Tunisie : une nouvelle troïka ?

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Le parlement vient d’approuver le remaniement ministériel, engagé par le chef du gouvernement Youssef Chahed. Nidaa Tounes boycotta la réunion. Il se place désormais, dans l’opposition, en dépit de son triomphe aux élections de 2014. Le nouveau gouvernement est soutenu par Ennahdha, la coalition nationale et Machrou3 Tounes.

Peut-ont parler de la prise de pouvoir d’une nouvelle troïka ? Il serait exagéré, vu les rapports de forces, de parler d’une domination idéologique d’Ennahdha, bien que son influence soit évidente.

Le choix de la plupart des ministres et surtout l’exclusion de certains de leurs collègues de cette formation, attestent un alignement de fait du chef de gouvernement sur les positions de ses alliés ?

Le programme annoncé par Youssef Chahed fut plutôt considéré comme “une déclaration d’intentions”, qui peut difficilement dissiper les inquiétudes de la classe politique.

Des députés évoquèrent volontiers la précarité, le chômage, la baisse du pouvoir d’achat et l’endettement, qui ont défini la gestion gouvernementale, depuis 2011.

Les réformes nécessaires pourraient d’ailleurs difficilement être engagées, dans une année électorale, où les éventuels candidats ménagent l’opinion.

“Le brouillard politique”, suite à la crise politique, aurait contrecarré la gestion gouvernementale, a affirmé le chef du gouvernement, lors de la présentation du remaniement, au parlement.

Ne faut-il pas expliquer également le blocage par l’absence de programmes globaux économiques et sociaux, au service d’une vision d’avenir ?

D’autre part, le grand nombre de ministres et de secrétaires d’Etat (41 membres) n’est pas en mesure de réduire les dépenses de l’Etat et de cibler les priorités.

Les discours fondateurs de la coalition et de Machrou3 Tounes et le choix du néo-destourien Kamel Morjane, permettent d’espérer le respect des acquis du bourguibisme.

Des observateurs estiment cependant que cette possibilité serait évidemment hors de question, vu les choix “stratégiques” d’Ennahdha.

Mais nombreux sont ceux qui rejettent ce diagnostic. Le nouveau gouvernement mis à l’épreuve, serait évidemment soumis à des tests révélateurs :

  1. Remettrait-il à l’ordre du jour le projet du Président Caïd Essebsi, relatif à l’égalité de l’héritage ?
  2. Serait-il en mesure de mettre en application la décision parlementaire de la non prolongation des travaux de l’Instance Vérité et Dignité. Nidaa Tounes et Machrou3 Tounes l’ont d’ailleurs vivement réclamé cette semaine.

En ce qui concerne la crise économique et les attentes des citoyens, les options libérales du gouvernement ne seraient pas, semblait-il, en mesure de les traiter. Comment pourrait-on alors atténuer la colère des citoyens et créer un meilleur environnement pour les élections législatives et la présidentielle ?

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