L’économie sociale et solidaire, un entrepreneuriat qui a du sens !

sociale et solidaire

Durant les 7 et 8 août 2018, une formation a été assurée au sein de l’incubateur  111-CoThink  sur l’économie sociale et solidaire , une économie qui a du sens. Cette formation avait pour but de permettre aux participants d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour se positionner et se lancer dans le secteur.

Nous avons eu l’opportunité de rencontrer la chercheuse en économie sociale et solidaire (ESS), Houda Bouarir, qui à cette occasion nous a indiqué les raisons pour lesquelles elle a choisi le domaine de l’ESS et nous a parlé de ses futurs projets.

leconomistemaghrebin.com : Pouvez-vous nous parler de votre parcours et des raisons pour lesquelles vous vous êtes intéressée à l’économie sociale et solidaire ? 

Houda Bouarir : J’ai une licence en gestion des entreprises de la faculté Poly-Disciplinaire d’El Jadida complétée par un master en management des organisations sociales de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Fes (Université Sidi Mohamed Ben Abdellah). Durant mes études universitaires, j’ai pu marier la performance académique et le dynamisme associatif. En effet, après avoir participé à plusieurs manifestations autour de l’entrepreneuriat, j’ai suivi la formation Injez El Maghrib qui finissait par une compétition régionale à laquelle j’ai participé avec mon équipe en portant l’idée d’un projet social et nous avons été classés troisième à l’échelle régionale.

En 2013, je me suis lancée dans une autre expérience de l’entrepreneuriat social, celle d’Enactus FSJES-Fes, qui est une filiale d’Enactus Morocco, une organisation internationale qui œuvre dans le domaine de l’entrepreneuriat social et le développement durable. En tant que co-fondatrice de ce club, j’ai pu travailler pendant deux ans sur plusieurs projets qui s’inscrivent dans la sphère de l’économie sociale & solidaire. Ce bénévolat m’a surtout rôdé en matière d’accompagnement en entrepreneuriat social.

Dans ce cadre, j’ai également intégré d’autres associations et participé au montage de plusieurs projets qui tournent autour de ce domaine.

Toutes ces expériences m’ont poussée à continuer dans la recherche dans l’économie sociale et solidaire, et d’effectuer une thèse doctorale dans le but développer des mécanismes d’accompagnement utiles pour les personnes opérant dans ce secteur.

Quelle est la différence entre le secteur de l’économie sociale et solidaire en Tunisie et au Maroc ?

La différence réside surtout dans le fait que le Maroc a promulgué la loi relative à l’ESS et que nous avons même un ministère dédié à l’économie sociale et solidaire. Pour le cas de la Tunisie, la loi est encore en cours de validation.

Au Maroc, l’économie sociale est relativement assez développée par rapport à la Tunisie. L’intéressement pour l’économie sociale et solidaire (ESS) a commencé depuis les années 2000, quand le Roi Mohamed VI a encouragé l’ESS à travers ses discours, en affirmant que le Maroc avait besoin d’une économie solidaire et sociale à côté d’une économie libérale. Des initiatives ont alors été mises en place, la plus connue restant l’Initiative nationale de développement humain(l’INDH) en 2006 et les termes “solidaire”, “sociale” “activité génératrice de revenus- AGR”, “coopératives” sont devenus une monnaie courante dans le pays…

Cette économie sociale et solidaire (ESS) vise en effet à intégrer socialement et économiquement des populations marginalisées (très souvent les femmes rurales) à travers la création d’activités génératrices de revenus pour pouvoir améliorer leur vie. De ce fait, et grâce à cette initiative de « l’INDH », de nombreux projets se sont développés avec des milliers de coopératives et un nombre très important d’associations.

Ceci étant, le Maroc reste encore très inspiré du modèle de l’ESS française.
Pour la Tunisie, je constate qu’il y a déjà une volonté gouvernementale pour développer l’ESS dans le pays. Une fois la loi validée et adoptée par l’ARP, je suis sûre que plusieurs initiatives seront développées et qui auront un impact social important sur les régions défavorisées.

Et comment s’est passée la formation à 111 Co-think ? Quel a été votre programme ?

Le thème de la formation à 111 Co-think était comment entreprendre en économie sociale et solidaire. Le programme était le suivant. Nous avons commencé par la présentation du projet de loi de l’économie sociale et solidaire en Tunisie en la comparant à celle au Maroc et en France.

Ensuite, nous avons fait le point sur le concept de l’ESS en découvrant les enjeux, les contraintes et les perspectives de développement du secteur. Nous avons aussi essayé d’identifier et de concevoir une problématique sociale en expérimentant les techniques de créativité en ESS, dans le but d’élaborer un business modèle viable.

Il y a deux semaines, j’ai aussi effectué une autre formation pour 15 participantes à Testour. Cette formation de GET AHEAD dont je suis accréditée par le BIT (Bureau International du Travail) est un outil qui aide les femmes rurales à encadrer leurs activités génératrices de revenus. Ce programme essaye de leur donner des outils de gestion simplifiés.

Et pour conclure ?

Je suis confiante en l’avenir de l’ESS car aujourd’hui il y a une grande volonté chez les jeunes de changer la situation, d’améliorer la société, de se sentir utile tout en réalisant des actions concrètes et ceci est un facteur encourageant pour l’avenir de l’ESS dans les pays du Maghreb. Un autre facteur encourageant est que l’ESS est basée sur des principes comme la solidarité, l’entraide, la collaboration et le partage qui entrent dans nos traditions et nos cultures. Mais beaucoup reste encore à faire pour développer de nouveaux mécanismes d’accompagnement dans ce domaine afin d’aider les entreprises de l’ESS à se développer.

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