L’entreprise et les réformes de rupture

L'entreprise et les réformes L'Econmiste Maghrébin

La 33ème session des Journées de l’entreprise qui se tiendra les 7 et 8 décembre sera organisée sur le thème « l’entreprise et les réformes de rupture ».  Pour ce thème, une pléiade de conférenciers et de panélistes essayeront de répondre à un ensemble de problématique.  

Selon une note conceptuelle publiée récemment par les organisateurs de la 33ème édition des Journées de l’entreprise, des réformes, pourtant nécessaires, sont aujourd’hui occultées, sous prétexte du risque qu’elles pourraient représenter au niveau des réserves de changes, de l’équilibre social ou du déficit budgétaire. Il s’agit donc de tout ce qui touche à la réglementation de change, au marché du travail et à la pression fiscale.

Le panel d’ouverture de l’édition 2018 des Journées de l’entreprise discutera de la nécessité de réformer ces trois axes et d’évaluer le coût de cette mesure. Ce panel d’ouverture sera marqué par la présence de Youssef Chahed, chef du gouvernement, Anibal Cavaco Silvan, ancien président portugais, Emma Navarro, vice-présidente de la Banque européenne d’investissement (BEI) et Andrew Wilson, directeur exécutif du Centre International pour l’Entreprise Privée (Usa).

Existe-t-il des solutions de rupture, où ces reformes seront menées, sans nuire aux équilibres fragiles actuels, mais en permettant de trouver l’oxygène permettant la relance? La marge de manœuvre pour entamer ces réformes a toujours été réduite, mais elle s’est de plus en plus amenuisée au fil du temps. Par peur de rompre des équilibres macro-économiques et sociaux fragiles, nous avons reporté à demain… Et le risque d’une rupture brutale devient de plus en plus grand aujourd’hui. Alors faut-il continuer à maintenir une certaine rigidité pour passer le cap, en attendant que les choses s’améliorent ? Faut-il procéder par petites touches en espérant que l’on enclenchera une spirale vertueuse ? Ou bien faut-il aller vers des solutions de rupture qui donneront une véritable impulsion nouvelle, au risque d’avoir un dérapage majeur si les choses ne passent mal ?

Réglementation de change et politique monétaire

La première séance portera sur la « Réglementation de change et la politique monétaire ». Le dinar tunisien s’est déprécié significativement lors des dernières années, les réserves en devises sont à leurs plus faibles niveaux. Les entreprises tunisiennes trouvent de plus en plus de difficultés dans leurs opérations à l’international, d’où la menace d’une inflation grandissante qui a conduit la BCT à augmenter ses taux. Ce qui ne manquera pas d’affecter l’investissement et la profitabilité des entreprises. L’internationalisation des entreprises tunisiennes, la convertibilité courante effective, la facilitation du financement des entreprises sont délaissées au profit d’une rigidité accrue dans l’application de la réglementation en vigueur. Et ce, dans un souci de soutenir les réserves de changes et contenir le déficit de la balance de paiements.

Nous n’avons pas d’autres leviers à actionner, tels une amnistie de change, un ancrage du dinar ou une libéralisation des opérations de capital pour améliorer les choses, tout en libérant un peu plus les énergies des entreprises tunisiennes ? Est-ce qu’une politique de taux d’intérêts différenciés n’est pas à même de protéger l’investissement ? Quid du marché parallèle ? Alors que l’on assiste à un durcissement et un ralentissement des opérations courantes pour les entreprises structurées pour cause de conformité bancaire dans la lutte contre le blanchiment et le terrorisme ! Faut-il légiférer sur les termes de paiement des transactions commerciales, avec un impact majeur sur le besoin en fonds de roulement et le financement à court-terme des entreprises, et sur le risque défaillance de certains acteurs à l’échelle macro-économique, comme cela a été fait dans certains pays européens ? Comment passer d’une culture de contrôle a priori à celle d’un contrôle a posteriori, qui rétablirait un peu plus l’équilibre en faveur de l’économie structurée, actuellement pénalisée au profit du marché parallèle qui échappe aux contrôles ?

Réforme fiscale : ressources et pression

Depuis 2011, la pression fiscale a atteint des niveaux historiques en Tunisie et elle est considérée parmi les plus élevées au monde, touchant ainsi la compétitivité des entreprises transparentes. Ainsi, limitant leurs capacités de développement et permettant la prolifération du marché parallèle, de l’évasion fiscale et d’une économie souterraine grandissante.

C’est pourquoi la deuxième séance placée sur le thème de la « Réforme fiscale : ressources et pression » sera l’occasion de synthétiser des propositions de solutions concertées dans une vision globale qui peut faire l’objet d’un pacte national de compétitivité, à l’instar de plusieurs pays.

La réforme du code de travail : productivité et flexisécurité

La troisième séance et dernière abordera de « La réforme du code de travail : productivité et flexisécurité ». Un débat pour des propositions de réformes entre les partenaires sociaux capables de ramener à la fois des gains de productivité et le maintien de la stabilité sociale.

L’observation de l’expérience des autres pays le montre : le retour de la croissance passe impérativement par des gains de productivité. La Tunisie est parmi les plus mauvais pays en terme de compétitivité de son marché de travail, selon le classement du WEF. Réformer le marché de travail ne signifie pas une flexibilité tous azimuts tels que la flexisécurité, l’annulation du temps de travail ou la rémunération indexée sur le résultat ne doivent pas être occultées dans les débat avec les syndicats. Débats qui en viennent à se limiter presque aux seules augmentations de salaires, tant on a tracé de lignes rouges autour de thématiques pourtant fondamentales.

L’avenir du travail fera aussi l’objet de discussions de ce panel. Un débat sur les aspects de l’avenir du travail dans le cadre de la quatrième révolution industrielle. Dans ce contexte, une analyste plus approfondie de la réforme du travail est nécessaire, afin de s’aligner avec les niveaux concepts du travailleur et du lieu de travail, après l’introduction et l’adaptation de nouvelles technologies.

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