre a confirmé le décès d’un autre nouveau-né prématuré hier. Le Chef du service de La Rabta considère que ce douzième décès s’inscrit dans le même cadre que les 11 autres.

Sur un autre volet, la ministre a déclaré que le Chef du gouvernement a donné un ultimatum d’un mois au ministère de la Santé pour remplacer les cartons dans lesquels sont remis les bébés morts, par une autre procédure plus décente qui respecte la dignité du bébé et de sa famille.

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