L’Assemblée générale des Nations unies : pour quoi faire ?

Nations unies L'Economiste Magrébin

La session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte à New York. Elle est l’un des principaux rendez-vous annuels de l’agenda diplomatique de la « communauté internationale ».

Elle est d’ores et déjà marquée par la déclaration de Donald Trump. Le président américain s’est vanté à la tribune de son propre bilan. « En moins de deux ans, mon administration a accompli plus que quasiment toute autre administration dans l’Histoire de notre pays », a-t-il lancé.

L’auditoire, bien qu’essentiellement composé de diplomates, n’a pu se retenir d’éclater de rire… Au-delà de cette anecdote, le chantre de l’unilatéralisme a nourri la crise du multilatéralisme. Et ce, pour mieux plonger l’ordre international dans un semblant d’anarchie.

Selon l’ex-ambassadeur de France aux États-Unis, Pierre Vimont, « la question est de savoir si l’on n’assiste pas à un tournant de la diplomatie américaine. Prémices d’un mouvement de fond qui va progressivement bouleverser l’ordre international tel qu’il a existé depuis 1945. Et faire apparaître un nouveau monde « post-américain », lourd de menaces et de déséquilibres ».

Nations unies : une tribune pour les Etats

La tribune onusienne offre l’opportunité pour chaque Etat de décliner sa vision du monde et d’afficher ses priorités diplomatiques. L’Evènement est aussi l’occasion de renforcer les relations bilatérales et multilatérales des chefs d’Etat et de gouvernement.

Reste que le modèle de l’organisation inter-étatique classique est questionné dans un contexte de mondialisation. Ce contexte est caractérisé par une logique d’interaction et d’interdépendance. Et rythmé par un temps qui n’est pas celui de la diplomatie et de la négociation intergouvernementale.

Plus largement, la portée institutionnelle et médiatique de l’Assemblée générale des Nations unies contraste avec une forme de désétatisation de l’ordre international. Des acteurs extra-étatiques s’affirment dans ce dernier.

Nations unies et ordre international

L’État a longtemps conjugué le monopole de la souveraineté et la supériorité de sa puissance internationale. Un statut international unique et privilégié de plus en plus contesté. L’ordre international ne se réduit plus à un ordre inter-étatique.

La société internationale stato-centrée n’est plus. L’altération des attributs de la souveraineté et de la puissance de l’État caractérise une société mondiale. Les économies nationales sont interdépendantes. Le pouvoir de décision et les intérêts des États sont en concurrence avec des normes/acteurs privés transnationaux.

Ainsi, l’action extérieure de l’État n’est pas forcément d’ordre inter-étatique. L’État interagit de plus en plus avec des acteurs non-étatiques.

La nouvelle vague de mondialisation a ouvert une ère marquée par l’interdépendance des acteurs étatiques et non-étatiques et la remise en cause d’un ordre international. Ce dernier est fondé sur la frontière étatique, en raison de la multiplication des rapports entre acteurs appartenant à des États différents. Et de la capacité d’acteurs privés d’établir des relations qui font fi des frontières comme de l’autorité étatiques (B. Badie).

La multiplication des échanges (commerciaux, financiers, intellectuels…), les transformations de l’économie internationale qui tendent à créer un marché (mondial) unique pour les biens, les services, le capital et le travail, l’intensification des relations entre individus et/ou groupes de nationalités différentes, sont de nature à contourner les cadres/canaux (inter)étatiques classiques. Et ils accentuent  la trans-nationalisation des relations internationales.

A quand une assemblée des citoyens du monde ?

En outre, l’évolution de la gouvernance mondiale passe par sa démocratisation. Ceci via l’organisation d’une participation active des sociétés civiles, dans la réflexion et la gestion de la mondialisation.

La gouvernance mondiale ne peut plus reposer sur le seul principe des relations directes ou indirectes (par le biais des organisations internationales) entre Etats souverains.

La pensée Habermassienne sur la démocratie – qui conçoit l’espace public au-delà du territoire politique/électoral national – met l’accent sur la qualité de l’information et des processus délibératifs qui débouchent sur la prise de décision.

Ce critère offre une perspective pertinente pour renforcer la légitimité et donc démocratiser la « gouvernance mondiale », en l’absence même de toute légitimité électorale. La formation d’un véritable mouvement social international suppose une organisation des mouvements nationaux à l’échelon global et selon une logique transnationale.

Il convient aussi de concevoir un lieu de représentation de la société civile mondiale, une sorte de « parlement mondial »…

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