Football « Out of the Box»: désignation des futurs Champions du Monde de la FIFA

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La Coupe du monde de la FIFA, Russie 2018, qui s’est déroulée du 14 juin au 15 juillet 2018 a vu triompher l’équipe de France pour la deuxième fois de son histoire. Les amoureux du football, quant à eux, ont décidé que la Croatie, voire la Belgique, seraient les véritables vainqueurs.

Anis ToumiSurprenant, non ?

Eden Hazard, joueur du Chelsea Football Club et des Diables Rouges, revient, dans un entretien accordé au magazine Téléfoot du dimanche 14 octobre 2018, sur le souvenir qu’il a retenu du Mondial. « On a perdu contre l’équipe de France (en demi-finale), quand je vois la réception qu’on a eue à Bruxelles, c’est comme si on avait gagné. Je ne pense pas que ça aurait été différent si on avait gagné. C’est comme si j’avais gagné la Coupe du monde ».

Hatem Ben Arfa, joueur du Stade Rennais Football Club et ex-international, s’est interrogé sur le style de jeu des Tricolores dans une tribune publiée le 16 juillet 2018 par France Football : « On ne va pas se le cacher : le style et l’identité ultraréalistes des Français sont assez moches. Et je n’ai pas envie que ce style là devienne désormais la norme dans les centres de formation ou les clubs, puisque l’on a souvent l’habitude d’essayer de copier le nouveau champion du monde. »

Finalement, les Bleus sont-ils vraiment Champions du monde 2018 ? Sommes-nous collectivement d’accord ? Est-ce accepté par chacun ?

Quel pourrait être le nouveau paradigme de désignation du futur champion du monde de football ?

Certes, une équipe de football ne devient pas champion du monde par hasard. Elle doit cumuler des qualités sportives, techniques, tactiques, athlétiques, mentales, organisationnelles et humaines. Elle doit aussi avoir la Baraka. Les Bleus avaient tout ce qu’il fallait pour remporter la coupe et réaliser ce que les pronostiqueurs, les bookmakers et les pseudos études scientifiques d’UBS et d’autres universités prestigieuses, n’avaient pas vu venir. Même Achille, le félin blanc et sourd, qui a pris le relais de Paul le poulpe, n’a pas réussi à voir l’équipe des Bleus arriver à destination. L’Allemagne, l’Espagne et le Brésil étaient même les favoris de l’Intelligence Artificielle.

Plus grave encore, dès la fin de cette coupe du monde des voix se sont élevées pour remettre en question le mérite de l’équipe de France qui aurait battu injustement la Belgique en demi-finale !

La Croatie ou la Belgique auraient fait de plus beaux vainqueurs !

Surprenant, non ?

Pas si surprenant que ça si nous prenons en compte l’émotion subjective, que peut procurer le football chez chacun, selon les critères qu’il pondère le plus dans sa définition du « beau jeu ». Il en est ainsi des efforts fournis sur le terrain, des tentatives pour marquer des buts, de la qualité des passes, du volume, de la vitesse et de la qualité du jeu, des gestes techniques des joueurs et de l’injustice.

Cette même émotion qui envahit le supporteur quand les choses ne tournent pas dans le sens qui l’arrange.

Finalement, il ne suffirait plus de gagner une finale pour être un beau champion du monde

Il y aurait d’autres exigences et d’autres critères pour gagner sa légitimité et être accepté et félicité : une équipe qui aime développer un jeu plaisant avec des gestes techniques extraordinaires, des buts impossibles, des accélérations inhumaines, des joueurs avec des belles coiffures, des gentlemen increvables et qui font 11 secondes aux 100 mètres et à la 91ème minute. Une équipe qui véhicule en permanence un cocktail d’émotions et de valeurs : la joie, le plaisir, la solidarité, l’efficacité, l’effort, la souffrance et la domination.

Le spectacle devrait être parfait, sans fausses notes. Le spectacle des gladiateurs, des Maximus Decimus des temps modernes. Il faut gagner la foule, pour gagner sa liberté et sa légitimité.

Nous parlons bien d’un spectacle dont le sport ne serait que l’une des composantes. Le spectateur voudrait lui en avoir pour son argent. Ce qui semblerait être légitime puisqu’il paye très cher pour se déplacer et assister à un beau spectacle de football avec le happy end adapté à ses attentes.

En partant de ce constat, comment la désignation du vainqueur de la Coupe du monde pourrait-elle évoluer pour répondre à cette exigence de l’émotion, du spectacle et de la foule, donc du marché ? Quel paradigme pourrait émerger ?

Nous pourrons imaginer un nouveau paradigme de désignation, mais rien n’empêcherait d’en imaginer d’autres.

La FIFA fournit des informations très fiables

Par exemple, en analysant les métriques et statistiques de la dernière Coupe du monde, disponibles sur le site de la FIFA (et globalement reproduite ci-dessous), il y aurait certainement un moyen de trouver une formule de désignation adaptée.

La FIFA dispose d’un système d’information complet et puissant. A chaque match et à chaque tournoi nous pouvons tout savoir, mais vraiment tout savoir.

Voici un échantillon de variables et de mesures intéressantes et disponibles :

  • Le nombre de buts (marqués et encaissés sur penalty ou en cours du jeu ou contre son camp).
  • Le nombre de tentatives, par joueur et par équipe.
  • Le nombre de kilomètres parcourus, par joueur et par équipe.
  • Le nombre de passes réussies, par joueur et par équipe.
  • Le nombre de balles interceptées ou récupérées, par joueur et par équipe.
  • Le nombre de dégagements, tacles et arrêts, par joueur et par équipe.
  • Le nombre de joueurs participants aux matchs parmi la liste des 23, à vérifier.
  • Le nombre de cartons, jaunes et rouges.
  • Le nombre de fois que les décisions de l’arbitre ont été contestées par les joueurs ou le staff, à vérifier.
  • La meilleure défense, la meilleure attaque.
  • Les pourcentages de possession du ballon par équipe, à vérifier.

Imaginons que gagner une finale de Coupe du monde ne constituerait que la première étape d’un processus, un peu plus sophistiqué, de désignation.

Peut-on envisager d’autres paramètres ?

L’équipe qui gagnerait la finale obtiendrait un nombre de points, qui pourrait être lui-même bonifié par le nombre de buts marqués ou par la différence de buts en finale. Plus la différence est grande plus la bonification est importante. L’équipe qui perdrait la finale obtiendrait, quant-à-elle, un autre nombre de points inférieur.

Ensuite, les équipes patienteraient sur le terrain, exactement comme le fonctionnement actuel de La VAR, afin que l’arbitre puisse aller visionner l’écran et identifier l’équipe qui serait sacrée championne du monde (et qui pourrait être l’équipe qui aurait perdu la finale).

La désignation se ferait en quelques minutes via un traitement mathématique d’une modélisation à plusieurs variables. Cette modélisation tiendrait compte bien évidemment du score de la finale, mais également de tous les paramètres du jeu (les variables que j’ai déjà cités ne sont que quelques exemples) et du fairplay (nombre de cartons jaunes et rouges, le nombre d’insultes et de crachats, le nombre de fois qu’un joueur n’a pas serré la main de son adversaire après un choc ou un contact dans le jeu, etc…). D’autres variables exogènes et/ou extra sportives pourraient enrichir ce modèle mathématique. A titre d’exemple : le classement FIFA de l’équipe, le palmarès de l’équipe, le nombre de licenciés en football dans le pays, le nombre de centres de formation, le nombre de clubs amateur, le nombre de clubs professionnel, le nombre d’installations sportives aux normes, le nombre de footballeurs ayant fait des études jusqu’au BAC et +, le nombre de licenciés à mobilité réduite, le nombre de téléspectateurs, le nombre de supporteurs et supportrices dans les tribunes, le nombre de billets vendus, etc.

Après les 5 minutes de visionnage de l’arbitre, l’équipe qui obtiendrait le meilleur score final est désignée champion du monde. Pas de jaloux et pas d’embrouilles, ni des circonstances de jeu qui auraient empêché à 100% telle ou telle équipe, plus méritante, de triompher.

Les pondérations, les poids et facteurs multiplicateurs des variables sont très importants. Une équipe qui remporte la finale de la Coupe du monde avec 2 buts d’écarts est à 80% assurée d’être Champion du monde. Vous voilà un peu rassuré !!

L’ingéniosité humaine étant surprenante, il pourrait y avoir des nations qui pourraient être tentés de manipuler un peu les réalités ou de maquiller plus joliment la mariée : des PMR fictifs, des affiliations de masse aux fédérations de football avant le début de la Coupe du monde, ou peut-être même des personnes déjà décédées et qui joueraient encore au football avec une licence.

Cela peut-il engendrer une modification des résultats ?

L’historique des statistiques des nombres de licenciés par fédération de football, qui est lui-même remonté annuellement à la FIFA pour des réaffectations budgétaires, pourrait permettre de contourner les grosses manœuvres. Ceci dit, une équipe n’aurait aucune chance d’être désignée champion du monde si elle n’atteignait pas au moins la finale.

Pour résumer, et selon les statistiques de la FIFA, même si la France est une équipe qui a couru beaucoup moins que la Croatie, aussi bien au niveau individuel que collectif, elle reste meilleure au niveau du fairplay et de l’efficacité offensive.

Au 30 juin 2017 la France, via la FFF, comptait à peu près 2,2 millions de licenciés (filles et garçons) contre 130 000 en Croatie. La Croatie est certes un très grand pays de football, mais reste un petit pays en population et en nombre de licenciés. Le classement FIFA est également à l’avantage de l’équipe de France. La Croatie n’aurait alors presque aucune chance d’être désignée champion en perdant la finale, avec deux buts d’écart.

L’équipe de France a gagné sa finale et cela lui a déjà donné un avantage conséquent pour être désignée Champion du monde de football en 2018, quelle que soit la méthode de désignation utilisée.

Pour ma part je serais favorable à une évolution des méthodes de désignation des futurs champions du monde. Cela en intégrant aussi bien d’autres critères sportifs, autres que le résultat d’un match, que des critères extra sportifs.

Plus que jamais le football devrait continuer à être au rendez-vous de ses responsabilités sociétales dans la transmission des valeurs du sport et dans l’évolution des comportements des acteurs et des supporteurs.

Au plaisir de lire vos commentaires et vos remarques.

 

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