Ridha Chalghoum : atteindre 3% de croissance est possible

Bien confisqués - l'économiste maghrébin
le ministre de finances Ridha Chalghoum

Confiant, rassurant et optimiste, c’est ainsi que le ministre des Finances Ridha Chalghoum est revenu sur l’actualité économique brûlante, lors de son passage sur les ondes radiophoniques, aujourd’hui, 20 mai.

Le ministre a entamé son intervention en revenant sur la récente polémique concernant le versement des salaires du mois de juin. Il a affirmé que le virement anticipé des salaires est une mesure technique qui n’engendre aucune répercussion financière. « C’est juste un surcroît d’effort pour les techniciens du Centre national de l’informatique », a-t-il affirmé.

Le ministre a d’ailleurs tenu à démentir catégoriquement le recours à la planche à billets que certaines rumeurs ont fait croire pour pouvoir assurer les salaires des fonctionnaires. De même, il a affirmé que faire tourner la planche à billets n’est pas possible étant donné que la Banque centrale est une institution indépendante et dispose de plusieurs compétences pour gérer la situation.

Revenant sur la trésorerie de l’Etat, Ridha Chalghoum a affirmé qu’il n’existe aucun problème à ce niveau. Le ministre a tenu à rappeler que le versement des salaires se fera sans retard, tout en respectant les équilibres financiers de l’Etat. Se voulant rassurant, il a indiqué que grâce aux entreprises qui paient leurs cotisations et aux citoyens qui s’acquittent de leurs devoirs fiscaux, le gouvernement ne s’est pas trouvé dans l’obligation de recourir à l’endettement intérieur.

Le ministre a indiqué que selon la loi de finances 2018, le gouvernement ne doit pas emprunter plus de 2200 milliards de dinars sur le marché tunisien. Il a indiqué qu’à l’heure actuelle, il ne s’est endetté qu’à hauteur de 36% du montant autorisé. Pour les crédits à court terme, le gouvernement n’est pas allé au-delà de 42%. « On ne se permet pas de dépasser les articles de la loi de finances 2018 », affirme-t-il.  Par ailleurs, Ridha Chalghoum a affirmé que les ressources propres de l’État ont enregistré une hausse de 19% au mois de mai 2018, démentant les prévisions de la loi de finances pour 2018 qui tablaient sur une hausse de 9%.

A propos de l’endettement excessif, le ministre a rappelé qu’ en 2010 il  était de l’ordre de 25 milliards de dinars et a atteint en 2017 un montant de  65 milliards de dinars. « Il n’est pas possible de se retrouver avec un taux d’endettement de 70% du PIB», s’indigne-t-il. Pour lui, il est possible de lutter contre cette situation par le renforcement des ressources propres de l’Etat et l’amélioration du taux de croissance.

Ridha Chalghoum plaide pour des réformes efficaces

La situation actuelle est due à deux facteurs. Le premier est relatif au retard enregistré pour mettre en place les réformes nécessaires et la situation de la transition démocratique après 2011. A cet égard, il a rappelé que les pays qui ont su mener à bien la transition démocratique sont ceux qui ont su mettre en place les réformes idoines dans le cadre d’un consensus économique et social. Le ministre a regretté que le paiement électronique ne soit pas encore généralisé en Tunisie. Dans le même contexte, il a affirmé qu’un groupe de jeunes a été formé par l’académie de l’Association tunisienne des banques et des établissements financiers pour qu’ils puissent ouvrir des bureaux de change.

Revenant sur le taux de croissance, le ministre a affirmé que tous les indicateurs affirment qu’il est possible d’atteindre un taux de croissance de 3% à fin 2018, étant donné la reprise du tourisme et de l’extraction du phosphate. Sur un autre volet, le ministre a souligné l’importance d’aider les catégories sociales faibles. « Pour 2019, il n’y aura pas d’augmentation de TVA pour les entreprises, » affirme-t-il.

Répondant à une question qui porte sur le FMI, le ministre a affirmé que les réformes recommandées par le FMI sont nécessaires pour la Tunisie. « Il n’y aura pas de problème en ce qui concerne l’obtention d’un crédit de la part du FMI », affirme-t-il. Pour ce qui est de la sortie sur le marché international, le ministre a affirmé que si les exportations et le tourisme demeurent sur une courbe ascendante, la sortie sur les marchés internationaux sera facilitée.

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