Banque Zitouna : la Zakat au secours du chômage et de la pauvreté

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Tous les intervenants ont été unanimes sur la nécessité d’institutionnaliser la zakat pour une meilleure efficacité économique,  une meilleure lutte contre la pauvreté et pour renforcer les efforts déployés par l’Etat; et ce, lors d’une journée d’étude organisée par la Banque Zitouna, intitulée: «La zakat, pilier essentiel de l’économie sociale et solidaire», aujourdhui 27 mars, au siège social de la banque. 

Lors de son discours d’introduction, le directeur général de la Banque Zitouna, Ezzeddine Khoja a déclaré que la banque considère que la zakat est un outil adéquat pour lutter contre la pauvreté, à un moment où son taux  a atteint 15%. D’après  lui, cette solution pourrait aider l’Etat à renforcer son dispositif de mesures et permettre la création de plus d’emplois.

Pour le directeur général de la Banque Zitouna toutes les composantes existent bel et bien afin de réaliser cette institutionnalisation de la zakat: d’un côté des hommes d’affaires et des entreprises riches prêts à honorer leur devoir religieux, des familles qui vivent dans la précarité et la pauvreté de l’autre côté. Selon ses estimations, le montant global de la zakat est de 3,5 milliards de dinars, ce qui représente entre 10% et 11% du budget de l’Etat pour l’exercice 2018. Cependant il a indiqué que la zakat a besoin d’un cadre juridique précis pour pouvoir l’institutionnaliser. Ezzeddine Khoja a affirmé dans le même contexte que plusieurs hommes d’affaires consultent la banque pour le calcul de  ce type d’aumône. Cependant la création d’un cadre juridique demeure important pour assurer une bonne gestion de cet argent. Le DG a recommandé que cette institution soit contrôlée et auditée par l’Etat.

Dans la même perspective, le directeur général a regretté le fait que la Tunisie soit le seul pays arabo-musulman qui ne dispose pas d’une Caisse de zakat. Par ailleurs, il a dévoilé une simulation portant sur 11 banques cotées en bourse pour une valeur de 58 milliards de dinars qui pourraient générer un salaire mensuel de 450 dinars par famille nécessiteuse.

De son côté, l’expert -comptable et vice- président de l’Association tunisienne de la zakat (ATZ), Mohamed Achraf Boudiya, a présenté un certain nombre de chiffres qui plaident en faveur de l’institutionnalisation de la zakat et de son efficacité économique. Notons que le calcul se base sur 250 mille familles nécessiteuses, chiffre avancé par le ministère des Affaires sociales.  En ce qui concerne la zakat sur l’argent, l’expert-comptable a indiqué que 55.210 millions de dinars sont placés dans les banques tunisiennes, en date du 31 décembre 2017. Partant de la probabilité que 80% de ce montant sont concernés par la zakat, son montant  serait de l’ordre de 1100 millions de dinars, soit un salaire de 370 dinars pour chaque famille nécessiteuse en Tunisie.Pour la récolte des céréales, il a  indiqué qu’elle  a atteint 121 millions  pendant la saison 2016/2017.

L’interlocuteur a indiqué que les actions placées en bourse ont atteint 21852 millions de dinars en date du 31 décembre 2017, soit un montant de zakat de 540 millions de dinars. D’après les estimations de l’expert-comptable ce montant permet de développer 54000 lignes de financement et faire bénéficier chaque chômeur d’un montant de 10 mille dinars, ce qui lui  permettrait de quitter le seuil de pauvreté.

De son côté, Nabil Ghalleb, PDG de Zitouna Tamkeen a commencé son intervention en rappelant l’importance de l’économie sociale et solidaire à travers les chiffres. En Europe, cette économie a permis de créer 28 millions  postes d’emplois et en Tunisie, elle en a créé uniquement 21158. En ce qui concerne le PIB, l’économie sociale et solidaire contribue à 12% du PIB français et 20% du PIB des Pays-Bas contre 1% du PIB de la Tunisie. Dans le même contexte, il a affirmé que l’expérience algérienne en matière de zakat a conduit à plusieurs réalisations et que 70000 familles nécessiteuses en ont bénéficié.  Le PDG a regretté l’absence de cadre juridique pour l’économie sociale et solidaire en Tunisie. Pour lui l’institution de la zakat pourrait entraîner une relance de l’économie à travers quelques missions qu’elle pourrait assurer à savoir : un fonds de garantie pour les petits projets, une caisse pour l’assurance des petits projets et une caisse pour assister et encadrer les jeunes entrepreneurs.

De son côté Mahfoudh Barouni,  président d’honneur de l’Association tunisienne des sciences de la zakat, a affirmé que le montant global de la zakat à savoir 3.5 milliards de dinars, est capable de combler un tiers du déficit budgétaire et 50% des coûts supportés par la Caisse générale de compensation.
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