L’artisanat tunisien reprend des couleurs

Artisans et fiers de l’être, leur unique ambition est de conserver ce précieux savoir-faire pour qu’il ne disparaisse pas, mais aussi innover. L’artisanat tunisien est loin d’être cette petite industrie qu’on imagine, mais bel et bien une identité tunisienne qui revit. C’est avec cet esprit là que les artisans exposent à la foire du Kram, à partir du samedi 31 avril jusqu’à 5 mai. Nous sommes allés à leur rencontre, le 1er mai. 

Un rendez-vous tant attendu aussi bien par les professionnels, artisans comme par le grand public. Ils sont tapissiers, sculpteurs sur bois, artisans de Chechia, de bijoux traditionnels, potières de Sejnane. Ils sont ces savoir-faire hautement qualifiés qui se mettent au service de l’artisanat.

Rencontrée au stand ECOVILLAGE Natural Beauty, Imen Nabli, directrice des ressources humaines d’Ecovillage  a souligné que l’objectif est d’encourager notre patrimoine tunisien, qui est unique. Elle précise: « Ecovillage, c’est aussi l’histoire d’une passion pour la beauté, le bien-être et l’évasion, à la recherche des meilleurs rituels. Rappelons qu’ECOVILLAGE est né, il y a plus de quatre ans, au cœur de la nature tunisienne, «ECO» pour Ecologique, et «Village» pour vie en nature.

L’artisanat vu de l’intérieur et de l’extérieur

« Nous sommes satisfaits de notre clientèle aussi bien nationale qu’internationale. Il s’agit d’un rendez-vous tourné vers la création artisanale. D’ailleurs, il y a une demande énorme à l’exportation », déclare Mme Nabli. 

Dans un autre stand, Yosr Bdioui Harmel, une autre artisane de bijoux a rappelé que sa passion pour ce secteur remonte depuis son enfance. Elle souligne: « L’artisanat est une affaire d’enfance. Petite, j’ai commencé à faire du crochet. » Elle ajoute: « Avant, je travaillais pour un petit cercle entre la famille et les amis. Et cela fait plus de quinze ans que je fais ce métier. Quant à ma participation, il s’agit de ma deuxième année d’exposition. Pour faire de belles choses il faut du temps. Par exemple, la pochette faite avec la « hassira » (natte) de Nabeul m’a pris trois jours. D’ailleurs, il s’agit d’un modèle unique. Et si j’ai un message à lancer, je dirais, consommez tunisien ». 

L’artisanat constitue un véritable secteur extrêmement important sur le plan économique et social de la Tunisie.

Aujourd’hui, un autre genre d’artisanat se développe: les poteries et plus précisément les poteries de Séjnane. Hadda Saidane, potière, rappelle la difficulté du métier, à commencer par toutes les étapes de fabrication du produit : extraction, malaxage, polissage, séchage, cuisson, décoration.

Hadda saidane, potière

A chaque étape, de l’extraction du sol argileux, au produit fini et décoré à l’aide de coquillages et de peintures, des heures de dur labeur sont nécessaires. Elle rappelle: « C’est un métier difficile et nous n’avons aucune aide de la part du gouvernement, ni dans la commercialisation de nos produits. Même si on nous dit qu’il y a un appui de l’étranger, nous n’avons rien vu de tel. D’ailleurs, pour pouvoir exposer, nous avons payé ce stand 500 dinars, plus le transport que nous avons effectué. Je me demande de quel appui on parle. »

Certaines voient leurs produits se développer de plus en plus, alors que d’autres n’arrivent pas à joindre les deux bouts. A travers les rencontres de ces personnes, nous découvrirons leur monde, elles qui partagent le même souhait : développer leur savoir-faire et aller de l’avant. Une approche humaine car elles croient en elles et en leur potentiel, il suffit qu’on les valorise.

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